Symphonie pour Cracovie

Scène de la Vieille Ville de Cracovie.
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L’été invente ses partitions pour une ville gaie et jeune, en mouvement. C’est de mélodie en mélodie qu’on découvre Cracovie, traversant ses places, assistant à ses festivals et se penchant sur son histoire. Une échappée belle dans un haut lieu culturel polonais.

Scène de la Vieille Ville de Cracovie.

Sainte Marie de Cracovie

«Sais-tu pourquoi les deux tours ne sont de pas de la même taille?», me demande une amie polonaise en faisant référence à celles de la Basilique Sainte Marie de Cracovie.

Je lève les yeux sur ce bel édifice gothique en briques rouges datant du XIVe siècle et essaie de me concentrer sur l’anecdote des deux frères maçons jaloux l’un de l’autre, tandis que l’animation bat son plein sur la place du marché Rynek.

Surplombant le square où calèches, vendeurs de couronnes de fleurs, locaux et touristes évoluent dans un joyeux désordre, l’église dédiée à l’Assomption de la Vierge s’impose comme l’un des monuments incontournables de Cracovie.

Vieilles pierres et vestiges du passé au centre-ville.

Ville à taille humaine

Dès mon arrivée, je suis emportée par un tourbillon de couleurs, de légendes, d’architecture et d’animations. Cracovie m’apparaît au travers les sourires, les accords de violon, les stands des marchés et de la vie animée sous les arcades de la halle aux draps.

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Ville lumineuse et vivante, témoin de l’histoire, Cracovie n’en conserve pas moins un charme discret et un rythme agréable de ville à taille humaine.

Les habitants sont accueillants, d’une gentillesse et d’une humilité confondantes. Les jeunes aiment faire la fête, les aînés, se promener tranquillement et les enfants s’amuser, une glace à la main. Rires, sourires, poignées de main, embrassades. Cracovie se vit plus qu’elle ne se découvre.

Scène de la Vieille Ville de Cracovie.

Château et cathédrale

J’entends parler de la légende du dragon. De la coutume de Wianki qui consiste à jeter dans la Vistule des couronnes de fleurs portées par des jeunes femmes à la recherche d’un mari. De ce poète compositeur qui vivait dans un sous-sol et dont la musique débordait dans la rue depuis sa fenêtre ouverte.

Et ce folklore se mêle étrangement à la tragédie de l’Histoire qui a rayé à plusieurs reprises la ville de la carte de Pologne.

«Regardez ici les fresques, sous les marches de l’escalier. Un vrai spectacle pour celui qui les descendait», me murmure la guide tandis que je visite les vestiges archéologiques de la première église de Cracovie et l’édifice religieux romain le mieux préservé de Pologne.

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Vieilles pierres et vestiges du passé au centre-ville.

Vieilles pierres

Des jeunes mariés posent dans l’enceinte de ce remarquable ensemble architectural que forment le Château et la Cathédrale Saints-Stanislas-et-Venceslas de Cracovie. Début d’une nouvelle vie pour cet homme et cette femme… ou pose pour un catalogue de mode?

Haut lieu historique, la colline de Wawell séduit avec la richesse des collections de la résidence des rois de Pologne depuis le XIe siècle et invite à la méditation face à sa cathédrale gothique où les rois polonais reçurent le sacre pendant 400 ans.

La vie se conjugue avec les vestiges du passé et les vieilles pierres servent de toile de fond aux accros du selfie.

Armes, arts et insignes de la Deuxième Guerre mondiale en vente dans les marchés publics.

Joie de vivre communicative

Je suis frappée par l’ambivalence de l’ancienne capitale de la Pologne. Marquée par différentes guerres, par le génocide de la Seconde Guerre mondiale, Cracovie n’en demeure pas moins une ville pimpante, culturelle, accueillante et vivante. Chaque coin de rue, au détour d’une synagogue, à la terrasse de nombreux cafés, est une invitation à goûter à une joie de vivre communicative.

