Tamsir Seck, le passeur culturel

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Autrefois un passeur était une personne qui faisait traverser les personnes d’une rive à l’autre. En rencontrant Tamsir Seck, on peut facilement associer le terme passeur à la culture. Au lieu d’assurer la traversée d’individus ou de produits, Tamsir Seck fait le pont entre sa culture sénégalaise et celle des autres. «La culture est source de savoirs, je suis un passionné de la transmission culturelle» dit l’artiste.

Originaire de Thiès au Sénégal, Tamsir Seck descend d’une famille de griots appartenant au groupe Wolof. Les griots sont une caste de musiciens et de chanteurs gardiens de l’histoire de la communauté transmettant leurs savoirs de père en fils depuis des générations. «Dans la tradition africaine orale, dit Tamsir, les griots sont considérés comme les gardiens de la culture. Ils animent la vie de tous les jours. Leur musique contribue à dynamiser la culture africaine.»

Durant huit ans, Tamsir fut membre de la troupe du Ballet National du Sénégal. Il maîtrise les danses traditionnelles des dix régions de son pays. Sa profession de danseur lui a permis de voyager en Afrique, en Europe, et aux États-Unis. «Les danses africaines fascinent parce qu’elles ont une signification bien précise», dit-il. «Toutes les danses sont vécues intensément et reflètent un état d’esprit particulier. Les danses africaines sont basées sur différentes traditions. Elles possèdent aussi un large champs d’improvisation. La danse africaine exprime la liberté d’esprit, tout en respectant une certaine technique ou un certain thème. Chaque geste a une signification.»

En tant que griot de par ses racines culturelles, Tamsir joue aussi plusieurs instruments de musique traditionnelle africaine dont le Djembé, le Tama, le Sabar et le Khalam. Il nous donne un aperçu de ces instruments.

«Le Djembé est un instrument de percussion né en Guinée et au Mali. Sa forme de calice en bois servait comme mortier à piler le mil. Une peau d’antilope était tendue sur la partie supérieure du fût par des lanières de cuir. Aujourd’hui elle est remplacée par une peau de chèvre et les lanières de cuir par une corde synthétique. Le Djembé est populaire dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Il accompagne les soirées dansantes africaines et autres cérémonies.»

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«Autrefois, le Tama était utilisé par des griots comme instrument de communication. Les messages pouvaient circuler d’un village à l’autre au son du Tama. C’est un petit instrument que l’on tient sous l’aisselle en frappant alternativement sur la peau avec les doigts et une baguette au bout recourbé. Les pressions du bras sur le Tama font varier les sons.»

«Le Sabar est une percussion en bois dont la membrane en peau de chèvre est tendue par des chevilles en bois et des cordes qui permettent de l’accorder. Il se joue avec une main et une fine baguette. Il désigne la danse du Sabar et la fête liée à l’instrument.»

«Le Khalam est une sorte de guitare. Il est un instrument de prédilection pour les griots Wolof du Sénégal et de la Gambie.»

Tamsir Seck vit à Toronto depuis cinq ans. «C’est mon oncle Mor Thiam, établi à Orlando, griot percussioniste et frère de ma mère également griote, qui m’a transmis la connaissance de la musique et introduit au Ballet National du Sénégal. Il est le père du rapeur connu Akon.»

En collaboration avec son groupe de huit musiciens Afro Acoustique, Tamsir travaille présentement sur la production de son premier CD intitulé Special Guest Tamsir Seck From Senegal. Le CD, alliant le moderne au traditionnel, contiendra cinq chansons en Wolof et Mandingue (langues parlées au Sénégal, Mali et dans d’autres pays voisins) écrites par Tamsir, et trois pièces instrumentales (acoustique, percussions et Kora) également composées par le musicien. «Le thème central de mon CD est axé sur la force de la culture et de la solidarité africaine», dit Tamsir. Le CD sortira d’ici la fin de l’année.

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Tamsir dégage une forte personalité. Il est créatif, ouvert et positif. «J’ai plusieurs projets artistiques en route» dit-il. Samedi soir dernier, il organisait le premier méga spectacle annuel africain XAWARE 2008. Cette initiative a réuni une dizaine de musiciens et danseurs africains d’ici et des États-Unis. Une première à Toronto. Entre 300 et 400 personnes étaient attendues. Le spectacle a eu lieu au 25 rue Cecil (au coin de Spadina et College). Ce fut l’occasion de se réunir entre artistes africains, de redynamiser les cultures et de les partager avec tous. Cette initiative était parrainée par les organismes La Passerelle I.D.É., Afrique Nouvelle Musique, Can-Afric Théâtre.

L’artiste a donné un concert dimanche soir le 17 août au Dundas Square dans le cadre du Toronto Dance Festival. Il prépare déjà un autre concert prévu en septembre. Tamsir Seck anime aussi l’émission Radio Tam Tam On line sur la radio Internet www.alodakar.com, «émission destinée aux émigrés sénégalais de la diaspora», dit-il.

Au cours des cinq dernières années, Tamsir a participé à différents événements à caractère culturel à Toronto, Ottawa, et Québec. Tels que le Bana Y Afrique, AfroFest, festival d’été d’Ottawa, au collège Boréal, et lors de festivités récentes du 400e anniversaire de Québec.

Il offre également des tournées dans les écoles où il anime, sous forme de contes et d’ateliers interactifs, la culture, les intruments de musique traditionnelle et les danses du Sénégal. «Une excellente opportunité, dit-il, de faire apprendre aux jeunes l’importance des symboles culturels et de la culture comme source d’apprentissage.»

Pour obtenir plus de renseignements, consultez le site internet www.tamsirseck.com

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