Ricardo prend d’assaut le marché anglophone

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Son prénom est devenu sa carte de visite et ses chemises fleuries ont fait sa renommée. Dix ans après avoir conquis le public québécois, le chef Ricardo s’attaque maintenant de plein fouet au marché anglophone. Et toutes les plate-formes sont bonnes. En quelques mois, Ricardo a lancé la version anglaise de sa revue éponyme, traduit son livre de recettes Ma cuisine week-end et envahi les ondes du Food Network avec son émission Ricardo & Friends.

La réponse du public anglophone est déjà très bonne, nous dit-il, mais là ne s’arrêtent pas ses ambitions. Avec sa femme Brigitte Coutu, qui dirige leur compagnie de production, Ricardo Larrivée espère bientôt faire rayonner sa cuisine à l’extérieur des frontières canadiennes. Son secret: lever les interdits et rendre au plaisir son rôle central dans la cuisine.

Il présente tous les jours de la semaine ses recettes abordables tant pour le portefeuille que pour l’apprenti cuistot à 11h à la télévision de Radio-Canada et les samedis à 16h et 19h au Food Network. L’Express l’a interviewé la semaine dernière.

L’Express: Qu’est-ce qui a motivé votre décision de prendre véritablement d’assaut le marché anglophone avec la traduction de votre livre de cuisine en anglais, le lancement de la version anglaise de votre revue et la mise en ondes de votre nouvelle émission au Food Network?

Ricardo: Dès le départ, c’était le rêve qu’on avait ma femme et moi de faire une émission qui reflète qui on est et qu’on puisse la vendre un peu partout. Le premier endroit, le plus simple et le plus stimulant c’était le reste du pays. On s’est dit qu’on allait commencer par le faire au niveau national, en français et en anglais partout à travers le pays. Après cela, on -pourra attaquer d’autres marchés.

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L’Express: Vous avez donc déjà l’intention d’agrandir votre auditoire?

Ricardo: Si on est confortable et que ça marche bien partout au Canada, alors oui, je le souhaite. Mais notre objectif pour l’instant est de faire que l’émission et la revue marchent partout au pays.

L’Express: Est-ce que le public anglophone répond bien pour l’instant à ce que vous leur offrez?

Ricardo: L’émission est déjà parmi les plus écoutées au Food Network. Toutes les entrevues que je fais pour les médias anglophones depuis le lancement de l’émission vont très bien. On a fait des pages complètes dans tous les grands quotidiens au Canada. La réponse est très bonne. Et finalement, on découvre qu’on se ressemble plus qu’on ne le pense.

L’Express: Est-ce que les traditions culinaires des Québécois et des Ontariens se ressemblent selon vous?

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Ricardo: Avec les Ontariens, oui. Si on fait un cercle autour du Québec jusqu’au Nouveau-Brunswick et à l’ouest de l’Ontario, on découvre qu’on se ressemble beaucoup. Surtout à cause du climat et de la géographie qui sont très similaires, c’est sûrement l’une des principales raisons.

C’est vrai que le magazine, c’est surtout le reflet de ce que le Québec et l’Ontario sont. Mais ce que les gens de l’Ouest vont aimer je pense, c’est de voir autre chose que ce qu’ils sont. La cuisine, c’est moi, ça va toujours être mon reflet.

L’Express: La manière dont vous abordez la cuisine est donc plus ou moins la même que vous le fassiez en anglais ou en français?

Ricardo: Oui, je n’ai jamais eu l’intention de changer quoi que ce soit. Ce magazine-là existe, il va très bien au Québec et les gens sont partout pareils: ils veulent des recettes qui fonctionnent, qui sont accessibles, qui ne sont pas trop chères et qui ont une sorte de «twist» différente des autres.

Mais maintenant que le magazine est national, je fais attention pour aller chercher l’expertise locale d’un bout à l’autre du pays. Mais l’âme du magazine, on ne la change pas, on ne va pas essayer de faire semblant d’être ce que l’on n’est pas.

