Santé: les RLISS trop complexes?

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Depuis le 1er avril dernier en Ontario, 14 Réseaux locaux d’intégration des services de santé (RLISS) assument la planification le financement et l’intégration des services de santé locaux. Trois mois après ce fait, qu’en est-il de la confiance accordée aux RLISS et en leurs capacités à gérer ces nouvelles attributions?

Organisme à but non lucratif, les RLISS sont nés d’une réflexion du ministère de la Santé et des soins de longue durée de l’Ontario. Le postulat à l’initiative de cette création estime que la population locale est la plus à-même de définir les services de santé dont elle a le plus besoin.

C’est ainsi que les RLISS ont vu le jour et c’est là leur tâche que de récolter et de faire s’exprimer les désideratas des communautés.

N’offrant en aucun cas les services de santé eux-même, les RLISS assurent la coordination et le développement des fournisseurs sous leurs autorités.

Hôpitaux, services de santé communautaires, organismes spécialisés dans la santé mentale ou encore dans la lutte contre la toxicomanie, tous sont sous mandat des 14 RLISS institués par le gouvernement de l’Ontario, dont 5 sont attitrés à la ville de Toronto. En sus de leurs rôles de conseillers et bailleurs de fonds, les RLISS s’assurent que les budgets qu’ils attribuent soient utilisés de manière efficace.

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Dans les faits

L’indépendance et les responsabilités dont jouissent les RLISS depuis cette date charnière du 1er avril 2007 n’en suscitent pas moins quelques inquiétudes parmi les prestateurs de services.

Gérard Parent, directeur général des Centres d’accueil Héritage, qui gère notamment un foyer pour ainés et personnes souffrantes d’un handicap, estime que «les RLISS sont une bonne idée mais des difficultés sont à craindre.»

Au rang de ces difficultés, M. Parent liste de prime abord la situtation d’organismes ayant des activités à-même de desservir tout Toronto comme les Centres Héritage ou le Centre francophone.

Avant l’élaboration des RLISS et l’extension de leur charge, le ministère de la Santé et des soins de longue durée était seul à octroyer les financements et aides à ce genre d’organisme.

À partir de maintenant, les prestataires de services de santé sous l’autorité d’une ou plusieurs RLISS vont, peut-être, être dans l’obligation de présenter autant de budgets différents que de RLISS auxquels ils appartiennent, les réseaux étant indépendants les uns des autres.

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La situation des Centres Héritage peut facilement être prise en exemple. Rattaché au RLISS de Toronto Centre, ses activités n’en concernent pas moins l’ensemble de la ville, elle-même découpée en 5 RLISS.

Il faudrait donc produire un budget par RLISS et par projets dans les zones concernées, soit «quelque chose de difficilement réalisable étant donné la complexité et le temps déjà demandés par la production d’un seul budget», précise M. Parent.

Interrogé sur le même sujet, Jean-Gilles Pelletier, directeur général du Centre francophone de Toronto, se veut moins alarmiste: «Il n’est pas encore dit que nous allons devoir faire plusieurs budgets différents; le Centre Francophone, comme les Centres Héritage, fait parti du RLISS de Toronto Centre: nous nous en réfererons donc à son autorité.»

Comité de planification des services en français

Autre problème lié à cette «autonomie» accordée, les RLISS souffrent d’un manque en terme d’organe commun de discussion et de planification.

Les cinq RLISS de Toronto n’ayant pas les même attentes et besoins du fait de leurs populations et infrastructures déjà en place, tous courtisent différents organismes afin de palier les manques perçus dans leurs juridictions.

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De fait, les organismes locaux, à qui le gouvernement faisait confiance dans la définition de leurs besoins grâce à leurs connaissances des réalités du terrain et de leur communauté, sont d’autant plus important et à même de fédérer le système encore hésitant.

Les activités du Comité de planification des services de santé en français est l’exemple parfait de l’aide pouvant être apportée aux RLISS. Composé d’une quinzaine de personnes, dont MM. Parent et Pelletier, ce comité dont le rôle est d’appuyer les services de santé en français effectue de nombreuses opérations pouvant se résumer à de la recherche et de la compilation d’information.

Que ce soit par la planification et l’identification des besoins ou la cartographie par secteur de ces besoins, le Comité de planification des services de santé en français ne cherche pas à se substituer aux travaux des RLISS mais entend bien leurs apporter son concours pour assurer un meilleur développement des services de santé en français.

Cette initiative est d’autant plus appréciée que les RLISS eux-mêmes sont demandeurs de conseils afin d’offrir le meilleur des prestations de santé à l’échelle communautaire.

Dernière limite imposée par ce système: sa pérénité dans le temps. Oeuvre de l’actuel gouvernement McGuinty, les élections d’automne, en fonction de leur résultats, pourraient changer la situation.

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