The Sheep and the Whale: une voix à part


20 février 2007 à 16h52

Le théâtre Passe-Muraille accueille, du 13 février au 11 mars, une production théâtrale d’exception: The Sheep and the Whale (Le Mouton et la Baleine) d’Ahmed Ghazali. La pièce, un grand succès lors de sa création à Montréal en 2001, avait également été couronnée du prix SACD de la dramaturgie francophone la même année.

Elle nous parvient aujourd’hui dans une traduction signée Bobby Theodore à qui l’on doit, entre autres, la version anglaise de The Leisure Society de François Archambault, montée en 2005 au Factory Theatre. L’Express a rencontré Bobby Theodore pour parler de l’importance d’un texte comme The Sheep and the Whale.

La pièce d’Ahmed Ghazali s’attaque au sujet difficile des immigrants clandestins, «mais c’est avant tout une histoire d’amour entre deux êtres: Hassan et Hélène» selon Bobby Theodore. «Hassan est Marocain, Hélène est Française; ils s’aiment sans se comprendre et représentent des mondes opposés. La tragédie est alors inévitable.»

En trame de fond de leur histoire, il y a ce paquebot sur lequel ils se sont embarqués pour rejoindre Marseille depuis les îles Canaries. Le paquebot a heurté une embarcation de clandestins, envoyant à la mort dans le détroit de Gibraltar une dizaine de Marocains en quête d’une vie meilleure. Les cadavres gisent maintenant sur le pont du paquebot, les autorités portuaires environnantes refusant de prendre la situation en charge.

C’est dans ce climat d’attente que les destins et les appartenances s’entrechoquent. «Ahmed Ghazali pose à travers son texte les questions suivantes: Pourquoi notre monde permet-il cela? Quelle est cette pression qui force les gens du Sud, à perdre leur culture, à fuir vers le Nord dans des conditions inhumaines?», explique le traducteur.

«Tous les personnages de la pièce sont habités par une certaine nostalgie: nostalgie d’une Russie qui n’existe plus pour le capitaine du bateau, nostalgie d’une terre, d’une culture qu’on a dû quitter pour Hassan, d’une Europe qu’on ne reconnaît plus pour Hélène» souligne Bobby Theodore. «C’est un texte fort.»

«C’est la compagnie théâtrale multiculturelle montréalaise Teesri Duniya qui m’a invité à traduire le texte d’Ahmed, il y a environ 6 ans» raconte Bobby Theodore. «Il s’agissait, et c’est toujours le cas aujourd’hui, de l’une des rares pièces du paysage théâtral canadien à donner une voix aux minorités, aux immigrants.»

Le traducteur a donc entrepris, en relation étroite avec l’auteur, de transposer en anglais ce texte «énorme et marqué d’une grande poésie». Le public anglophone, selon Bobby Theodore, n’a pas l’habitude de ce genre d’oeuvre touffue et allégorique.

«Il m’a fallu trouver comment faire passer cet aspect du texte. Je me suis aussi demandé ce que quelqu’un comme moi, un Québécois d’origines juives et grecques, pouvait bien comprendre à la voix d’un Marocain musulman ayant vécu un peu partout avant d’arriver au Québec, et qui a été ingénieur géophysicien avant de devenir philosophe et écrivain. Mais Ahmed Ghazali est d’une telle générosité et ouverture que nous avons trouvé un langage commun. Nous nous sommes rencontrés dans l’aspect poétique de la pièce» explique Bobby Theodore.

La production à Toronto du texte d’Ahmed Ghazali est également le fruit de rencontres et de collaborations. La mise en scène est de Soheil Parsa et il s’agit d’une coproduction du Théâtre Passe-Muraille, de Modern Time Stage Company et de Cahoots Theatre Projects.

Le mandat artistique de Cahoots est de créer et de développer des pièces canadiennes reflétant le paysage multiculturel du pays. Cahoots est également à l’origine, en partenariat avec CultureLink, du projet Crossing Gibraltar, un programme de 10 semaines offrant la chance à 13 jeunes de familles réfugiées au Canada, de s’initier à diverses pratiques théâtrales en compagnie de mentors du milieu artistique.

Cinq des participants de Crossing Gibraltar forment le chœur dans The Sheep and the Whale alors que les autres participeront à un programme chapeauté par le Factory Theatre.

Theatre Passe-Muraille, 16 Ryerson Avenue, 416-504-7529, http://www.passemuraille.on.ca

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