Rubens à l’AGO: le corps humain dans tous ses états

L'avant-garde du Baroque

Christ à la paille, Peter Paul Rubens,1618
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Publié 11/10/2019 par Emma Couffin

Le peintre flamand Peter Paul Rubens (1577–1640) a représenté l’avant-garde du mouvement baroque en Europe. Il a révolutionné l’art de son époque et peint des représentations bibliques où le corps humain apparaît dans tous ses états.

«Quand vous découvrez Rubens pour la première fois, vous ne pouvez vous en défaire, vous le voyez partout», commente Alexandra Suda, directrice du Musée des beaux-arts du Canada à Ottawa.

Cette éminente historienne de l’art participait cette semaine, à Toronto, à une avant-première de l’exposition Early Rubens, au Musée des beaux-arts de l’Ontario (Art Gallery of Ontario).

L’exposition porte sur les oeuvres produites durant sa période la plus féconde (de 1609 à 1621) provenant de plusieurs musées européens. Elle ouvre au public torontois ce samedi 12 octobre et se poursuit jusqu’au 5 janvier.

Alexandra Suda.

Formes humaines dramatiques

Rubens est né à Siegen en Westphalie (Allemagne), mais surtout vécu à Anvers en Belgique. Diplomate de renom, il a joui d’une position sociale sans égale chez les artistes de son temps.

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Rubens a suivi pendant 10 ans une éducation humaniste, apprenant notamment le latin et la littérature classique. Il commença sa carrière d’artiste en copiant les œuvres d’artistes flamands anciens tels que Holbein le Jeune.

Rubens avait une façon de peindre des formes humaines emprises au drame de façon bien particulière, explique Alexandra Suda. Avec un coup de pinceau unique, il donnait du mouvement à l’œuvre et faisait voir au spectateur la lumière au cœur de la noirceur du drame.

Il décida ensuite de se rendre en Italie. De 1600 à 1608, la découverte des artistes de la Renaissance marqua profondément l’artiste et ses œuvres.

Héro et Léandre, Peter Paul Rubens, 1605

L’école d’Anvers

L’exposition montre, en ordre chronologique, les 10 années après que Rubens soit retourné dans sa ville natale. C’est la mort de sa mère en 1609 qui marqua son retour à Anvers.

Cette période coïncida avec la paix et la prospérité dues à la signature du traité d’Anvers, un armistice entre l’Espagne et les Provinces-Unies (Pays-Bas) qui luttaient pour leur indépendance. Rubens devint alors peintre d’office à la cour des Habsbourg jusqu’en 1621.

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C’est le règne de l’École d’Anvers: la ville se convertit en centre artistique de la peinture baroque flamande, particulièrement grâce à l’apport du travail de Rubens. Ses œuvres s’inspirèrent d’artistes de la Renaissance italienne tels que Caravaggio ou Michelangelo.

Peter Paul Rubens, Daniel dans la fosse aux lions, 1614 – 1616

Chef-d’oeuvre volé

Des chefs-d’œuvre tels que L’érection de la croix, peint en 1610 pour la cathédrale Notre-Dame d’Anvers, firent de Rubens un homme d’exception.

Alexandra Suda explique que le succès grandissant de l’artiste coïncida avec le développement de l’imprimerie plantinienne (de Christophe Plantin, imprimeur et relieur anversois du 16e siècle) et de la gravure sur bois, méthodes qui permirent d’étendre sa renommée à toute l’Europe.

En effet, pour que son chef-d’œuvre puisse traverser le temps, Rubens a réalisé une estampe avec plus de finitions qu’il n’en faut, permettant de reproduire l’œuvre plusieurs fois.

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Mais la singularité de L’érection de la croix réside surtout dans le fait qu’elle ait été volée à deux reprises dans un musée. Ceci traduit tout à fait l’engouement qui subsiste encore aujourd’hui autour de l’artiste.

Finesse du détail morbide

Cet empressement autour de l’artiste est dû à sa manière de capturer toutes les expressions humaines et animales avec une grande finesse, tout en les confrontant à une scène d’une cruauté absolue.

La tête de Méduse, Paul Peter Rubens, 1617-1618

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