Souffrez-vous de nomophobie?

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Non, ce n’est pas une coquille. Je ne parle pas de l’homophobie, mais de cette peur excessive d’être séparé de son téléphone mobile. Le terme vient de la contraction de l’expression anglaise «no mobile phone phobia». On parle aussi quelques fois d’adikphonie.

La nomophobie demeure un mal moderne qui est apparu juste après l’arrivée du téléphone intelligent.

Selon certains sociologues, l’iPhone, le BlackBerry, l’Android ou la tablette constitue un outil de communication tellement puissant et instantané que le fait de ne plus pouvoir communiquer peut être une source d’anxiété, voire de stress.

Il n’est pas rare de voir des gens dormir avec leur téléphone intelligent. Plusieurs l’apportent même dans la salle de bains. Et vous avez certainement entendu ces appareils sonner au beau milieu d’un repas au restaurant.

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Au théâtre, Guy Mignault doit toujours inviter les spectateurs à éteindre leur précieux appareil. Plus d’un nomophobe sur deux affirme ne jamais éteindre son téléphone portable.

La nomophobie est-elle une maladie (mentale)? Le sociologue Gilles Pronovost (Université du Québec à Trois-Rivières) ne va pas jusque-là. «L’Homme moderne a 200 000 ans et le iPhone en a cinq. Inutile de s’énerver, donc. Progressivement, on va apprendre à vivre avec ça.»

Et cette évolution passe par deux choses, selon lui: un meilleur encadrement parental et une meilleure éducation scolaire.

Il faut d’abord «développer les compétences numériques chez les jeunes, mais aussi leur apprendre à être critiques par rapport à cette technologie.» Comme je l’ai déjà écrit ici, je n’ai pas de portable (téléphone ou ordi). Je suis un dinosaure, me direz-vous. Je crois plutôt que j’ai un lien affectif avec les mots, ceux qu’on écrit sur une carte postale (oui, j’en envoie à chaque voyage), ceux qu’on formule dans une bonne vieille lettre, ceux qu’on lit et souligne dans un livre ordinaire.

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