Thriller sur le troisième référendum québécois

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Au Canada français, rares sont les romanciers qui optent pour le genre thriller. C’est ce que vient de faire Jean-Michel David en publiant son premier livre: Voir Québec et mourir. Ce roman est toute une brique, dans les deux sens du terme. Il comporte 650 pages et l’intrigue est de taille: le Québec gagnera-t-il le référendum sur la souveraineté que le premier ministre Georges Normandeau a annoncé pour le 14 juillet 2014?

Nous nageons en pleine fiction, bien entendu. Mais comme le dit l’auteur dans sa note de mise en garde, «les politiciens se ressemblent tous».

Est-ce que Normandeau ressemble à René Lévesque? Est-ce que Jonathan Roof, Premier ministre du Canada, ressemble à Harper? Parfois, oui. Chose certaine, «que le référendum passe ou non, les frogs et les bloaks continueraient de se détester.»

Pour le Premier ministre Jonathan Roof, on peut dire, sans jeu de mot, que le plafond n’est pas la limite de sa francophobie. The sky is the limit. Roof est le député d’une circonscription québécoise où il a triché aisément pour se faire élire, continuer à diriger le Canada et «mater ces maudits Québécois».

Roof veut passer à l’histoire pour avoir: «mis au pas ces cochons d’indépendantistes». En parlant de Normandeau, il soulève le plafond en criant «Jesus-Christ… What a fuckin jerk…»

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La campagne référendaire est lancée le 24 juin (Fête nationale des Québécois) et le scrutin a lieu le 14 juillet (Fête nationale des Français). Durant cette courte période, Roof et ses acolytes n’hésitent pas à être «au-dessous des lois pour le bien du plus grand nombre». Les acolytes sont le chef des Forces canadiennes, le directeur de la GRC et un organisme appelé SG4 (remplacement des Services secrets canadiens).

Michel Langlois a concocté une intrigue à plusieurs facettes et les personnages sont tellement nombreux qu’on nous en dresse une liste au début du roman. Certains en savent trop pour ne pas avoir d’«accidents»…

La campagne donne lieu à nombre de discours, surtout dans le camp du OUI.

Un sympathique séparatiste clame haut et fort que «nous sommes distincts. Nous sommes décidés. Il est grand temps que le Canada anglais assimile le fait que nous ne leur appartenons pas!»

À sept jours du référendum, ce même militant zélé est chaudement applaudi lorsqu’il lance: «On se fait botter le cul depuis des centaines d’années. La semaine prochaine, ce sera notre tour de frapper, et j’ai dans l’idée que ça va faire mal!»

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Dans les jours qui précèdent le référendum, ça ne tourne pas rond dans le camp fédéraliste: «Le SG4 infiltré. La GRC paralysée. Le PM fou à lier.» Sans compter que l’homme le plus puissant du Canada, après Roof, vient prévenir le Québec de ce qui se trame dans son dos. «En qui pouvons-nous avoir confiance?»

Je peux vous dire que plus de 90% des Québécois possédant le droit de vote l’exercent le 14 juillet. Mais ne comptez pas sur moi pour vous donner le résultat. Sachez tout simplement qu’on assiste, au Québec, à une incroyable «alliance entre la police, les motards, les services secrets canadiens et la mafia». Langlois exploite avec brio tous les filons de son imagination.

Dans un livre de 650 pages on peut sans doute s’attendre à quelques coquilles ou maladresses – la plupart de activistes, l’immense stationnement de l’entrepôt immense –, mais l’éditeur aurait dû relever des anachronismes comme ce député provincial qui siège à la Chambre des communes au lieu de l’Assemblée nationale ou le directeur général des élections du Québec qui est saisi d’une fraude lors d’une élection fédérale.

Voir Québec et mourir est-il l’œuvre d’un jeune auteur illuminé? Ou ce thriller trépidant est-il la prémonition de péripéties réellement envisageables dans la réalité? À vous d’en juger!

Jean-Michel David, Voir Québec et mourir, thriller, Montréal, Éditions Hurtubise, 2012, 658 pages, 32,95 $.

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