Splendeur de l’enluminure

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L’enluminure est un art discret, presque confidentiel en dehors des cercles de spécialistes, et il fait rarement l’objet d’une exposition de grande classe et d’un ouvrage qui nous permet d’en prendre connaissance et d’étudier à loisir ces figurines décoratives.

C’est pourtant ce qu’a fait la ville d’Angers, en France, en organisant l’exposition Splendeur de l’enluminure et en publiant, avec un éditeur, un magnifique ouvrage, qui sous le même titre, nous présente des textes et des reproductions d’une très grande qualité, et que les amateurs d’art et les collectionneurs de livres d’art s’arrachent, étant donné la rareté d’une telle publication.

L’enluminure

Le mot provient du latin illuminare, rendre lumineux, et s’applique aux illustrations peintes qui ornent d’abord des parchemins.

«Il s’agit d’une peau de vache, de mouton ou de chèvre tannée, grattée, poncée et blanchie à la craie. Bien qu’onéreux, le parchemin présente l’immense avantage de pouvoir être fabriqué partout! Sa diffusion puis sa généralisation au cours du Moyen Âge conduisent à une conception révolutionnaire de la mise en page du texte ainsi qu’au développement d’un nouvel art décoratif: l’enluminure.» (Catherine Auguste, Histoire de l’enluminure)

Plus raffinée est l’utilisation du vélin, très fine peau de veau mort-né, recherché pour ses qualités par les calligraphes et les enlumineurs, qui apparaît vers la fin du Moyen Âge.

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Enfin, le papier, mot dérivé du latin papyrus désignant une feuille mince propre à l’écriture, peu importe sa composition, fait son apparition en Occident vers le Xe siècle. On le trouvait en Chine dès le IIIe siècle. D’abord réservé à des livres peu importants, il se répand avant même la mise en œuvre de l’imprimerie.

C’est sur ces supports que l’enluminure va déployer son art, sur des livres religieux, le Moyen Âge est une période dévotion: évangéliaires, livres d’heures, des recueils de prières à l’usage des laïcs, mais aussi des livres profanes, traductions ou copies de textes anciens, livres commandés par des mécènes, manuscrits.

Bref, une variété de livres réalisés d’abord dans des monastères, et de diffusion restreinte. Avec le mécénat de princes ou de riches marchands, une corporation d’enlumineurs se crée, des artisans et aussi de véritables artistes, dès le XIIIe siècle.

Splendeur de l’enluminure

L’exposition d’Angers a été organisée pour marquer le 600e anniversaire de naissance du roi René, roi de Sicile, de Jérusalem et d’Aragon et duc d’Anjou (1409-1480). Elle s’est centrée sur la bibliothèque de ce roi, d’où son sous-titre «Les livres du roi René».

Elle a rassemblé les plus beaux manuscrits enluminés possédés par le roi ou ses proches, provenant de 20 sources différentes, françaises et étrangères, exposant 47 œuvres choisies.

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Le livre d’art édité à cette occasion: Splendeur de l’enluminure. Le roi René et ses livres, coédition Ville d’Angers-Acte Sud, 22×28 cm, 344 p., 250 illustrations en quadrichromie, présente un double intérêt, outre la rareté d’un livre sur ce sujet: ses illustrations et leur insertion dans l’histoire de cette période.

Types d’enluminures

Les 250 illustrations offrent un aperçu d’excellente qualité sur les divers types d’enluminures: des lettrines, ces grandes lettres placées au début d’un texte, ornées (simplement décoratives) ou historiées (elles contiennent une histoire). On en voit de splendides.

L’ouvrage compte de nombreuses miniatures, dont le nom vient du latin miniare, dessinées avec du minium, cet oxyde de plomb orange.

Ce mot désigne des illustrations différentes qui peuvent s’insérer dans le corps du texte, occuper toute une page ou même des pleines doubles pages, foisonnantes de détails et de couleurs, religieuses ou profanes.

Il y a encore des bas de page et des encadrements fleuris, souvent rehaussés d’or ou d’argent, d’influence byzantine, parsemés d’entrelacs, ces motifs décoratifs aux lignes entrecroisées.

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Histoire

Ce qui donne à cet ouvrage un intérêt supplémentaire, ce sont les textes qui accompagnent ces enluminures et ouvrent des perspectives sur le rôle d’un mécène comme le roi René, lui-même écrivain, qui a su s’entourer d’artistes et fait que certains des livres de sa bibliothèque sont aujourd’hui unanimement considérés comme des chefs-d’œuvre de la peinture occidentale.

L’un d’eux est le célèbre Barthélémy d’Eyck, auteur d’une Vierge au voile bleu (c. 1460), sans doute apparenté à Jan Van Eyck, auteur de l’Homme au turban bleu (c. 1430) (Coïncidence? Peut-être pas, voir «Les accointances», p. 128).

Les enluminures saisissent le lecteur par leur qualité et leur éclat, mais aussi par le reflet qu’elles traduisent de l’image que nous nous faisons du Moyen Âge et l’originalité de l’iconographie de certains en renouvelle notre vision. Grâce à cet ouvrage, il est possible d’examiner de près et longuement ces enluminures, dont l’histoire nous est contée.

Et les visiteurs des châteaux de la Loire s’arrêteront certainement à Angers pour découvrir ses richesses culturelles, sa cathédrale et ses vitraux, le château du roi René et sa tenture de l’Apocalypse, la plus grande tenture médiévale, richesse de cette ville d’art.

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