ScienceScape: canaliser le flot d’information scientifique

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Pour aider les scientifiques à surnager le flot de près de 23 millions de recherches publiées dans le domaine biomédical (base de données PubMed), une jeune entreprise torontoise a lancé la semaine dernière une plateforme informatique, ScienceScape. D’ici la fin du mois, l’entreprise va recevoir un financement de 3 millions $ de capitaux privés.

Un tiers moteur de recherche, un tiers média social et un tiers microblogging (style Twitter), avec un doigt de visualisation analytique, «ScienceScape est un outil pour chercher et partager des articles scientifiques», a résumé Sam Molyneux, l’un des deux cofondateurs avec sa sœur, Amy, en entrevue après une démonstration de l’outil lors du lancement.

«À l’interne, nous aimons dire que ScienceScape livre des articles [scientifiques] aux gens par abonnement à leur monde de recherches.»

Visualisation analytique

La fonction de visualisation analytique explique le nom du site, à savoir: paysage scientifique.

Imaginez embrasser d’un seul coup d’œil, comme depuis le sommet d’une montagne, l’ensemble du paysage des publications scientifiques dans un domaine précis.

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Une représentation linéaire horizontale, style cours de la bourse dans le temps, englobe tous les articles publiés dans un domaine depuis 1950 (voire 1925 pour certains), où le nombre de citations de chaque article déterminera la hauteur sur le graphique.

Ainsi, les recherches publiées les plus influentes (soit les plus citées) se détachent sous forme de pics les plus élevés sur cette ligne d’horizon. Dans le cas du SIDA, l’un des pics est l’article du professeur français Luc Montagnier et prix Nobel de médecine dont l’équipe avait découvert le virus en 1983.

Il suffit alors de cliquer sur la pointe du pic du graphique et le titre et les références de l’article s’affichent, avec en prime, une image miniature de la couverture de la revue scientifique.

Il est possible de cliquer sur le nom de l’auteur pour obtenir la liste complète de ses autres publications ou sur le titre pour consulter l’article (pour les revues payantes, l’utilisateur sera automatiquement dirigé vers la page d’ouverture de session de sa bibliothèque universitaire ou autre.)

À noter en matière de visualisation analytique de l’historique d’une recherche, il existe un autre site, ResearchGate, très performant.

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Pour un article donné, il est possible de visualiser en aval, toutes les autres publications qui ont cité cet article, et en amont, toutes les recherches citées dans cet article précis, le tout sous forme de deux arcs de cercle colorés à gauche ou à droite.

ResearchGate permet aussi de suivre différents auteurs ou différents thèmes de recherche ainsi qu’aux membres d’échanger questions et réponses.

Fil d’actualité

Pour sa part, ScienceScape permet de créer un fil d’actualité personnalisé pour différents domaines ou sous-domaines précis, auteurs, voir villes ou instituts (soit la facette média social).

Il est aussi possible de diffuser divers articles (soit la version microblogging), à l’attention de l’ensemble des autres membres, d’un membre précis ou des membres de groupes où chacun contribue à une bibliothèque collective virtuelle.

Chaque auteur dispose aussi d’un profil automatisé, dont un petit graphique circulaire indiquant au centre le nombre total de publications, et tout autour sous forme d’arcs de cercle de couleurs différents, les articles par domaine accessibles par un clic.

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Enfin, à l’image de sites d’achats en ligne, ScienceScape propose dans un menu vertical latéral d’autres articles qui pourraient intéresser l’utilisateur, en fonction d’un algorithme en cours de conception ou de clés de recherches choisies par l’utilisateur.

Gratuit pour les universitaires

Le service est offert gratuitement aux universitaires et compte générer des revenus en vendant l’accès au secteur privé, dans l’industrie pharmaceutique ou la biotechnologie par exemple.

Le potentiel pour les scientifiques professionnels, individuellement ou pour la collaboration internationale, est énorme, sans parler du volet éducatif : aider un étudiant à trouver la perle rare, sans avoir peur de se noyer dans le puits de la connaissance souvent intimidant pour les néophytes.

Un autre projet de visualisation analytique est en cours de réalisation à l’Université de Californie à Los Angeles (UCLA), où des ingénieurs cartographient les recherches en neuroscience.

La croissance d’une jeune pousse torontoise

ScienceScape a été lancée en novembre 2010. L’entreprise de 23 employés (18 à Toronto et le reste à San Francisco et à Londres) va conclure un financement privé de 3 M $ à compter de la fin avril 2014, qui s’ajoutera au financement de démarrage de 750 000 $.

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Sam Molyneux, 33 ans, poursuivait un doctorat en génétique du cancer à l’Ontario Cancer Institute (Institut du cancer de l’Ontario) à l’Hôpital Princess Margaret de Toronto. Confronté lui-même à l’avalanche d’information qui engloutit les scientifiques, le jeune chercheur délaisse ses études pour prendre le problème à bras le corps.

Sa soeur Amy, 30 ans, embarque dans le projet pour le volet technique. Maquilleuse de formation, elle a créé en 2009 son propre blogue (Painted Face) dans son secteur. Puis elle est recrutée pour mettre en place divers services sur Internet, dont une plateforme pour les soins à domicile des aînés.

En bref, le frère aîné identifie les besoins des scientifiques et la soeur cadette est la traductrice pour créer et gérer la mise en oeuvre de la solution technique.

L’entreprise a bénéficié d’un financement de départ de 750 000 $, sous forme d’apport de capitaux propres des cofondateurs et de diverses subventions publiques (Centres d’excellence de l’Ontario, Programme d’aide à la recherche industrielle du Conseil national de recherches Canada.)

Les deux jeunes entrepreneurs en gestion de l’information ont aussi bénéficié pendant quatre mois du programme de pépinières d’entreprise du centre MaRS.

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