Révolte contre le mal parler

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Pour sa troisième participation au Concourt d’art oratoire organisé par Canadian parents for french, Alexis Soha, une adolescente de 16 ans a remporté la finale avec son discours Le langage vulgaire: profanation ou libération? Une critique parfaitement construite sur ce phénomène de mode imbécile.

Mais à quoi servent toutes ces injures, ces paroles souvent lancées à l’emporte-pièce, et parfois même que l’on ne comprend plus tellement le contexte est inapproprié.

On laisse tomber un verre et, hop là!, voilà qu’on insulte «sa mère» en sachant pertinemment qu’un verre n’a pas de parents. Un joueur de soccer rate une occasion de but certes facile et évidente, et le voilà devenu un gros idiot crétin dont la sœur est une fille de mauvaise vie.

Las de cet environnement grossier auquel elle ne peut malheureusement s’extraire, Alexis se bat avec ses propres armes: la parole, les mots, l’écriture. Mais d’un raffinement tout autre, malgré le fait que «mon père jure comme un charretier». C’est d’ailleurs ce qui a motivé la belle adolescente, épuisée de devoir supporter des ordures sonores à longueur de journée.

Avec un recul assez impressionnant compte tenu de son jeune âge, elle se donne la liberté de condamner le langage de la jeunesse d’aujourd’hui. Pour la citer, «il est exact que par rapport au passé, la nouvelle génération ne respecte plus rien, car tant dans le domaine du sacré que dans celui de la sexualité, toutes les barrières des convenances semblent avoir été abattues.»

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Le langage a toujours été en perpétuelle évolution, mais tous les «progrès» ou «avancées» ne sont pas forcément bons à prendre. Depuis la libération des mœurs dans les années 70, les murs du respect linguistique ont disparu. De génération en génération l’héritage légué, pour ne citer que celui du langage, est d’une manière générale, pitoyable.

Pour cette récalcitrante convaincue, «c’est aussi une façon moderne de parader, de se donner en spectacle, de se conformer… Un type de langage qui n’est pas particulièrement beau dans la bouche d’adolescents… Et qui nivelle la jeunesse par le bas.»

En somme, le raisonnement est plutôt clair. Les jeunes sont entraînés dans un processus en place qui les pousse à s’exprimer de la sorte. Néanmoins l’optimisme brille dans les yeux de la petite brune qui est persuadée que, comme tout phénomène de mode, celui-ci finira bien par s’essouffler.

Elle, en qui germe une graine d’artiste prometteuse (poète et pianiste), qui aime tant la beauté des choses, ne peut évidemment pas tolérer que le langage, l’essence même de tout rapport, se fasse traîner dans la boue.

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