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L’Express: Vous évoquiez à l’instant l’âme de votre magazine, quel est le message central que vous essayer de transmettre à votre public que ce soit par écrit ou dans votre émission de télévision?

Ricardo: C’est la famille. C’est un magazine et une émission familiales. Pour moi la famille, c’est très élargi. Tu n’as pas besoin d’avoir des enfants pour être une famille. Pour moi, une famille, c’est les gens que tu aimes. Ce sont des valeurs qui sont faciles à perdre à cause du rythme de vie que l’on a. Et je pense que la cuisine est en ce sens fédératrice. Il faut faire un effort en cuisine même si au départ on ne se sent pas compétent, puisque ça réunit des gens autour de la table.

L’Express: Votre projet à vous est très familial aussi, vous parliez de votre femme plus tôt qui est très impliquée dans vos projets…

Ricardo: C’est elle qui dirige l’entreprise. C’est la rédactrice en chef du magazine et la productrice au contenu de l’émission télé. On co-produit tout ce qu’on fait en télé et en magazine. C’est elle qui a la vision générale d’où on va. Et c’est mon agent en même temps, c’est ma René Angelil! En fait, c’est mon boss.

L’Express: Vous accordez une très grande importance aux produits du terroir dans les recettes que vous développez. Quels sont vos coups de coeur des dernières années dans le terroir québécois et ontarien?

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Ricardo: En fait, dans l’émission, ce que j’essaie de passer aussi comme message, c’est d’encourager les petits producteurs locaux. C’est sûr que l’émission je la fais de chez moi à Chambly au Québec. Donc si je parle de miel, ça va être un produit que je prends ici. Mais j’essaie de choisir des produits qu’on trouve partout.

Mon message est de dire, non pas que vous achetiez le miel dont je viens de parler pour faire la recette, mais que vous preniez le temps de trouver un apiculteur dans votre région. C’est un état d’esprit de se dire qu’on doit tous encourager les petits artisans. Il faut encourager les agriculteurs locaux qui ont besoin qu’on aille acheter tous les produits qu’ils font.

Et même si c’est un peu moins bon qu’ailleurs, il faut continuer à en acheter, puisque plus ils vont en faire, plus ils vont s’améliorer. Si personne ne les encourage, ils n’auront jamais les moyens de devenir compétitifs.

L’Express: Et les Canadiens semblent de plus en plus sensibilisés à tout ce qui a trait à l’alimentation et à la nutrition et leur goût semble se raffiner avec le temps…

Ricardo: Oui, il y a un grand engouement pour la cuisine. Il y a un nombre incroyable de livres de cuisine qui sont publiés. Ce que je veux justement c’est aider les gens à faire les bons choix et de le faire de manière journalistique.

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Moi, je refuse d’être porte-parole pour tout. Pourquoi choisir le porc, ou le lait, par exemple plus qu’un autre produit? Moi, je ne vous vends rien, j’ai juste envie de vous dire que c’est plaisant de manger et qu’il ne faut pas le voir comme un problème. Tout devient un problème de nos jours: le sel c’est pas bon, le sucre c’est pas bon, le gras c’est pas bon.

On peut trouver quelque chose de négatif à tout, mais moi j’aime mieux miser sur le côté positif. L’alimentation c’est une récompense, c’est un plaisir et il faut la voir comme ça. Ce n’est pas une religion.

L’Express: En terminant, pouvez-vous me parler de votre péché mignon. Lorsque vous voulez vraiment vous faire plaisir, qu’est-ce que vous vous mettez sous la dent?

Ricardo: J’ai vraiment la dent sucrée. J’ai fait un gâteau qui s’appelle le Red Velvet dans notre magazine de Noël. Je l’adore! Quand j’étais petit et que ma mère me disait qu’il y avait du yogourt et des fruits pour dessert, je n’aimais vraiment pas ça! Il me fallait et il me faut toujours un «vrai dessert»!

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