Revoir la famille outre-mer : une décision difficile en temps de pandémie

Voyage risqué mais bénéfice immense

Oksana et son conjoint à l'aéroport de Toronto le 15 juillet, jour de leur départ à destination de Kiev.
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Depuis les débuts de la pandémie, nombre de familles – partout dans le monde – sont géographiquement séparées en raison du risque réel de contamination de la CoViD-19 associé aux vols domestiques et internationaux.

C’est le cas pour Oksana Mykhailenko et son conjoint, tous deux nouveaux immigrants (résidents permanents) originaires de Kiev, installés à Toronto depuis mars 2018.  Le jeune couple est rentré d’un séjour d’un mois (15 juillet – 16 août) en Ukraine dimanche dernier.

Oksana à Kiev où l’agréable climat en été ressemble à celui de notre saison estivale

«Depuis notre installation au Canada, nous sommes retournés en Ukraine annuellement pour voir la famille, qui nous manque vraiment beaucoup. Cette fois-ci, nous voulions absolument revoir les nôtres avant la 2e vague…», raconte Oksana, présentement en quarantaine, rencontrée virtuellement par L’Express.

Oksana avec ses parents et son frère à Kiev

Une décision difficile vu le contexte actuel de la crise sanitaire mondiale. Un voyage outre-mer potentiellement lourd de conséquences néfastes.

«Nous sommes jeunes, en bonne santé. Nous avons décidé d’y aller maintenant parce qu’on ignore ce qui nous attend. La pandémie risque d’empirer avec le déconfinement, la rentrée scolaire.»

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Toronto-Istanbul-Kiev

Le couple a voyagé avec Turkish Airlines depuis Toronto jusqu’à Istanbul (neuf heures de vol). Suivi d’une escale de deux heures et demie pour ensuite continuer jusqu’à Kiev (vol de deux heures).

Au départ, à l’aéroport Pearson, les règles sont strictes. «Aucune personne n’est autorisée à accompagner les voyageurs, le port du masque est obligatoire. On y trouve plusieurs distributeurs de désinfectant liquide pour les mains. Il y a aussi la prise de température», commente Oksana.

Oksana à Kiev

«Les vols Toronto-Istanbul-Kiev étaient pleins. Chaque deuxième place était occupée de Istanbul à Toronto (chaque siège au milieu des trois sièges était libre). On devait porter le masque en tout temps, sauf pour les deux repas très simples (sandwichs, eau, jus) qu’on a dû boire et manger en toute vitesse. Aucune boisson alcoolisée, ni café ou thé», témoigne-t-elle.

«Il y avait peu de circulation durant le transit à l’aéroport d’Istanbul, plusieurs boutiques étaient fermées comparativement à nos voyages précédents.»

Les compagnies aériennes sont conscientes du danger de contamination dans les avions et prennent les mesures pour limiter les risques (port du masque obligatoire, désinfections des avions, assainissement de l’air dans les cabines).

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Mais la santé publique estime qu’il est possible d’attraper le virus à travers les déplacements et les contacts dans l’avion, par ex. lorsque l’on se rend aux toilettes ou que l’on touche l’écran devant soi. 

«Agir à la maison»

«Au point de contrôle des passeports à l’aéroport de Kiev, chaque personne arrivant dans le pays doit installer sur son téléphone l’application Agir à la maison et y enregistrer le numéro de téléphone ukrainien et l’adresse où elle planifie de rester pendant la quarantaine de 14 jours», explique Oksana.

Kiev

«L’adresse et le numéro de téléphone permettent aux autorités d’assurer le contrôle de la localisation de l’arrivant pendant la quarantaine obligatoire. Si la personne ne veut pas rester en quarantaine, elle peut passer les tests auprès de l’un des laboratoires listés dans le site gouvernemental.»

«L’application Agir à la maison génère le message chaque trois-quatre heures demandant de faire la photographie du visage avec l’indication de la géolocalisation afin de prouver l’adresse de la personne.»

Géolocalisation

«Une fois, en matinée, je n’ai pas entendu le message pour prendre la photo de mon visage. Je dormais encore à cause du décalage horaire de sept heures… 15 minutes plus tard deux policiers arrivaient chez moi pour vérifier si j’étais à la maison et suivais les règles de la quarantaine. L’amende en cas de contravention est de 17000 hryvnias (817 $ CAD)», révèle Oksana.

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«À la suite des résultats négatifs de nos tests de la CoVID, l’application a confirmé la fin de notre quarantaine et que nous pouvions nous déplacer dans le pays.»

Kiev

« À notre arrivée à l’aéroport de Toronto, nous avons rempli le formulaire demandant des informations personnelles, si nous avions les symptômes de la CoVID.

Au point de contrôle des passeports, l’agent nous a posé des questions sur notre voyage, il a reprécisé notre adresse (où allions-nous rester pendant notre quarantaine) et nous a remis un dépliant d’informations concernant les règles de la quarantaine.»

«Cela fait cinq jours qu’on reste confinés chez nous, il nous en reste encore neuf…», soupire Oksana.

La jeune femme continue de télétravailler à partir de chez elle comme depuis mars 2020. Elle fait partie de la coordination du Programme relais au Collège Boréal de Toronto depuis 2019.

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CoVID en Ukraine

Kiev, capitale et plus grande ville de l’Ukraine, abrite 2 797 553 habitants. «La ville est présentement confinée en prévention de la 2e vague. Dès lundi 24 août, Kiev entamera la phase orange», précise Oksana.

La phase orange signifie un retour vers certaines règles plus strictes de distanciation physique en vue de restreindre la contamination communautaire.

Le couple, en vacances, est allé en bord de mer, dans la petite ville de Skadovsk, région de Kherson à 650 km au sud de Kiev. «Nous y avons constaté que les règles locales y étaient beaucoup plus souples que dans la capitale.»

L’île Dzarulgatch

Cependant la vie n’est pas facile pour tous parmi la population de Kiev en ces temps de pandémie.  «Le test de dépistage de la CoViD est payant – le prix varie de 700 hryvnias (36 $CAD) à 2000 hryvnias (96 $CAD) avec un salaire moyen en Ukraine de 11000 hryvnias par mois (530 $CAD).»

La situation économique reste difficile pour les Ukrainiens en raison de la CoVID; pertes d’emploi, aucune aide financière du gouvernement. «Certains doivent quitter leur appartement s’ils n’arrivent pas à payer le loyer, retourner vivre avec la famille, survivre.»

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Durant leur séjour en Ukraine, Oksana et son conjoint ont pu revoir leurs parents, frères et sœurs, grands-parents, tantes et oncles, cousins, amis, «tous heureusement en bonne santé», mentionne Oksana.

Oksana avec sa mère et son frère en Ukraine

«Cela nous a fait un bien mutuel immense!»

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