Succès de la capsule Orion… mais pour aller où?

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La mission réussie de la capsule Orion a suscité l’enthousiasme des jeunes et moins jeunes qui rêvent de futurs astronautes. Mais cette capsule servira-t-elle à envoyer des humains sur la Lune? Sur Mars? Ou en orbite? Personne ne le sait… pas même ses concepteurs!

Son premier objectif pourrait même être un astéroïde, un de ceux dont l’orbite les amène plus près de la Terre. Orion pourrait simplement servir à ravitailler la station spatiale — à un moment où la tension avec la Russie pousse certains élus américains à vouloir être moins dépendants des fusées russes Soyouz.

Le fait est qu’il n’y a pas de plan précis pour la prochaine décennie. L’objectif principal de la dernière mission était de tester le bouclier thermique qui doit protéger l’engin lors de sa rentrée dans l’atmosphère.

Ce projet a connu bien des allers et retours. La présente idée d’un retour sur la Lune suivie d’une mission vers Mars vers 2030 a été mise de l’avant par le président George W. Bush en 2004, sous le nom de projet Constellation.

Elle a conduit à l’élimination par la NASA de quelques projets de sondes spatiales afin de pouvoir poursuivre l’idée. Au cours de la dernière décennie, Mars est disparue du projet, puis la Lune a d’abord été écartée par le président Obama, l’hypothèse d’un astéroïde a semblé être un temps privilégiée, avant que la Lune et Mars ne reprennent l’avant-scène.

C’est dans cette perspective incertaine qu’Orion est appelé un appareil «multiusages»: il pourrait abriter des astronautes pour des missions courtes en orbite ou plus longues vers la Lune.

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Toutefois, pour une mission beaucoup plus longue vers Mars, il faudrait lui adjoindre un module d’habitation plus large, et il faudra dans tous les cas une fusée plus grosse, le Space Launch System, censé être prêt en 2018.

La question n’est pas de savoir si la technologie pour envoyer des humains existe. La question est de savoir si nous en savons la volonté, résume le journaliste Robin McKie dans The Guardian, qui rappelle que même des scientifiques jugent «futile» l’envoi d’humains, leur préférant de loin des robots: «Pendant un temps, j’ai cru que le président Obama allait avoir un peu de bon sens et éloignerait l’Amérique de cette fascination pour mettre des hommes et des femmes dans l’espace», déclare le Nobel Steven Weinberg.

À l’inverse, le New Scientist donne la parole à l’ingénieur Owen Morris qui a contribué à construire la capsule lunaire Apollo, dans les années 1960, et qui rêve d’une installation permanente là-haut. «Ce n’est pas dans l’actuel programme spatial, mais j’aimerais qu’on établisse une station sur la face cachée de la Lune. À cet endroit, vous êtes imperméable à la majorité des interférences radio de la Terre, de sorte que ce serait excellent pour la radio-astronomie.»

En attendant, un premier pas a été franchi. Avec une journée de retard, le 5 décembre, la capsule Orion a été lancée de la Floride, au sommet de «la plus grosse fusée du monde» — une fusée Delta IV.

Pendant quatre heures et 20 minutes, Orion a tourné deux fois autour de la Terre, avant d’amerrir dans le Pacifique, comme à l’époque d’Apollo. Elle a atteint l’altitude de 5800 kilomètres, soit 15 fois plus haut que la station spatiale. S’il y avait eu des humains à bord, ça aurait été beaucoup plus loin que tout être humain n’est allé depuis la dernière mission lunaire, en 1972.

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