Summer Music Festival: l’effervescence artistique de la Belle époque


9 juillet 2013 à 9h02

Pour la huitième année consécutive, le festival Toronto Summer Music vient offrir aux Torontois le meilleur de la musique de chambre du 16 juillet au 3 août prochain.

En tout, le public pourra assister à 12 concerts majeurs aux célèbres Koerner Hall et Walter Hall.

L’accent a été mis cette année sur l’époque du renouveau artistique de la Belle époque, un terme inventé après la Première Guerre mondiale pour qualifier la période de calme, d’insouciance qui a participé à un élan de renouveau artistique sans précédent au niveau littéraire, musical, théâtre, entre la fin de la guerre de 1871 et le début de celle de 14-18.

Paris la Belle époque s’invite donc sur la scène torontoise et avec elle ses compositeurs, Debussy, Ravel et les autres.

Choisir la Belle époque comme thème de cette année semblait une suite logique aux deux dernières éditions qui avaient mis en avant la musique romantique du XIXe siècle.

«Il n’y avait pas beaucoup de musique romantique en France. On y entendait surtout de la musique allemande, ça c’est passé vraiment plus tard en France. La Belle époque c’est un moment fascinant de l’histoire de la musique. Paris, à la fin du XIXe, ça a été un événement unique avec un renouveau artistique en peinture, théâtre, danse et musique. Le tout a été consacré par les expositions universelles. À ce moment, Paris était la capitale culturelle et scientifique du monde», indique Douglas McNabbney, le directeur artistique du festival depuis maintenant la troisième année.

Trio de piano

Douglas McNabney, violoniste génial s’est fait plaisir avec cette programmation 2013, en commençant par le concert d’ouverture du trio de piano Pasquier Pidoux Pennetier. «Ils seront pour la première fois à Toronto. Ils ont formé les pianistes du Conservatoire de Paris depuis 40 ans maintenant», dit-il.

Douglas McNabney ne cache pas sa passion pour la musique de la Belle époque. «C’est une musique qui me touche fortement», explique-t-il. «Debussy, Ravel, et les moins connus comme Reynaldo Hahn, qui était le compagnon de Proust, mais aussi tous les poètes, Rimbaud, Verlaine, on sent vraiment l’influence entre les arts, la littérature et la musique, ça n’était jamais vraiment arrivé avant», poursuit M. McNabney.

Debussy

L’artiste qui ressort le plus de cette génération semble être Claude Debussy, un compositeur «unique», selon Douglas McNabney.

«Avec Brahms, Schumann, Beethoven, Mozart, on voit une suite logique d’influence. Avec Debussy il n’y a aucun antécédent. Il a découvert son propre langage musical. Il a été influencé par la musique de l’Asie, des Russes et s’est mis à appliquer un système modal à ses compositions, à travailler avec les pentatoniques», argumente le directeur artistique du festival.

Un argumentaire que relativise Cédric Tiberghien, pianiste français invité pour faire découvrir l’univers et la complexité de Debussy. «Il avait des influences malgré tout, mais des influences qu’il a digérées. Chopin, qui a vécu à Paris est un peu à l’origine de ce mouvement romantique français. Il a aussi été influencé par la musique russe. C’est une musique sensuelle, il y de l’humour, du caractère, de l’exotisme, l’imaginaire se met tout de suite en route», avance le virtuose français.

Schubert

Cédric Tiberghien jouera le 30 juillet au Koerner Hall, du Debussy et du Schubert. «Schubert est un compositeur que j’aime énormément, je le connais très bien, c’est comme si je le fréquentais depuis des années. Je veux montrer la variété de sa musique, comme un journal intime, montrer les différents visages de son œuvre», explique celui a commencé le piano à 5 ans avant de rentrer au Conservatoire de Paris à l’âge de 14 ans.

Les visions de Cédric Tiberghien et de Douglas McNabney se rejoignent sur un point, ils veulent tous deux faire réfléchir le public et lui faire découvrir différentes facettes des compositeurs.

«Le rôle du festival c’est de faire découvrir les artistes les moins connus et de provoquer le public à découvrir leurs propres connexions entre les artistes. Tout artiste travaille dans un contexte politique, culturel et on peut trouver les liens entre les œuvres et l’époque», développe le directeur artistique, qui a dû se remuer les méninges pour faire venir les artistes qui possédaient déjà ce type d’œuvres dans leur répertoire.

«Il fallait aussi inviter des artistes d’envergure, et après il y a les réalités budgétaires!», s’amuse-t-il.

Reste que les Torontois pourront découvrir ou redécouvrir la Belle époque, où différents courants artistiques ont été renouvelés et se sont influencés les uns les autres comme jamais auparavant.

www.torontosummermusic.com

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