Retracer la mémoire sociale à travers la robe de mariée

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Publié 23/07/2012 par Annik Chalifour

Le Centre Harbourfront, rue Queens Quay West, propose une série d’expositions d’arts visuels dans le cadre de sa programmation estivale jusqu’au 23 septembre, dont l’installation de l’artiste Heather Nicol intitulée A fine specimen. L’oeuvre retrace la construction sociale et identitaire de la femme à travers une robe de mariée du XIXe siècle.

«J’ai voulu à partir de cette robe, objet de la tradition du mariage, relever son impact sur l’évolution de l’identité féminine d’une époque à l’autre», a commenté Heather Nicol, contactée par L’Express.

L’exposition fluctue autour d’une ancienne robe de mariée ayant appartenu à une jeune femme d’origine grecque, dont le mariage traditionnel fut célébré au courant des années 1950.

«Cette robe qui m’a été donnée par une amie, a servi d’inspiration au thème de mon ouvrage, visant à inciter le spectateur à réfléchir sur les liens entre la construction de la mémoire sociale et l’objet», a précisé l’artiste.

Installations d’objets

Heather Nicol est une artiste multidisciplinaire basée à Toronto et commissaire indépendante. Sa pratique inclut la création de nouveaux médias, dont plusieurs travaux d’installations d’objets accompagnés de sons et lumières.

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Native d’Ottawa, l’artiste a vécu à New York durant 22 ans. Elle a obtenu son baccalauréat de la School of Visual Arts de New York et sa maîtrise en enseignement des arts de la New York University.

Ses oeuvres ont été présentées lors de nombreuses expositions solo et de groupe à travers l’Amérique du Nord et en Europe.

Subtilement A fine specimen associe le sujet de la robe de mariée à l’histoire mouvementée des valeurs de la femme d’ici et d’ailleurs; la communication sociale domine l’exposition de Heather Nicol.

Ses ouvrages enquêtent sur le désir, la nostalgie de l’attention, la dynamique du pouvoir, les moments de transition dans la vie, et jouent avec les notions de beauté et de féminité telles qu’illustrées dans A fine specimen.

L’exposition rappelle que le blanc de la robe de mariée est la synthèse de toutes les couleurs. Symbolisant la lumière, il représentait la couleur de la divinité dans l’ancien temps. Oublié durant le Moyen Âge, il est réapparu à la fin du XIXe siècle.

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Dans la seconde moitié du XIXe siècle, les femmes pratiquantes sont revenues au blanc originel, symbole de pureté, pour affirmer leur virginité. Par la suite, la robe de mariée s’est de plus en plus transformée suivant les goûts du moment et les tendances sociales.

Le blanc indémodable?

Avec la vague anticonformiste de la fin des années 1960 suivie du mouvement féministe des années 1970, la tradition de la robe blanche a été abandonnée, mais cela n’a pas duré et ne s’est pas vraiment généralisé.

Au début des années 1990, la tendance est revenue à la sobriété, mais la couleur a fait tout de même son apparition lors de certaines cérémonies.

De nos jours, si tous les styles et les couleurs sont permis, la robe blanche reste néanmoins un grand classique. Bien sûr cette tradition n’est pas la même dans tous les pays, ni sur tous les continents.

A fine specimen permet aussi d’examiner la relation entre le choix du vêtement qu’on porte et les messages qu’il transmet à autrui. Il est intéressant de constater que plusieurs études ayant cherché à comprendre ces messages ont obtenu des résultats mitigés.

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Le message du vêtement

Certaines études ont mené vers un consensus à savoir que l’habillement transmet un message difficile à déchiffrer; ces messages sont largement déterminés par le contexte, mais aussi par ce que l’on appelle la sous-culture.

On y définit la sous-culture comme la culture reliée à un groupe de personnes partageant un ensemble de valeurs communes à l’intérieur d’une société plus large.

Si le porteur et l’observateur appartiennent à la même sous-culture, le message est clairement compris, mais s’ils appartiennent à diverses sous-cultures, le message peut se perdre.

Dans une récente étude, il en ressort que la mode a quatre buts différents et que la signification du message transmis par les vêtements varie selon le but recherché (Venkatesh, Joy, Sherry Jr et Deschenes, 2010).

Ces quatre buts comprennent la mode comme un art de porter, une façon de former ou de maintenir son identité, un commentaire sur le corps ou un reflet de l’image corporelle.

Auteur

  • Annik Chalifour

    Chroniqueuse et journaliste à l-express.ca depuis 2008. Plusieurs reportages réalisés en Haïti sur le tourisme solidaire en appui à l’économie locale durable. Plus de 20 ans d'œuvre humanitaire. Formation de juriste.

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