SpaceX : la privatisation de l’espace n’est pas pour tout de suite

SpaceX fusée décollage espace
Lancement d'une fusée SpaceX emportant des astronautes vers la Station spatiale internationale.
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Le fait que quatre astronautes — trois Américains et un Japonais — soient partis récemment pour la station spatiale internationale, à bord d’une capsule et d’une fusée construites par la compagnie SpaceX, rappelle qu’un lent virage en faveur de l’entreprise privée est en cours dans les vols spatiaux habités.

Russes et Américains

Depuis le tout premier vol du Soviétique Youri Gagarine en 1961, tous les astronautes ont voyagé à bord de fusées construites sous l’égide des agences gouvernementales — la NASA aux États-Unis ou RosKosmos en Russie.

Des fusées Apollo jusqu’aux fusées Soyouz en passant par les navettes spatiales, c’était l’argent public qui était au cœur de ces décisions, motivées notamment par la course aux armements et aux meilleurs missiles.

La première exception avait été le vol de la fusée Falcon 9 de SpaceX en mai dernier, qui avait mené deux astronautes là-haut. Ce lancement, également de SpaceX, est considéré comme le premier vol «opérationnel» de Falcon 9 et de sa capsule Dragon, parce qu’il ne s’agit plus que d’un simple vol d’essai.

Spoutnik: le premier appareil placé en orbite, en 1950.

Toujours de l’argent public

Mais il reste que c’est encore de l’argent public: SpaceX, la compagnie fondée par le milliardaire Elon Musk, ne se serait jamais lancée dans cette aventure s’il n’y avait pas la garantie de contrats gouvernementaux à la clef.

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Elle facturera de 60 à 67 millions $ par astronaute qu’on lui chargera d’envoyer sur la station spatiale (ISS). Et la NASA a versé ces dernières années près de 8 milliards $ à SpaceX et à son concurrent, Boeing, pour développer leurs fusées respectives.

Ces chiffres expliquent pourquoi on parle d’une «lente» transition vers les compagnies privées: il faudra beaucoup de temps avant que les vols spatiaux habités ne soient une entreprise rentable, libérée des fonds gouvernementaux.

À long terme, on évoque par exemple des projets d’exploitation minière de la Lune ou d’astéroïdes.

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Le bras canadien du projet de future station Lunar Gateway en orbite autour de la Lune. (Image: NASA)

Nouveaux clients

Mais déjà, à court terme, les clients ne seront plus seulement les agences spatiales: une compagnie du Texas, Axiom Space, est sur la liste des clients de SpaceX pour envoyer quatre astronautes en orbite dès 2021.

Même une station spatiale privée n’est pas à exclure, alors que l’espérance de vie de l’ISS approche de sa fin, et que les Américains n’ont pas montré un grand intérêt pour s’y investir plus longtemps.

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Cette transition vient avec une série de problèmes légaux inédits: aucun organisme international ne gère qui peut ou ne peut pas envoyer des vaisseaux en orbite.

La question se pose chaque fois qu’on évoque le problème de la «pollution» orbitale — c’est-à-dire le nombre croissant de satellites qui encombrent les orbites les plus convoitées et qui posent un danger croissant de collisions. Pour les compagnies, la question de savoir qui a le droit de faire quoi va se poser tôt ou tard.

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