Sur les traces d’Étienne Brûlé avec la Société d’histoire

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Il y a 400 ans, sous la protection de Samuel de Champlain, le jeune aventurier Étienne Brûlé, originaire de la région parisienne, vient vivre dans le territoire de la Nouvelle-France qui deviendra notre province de l’Ontario. Aujourd’hui, il est notamment connu pour avoir exploré les cinq Grands Lacs nord-américains et emprunté le portage de Toronto, des sentiers reliant les lacs Ontario et Simcoe jusqu’à la baie Georgienne.

C’est en sa mémoire que la Société d’histoire de Toronto organise en septembre prochain une expédition le long des chemins qu’il aurait parcourus avec ses compagnons wendats (hurons), pour célébrer les 400 ans de la présence francophone en Ontario.

Innover

Les organisateurs se sont longuement interrogés sur la façon de commémorer ces 400 ans. Faut-il s’inspirer du passé?

Pour le 300e anniversaire de la présence française en Ontario, de nombreuses statues ont vu le jour un peu partout dans le pays, y compris de l’autre côté de la frontière. «Le 300e anniversaire a été célébré pendant… 38 ans!», raconte Christian Bode, président de la Société d’Histoire de Toronto, lors d’une conférence donnée à l’Alliance française mercredi dernier.

Au cours de cette période, un véritable culte de la commémoration s’est développé: Québec, Saint-Jean, Ottawa, Orillia… Nombreuses sont les villes ayant désiré ériger leur statue de Champlain, avec leur propre vision du personnage.

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«À cette époque, on a besoin de super-héros. Champlain devient une sorte de pharaon, une véritable célébration de la création du Canada», poursuit Christian Bode.

En témoigne la forte participation populaire aux inaugurations des statues. «En 1936, on commémorait le tri-centenaire du décès de Champlain. 15 000 personnes y ont participé. L’époque a vraiment besoin de ces festivités, de ces héros.»

Depuis, l’implication de la population dans ces commémorations a fortement diminué. «Pour le 400e, nous nous sommes demandé ce que nous allions faire. En 2010, la Société archéologique de l’Ontario a commémoré l’arrivée d’Étienne Brûlé dans la province. Il n’y avait que 25 participants», déplore Christian Bode. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres démontrant l’absence d’intérêt des Canadiens francophones pour ces événements.

Sport, culture, histoire

«On a donc établi un projet: marcher le long des sentiers empruntés par Étienne Brûlé pour commémorer son expédition», continue Christian Bode.

«Le portage de Toronto était très important à l’époque, notamment pour le commerce de la fourrure. C’était une sorte de compromis, un raccourci pour réduire le voyage de quelques jours: il fallait tout transporter à la main le long d’un sentier de 45 km», explique l’historien Glenn Turner, invité également à la conférence, qui a lui-même randonné le long de ce qu’il reste actuellement du chemin.

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«Du temps d’Étienne Brûlé, c’était un sentier assez étroit parmi les arbres qui permettait à une personne à la fois de passer. Une partie seulement est restée dans son état naturel.»

«Pour commémorer l’expédition d’Étienne Brûlé, la Société d’Histoire de Toronto invite 12 ou 14 marcheurs professionnels à parcourir ces chemins, en se basant sur les remarques de Champlain, pendant trois jours», nous dit Christian Bode. L’excursion est également ouverte aux familles qui peuvent suivre les marcheurs à certains moments du parcours.

Tout le monde se donne ainsi rendez-vous le 11 septembre à Orillia, devant la statue de Champlain, pour une cérémonie officielle. L’expédition ne commence véritablement que le lendemain, au départ d’Orillia. Le public est invité à rejoindre les marcheurs professionnels pendant quelques kilomètres, de Newmarket à Aurora.
Le 13 septembre, une autre promenade est organisée de Bradford à Kleinburg.

Sentiers et rivières disparus

Un parcours qu’a déjà effectué Glenn Turner qui raconte avoir marché environ 15 km par jour jusqu’à atteindre la rivière Holland. «Aujourd’hui, le sentier n’existe plus mais on peut voir des traces de son influence. J’ai pu apprécier plusieurs choses au cours de ma randonnée», nous dit-il.

«D’abord, les rivières. Le portage suit la rivière de Humber. C’est ici qu’à l’époque on aurait chargé et déchargé les canaux. Quand on grimpe, les vues de cette section de la rivière sont surprenantes et on ne se trouve qu’à seulement 5km du centre-ville. J’ai également traversé un marais et des sentiers, à travers des forêts, qui étaient accidentés et sombres, ce qui correspond bien à ce que nous savons du portage. Et j’ai aussi profité du beau temps et du plaisir d’être en plein air!»

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Les détails de ses aventures, l’historien les relate dans son livre de route, The Toronto Carrying Place, qui paraîtra le mois prochain. Son seul regret? Ne pas avoir vu les traces des premières nations.

«C’est une entreprise à la fois sportive et culturelle» explique Christian Bode. Financé à hauteur de 2500$ par la ville de Toronto, le projet est actuellement en train d’être peaufiné par les organisateurs afin que tout soit parfait pour le jour J.

Prochainement, une page Facebook ainsi qu’un site internet détaillant les horaires devraient être mis en place. Et un écusson a même été créé pour officialiser cet événement. Alors, tous à vos agendas: tenez-vous prêts pour ne pas manquer cette grande aventure!

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