Sotchi: un désastre environnemental

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Un rapport incriminant sur l’impact écologique des constructions olympiques à Sotchi devait être publié la semaine dernière. Ce ne sera toutefois pas possible parce que son principal auteur a été arrêté juste avant, et mis en prison pour 15 jours.

Le groupe derrière ce rapport, Environmental Watch of North Caucasus (EWNC), publie depuis plusieurs mois des alertes sur des sujets tels que :

le déversement illégal de déchets dans le parc national de Sotchi;

le fait que les nouvelles constructions grugent une partie de ce même parc national;

un pipeline qui traverse cinq aires naturelles protégées;

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des milliers d’hectares de forêts coupés, où au moins deux espèces d’arbres figurent sur la Liste rouge des espèces menacées;

et la rivière Mzymta, la plus importante de la région: son lit a été détourné en partie; des déchets toxiques y ont été déversés avec la construction d’une autoroute de 50 km et d’un chemin de fer le long de ce cours d’eau; et une espèce de saumon propre à la région est disparue.

La route est un cas à elle seule : la construction de ses 50 km, de la ville aux principales installations olympiques, s’est faite à travers ces forêts protégées, en transperçant quelques montagnes et en rejetant des tonnes de déchets toxiques dans la rivière, le tout sans étude d’impact environnemental, et pour la modique somme de 9 milliards $. C’est peut-être la route la plus chère du monde.

Un second activiste d’EWNC, Igor Kharchenko, a été arrêté deux jours après son collègue, le 5 février, et condamné à cinq jours de prison sous l’accusation d’avoir résisté à son arrestation. Le tout après un passage devant le tribunal qualifié d’anormalement rapide par Amnistie Internationale.

Le premier activiste, Yevgeny Vitishko, avait été accusé le 3 février d’avoir prononcé des jurons en public. Géologue de formation et très critique des Olympiques de Sotchi, il était sous le coup, depuis janvier, d’une condamnation à trois ans dans une colonie pénitentiaire. Il était libre en attendant que sa cause soit portée en appel, selon Al Jazira.

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Un troisième membre d’EWNC, le zoologue Suren Gazaryan, a fui en Estonie d’où il accordé plusieurs entrevues aux médias ces derniers jours.

Outre la destruction de milliers d’acres de forêts, les environnementalistes soulignent que le stade olympique et les arénas, de même qu’une partie de l’autoroute qui y conduit, ont été érigés sur des terres humides, refuges de 65 espèces d’oiseaux migrateurs. Il faudra parler de ce refuge au passé, recouvert qu’il est à présent de deux mètres de roc.

Quant au parc national de Sotchi, toute nouvelle construction y était limitée depuis qu’il était devenu aire protégée en 1983. Or, en janvier 2007 (l’année où la Russie a obtenu les Jeux), la loi sur la protection des aires naturelles a été amendée pour ouvrir ce parc aux constructions — notamment les hôtels qui abritent maintenant 25 000 nouvelles chambres.

Interrogée par le magazine Time, la porte-parole du Comité international olympique invitait le 30 janvier ces critiques à se replacer dans le contexte local: les Jeux de Sotchi, dit-elle, constitueraient le premier événement sportif international en Russie à prendre en considération les préoccupations environnementales et les principes de développement durable.

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