Les restaurants aux cartes toutes plus alléchantes les unes que les autres abondent, les bars ne désemplissent pas. En été, les péniches sur la Vistule sont autant de lieux de rendez-vous et les rives s’animent au mois de juin avec force musique et feux d’artifice pour célébrer le jeter de couronnes de fleurs dans le fleuve.

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Le soir tombé, après une première vague d’émotion en partant à la rencontre des gens, je me laisse gagner par l’atmosphère paisible du quartier juif où je demeure le temps de mon voyage. Petits orchestres, violons et voix basses se font écho dans les rues et sur les places.

La musique à l’honneur au festival de la culture juive.

Culture juive

Les librairies ouvrent tard et les synagogues deviennent des lieux de rassemblement et de concerts alors que la 29e édition du Festival de la culture juive donne son coup d’envoi. Les groupes d’amis dansent, les familles sortent et les couples s’enlacent. Ce début de saison estivale sonne doux à mon oreille.

Kazimierz, le quartier juif de Cracovie, comptait une population de 65 000 juifs avant la 2e Guerre mondiale. Il n’en reste aujourd’hui plus que 150 sur un total de 800 000 habitants.

Le Ghetto, le Musée Usine Emalia d’Oscar Schindler, le Musée Juif de Galicie, la Place Zgody et ses 68 chaises vides qui symbolisent les biens abandonnés par les déportés, les camps de concentration et de la mort d’ Auschwitz sont autant de souvenirs douloureux d’une époque effroyable et symbolisent crûment l’horreur conduite envers le peuple juif polonais, les Tziganes, les prisonniers de guerre.

Le recueillement et la réflexion s’imposent, émaillés par les commentaires des guides, les témoignages bouleversants des survivants et d’artistes comme Roman Polanski ou Andrej Wajda.

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Pourtant, bien que le passé insupportable soit omniprésent, c’est la joie de vivre qui triomphe à Cracovie.

L’entrée du camp d’extermination d’Auswischz.

«Il y a tant à créer et à faire»

«Il y a une âme, un talent remarquable et une culture juive-polonaise qu’il nous appartient d’entretenir et de développer», énonce Janusz Makuch, le fondateur du festival de la culture juive à Cracovie, que je rencontre autour du repas de Shabbat au coin de la rue Jozefa et la rue Waska.

Sa farouche énergie est communicative et triomphe sur cette 29e édition du festival. Des inconditionnels, des curieux et «musicophiles» du monde entier viennent vivre l’événement (30 000 visiteurs).

Sous une tente dédiée au cœur de Kazimierz, dans les sept synagogues, sur les différentes places, concerts traditionnels, modernes, rock, lectures de poésie, ateliers de cuisine animent pendant plusieurs jours ce quartier où il fait bon vivre.

«Aujourd’hui, nous avons tellement de possibles, d’opportunités. Il y a tant à créer et à faire», lance une jeune Cracovienne rencontrée deux jours plus tôt. Même si le niveau de vie reste tendu pour nombre de Polonais, c’est tendus vers un avenir prometteur et optimistes qu’ils s’affichent. Leur enthousiasme est contagieux.

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Visite des mines de sel inscrites au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Dans les mines de sel

Cette belle énergie et ces accords de musique, riches et surprenants, m’accompagnent tandis que je m’enfonce aujourd’hui dans les profondeurs des mines de sel Wieliczka, à 40min en voiture de Cracovie.

C’est un autre joyau polonais inscrit dès 1978 sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. 300Km de galeries sur 9 niveaux ont commencé à être exploités au XIIIe siècle. Les dimensions pharaoniques, les chapelles et la cathédrale sculptées dans le sel gemme me laissent pantoise.

Le travail, l’ingéniosité, la créativité et le talent humains explosent dans ce site et me permettent d’apprécier en silence la puissance d’une culture, d’une œuvre, de la création qui résiste au temps et aux tumultes de l’Histoire et s’invite dans le quotidien cracovien en se transformant en salle de bal, de réception de mariage, de rencontres au sommet.

Sous terre, sur la pierre, dans l’art et la musique, c’est toute une culture, une âme qui palpite et se partage lors d’un séjour à Cracovie.

Visite des mines de sel.

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