Retour des journaux privés au Myanmar après 50 ans

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à 22h57 HAE, le 31 mars 2013.

RANGOON, Myanmar – Le monopole du gouvernement du Myanmar (la Birmanie) vieux de plusieurs décennies sur les quotidiens sera brisé lundi alors que quatre nouveaux journaux doivent être lancés.

Aucun journal n’a été propriété du secteur privé depuis l’arrivée des militaires au pouvoir durant les années 1960.

Le président Thein Sein a pris le pouvoir en mars 2011 en tant que dirigeant d’un régime civil élu. La libéralisation politique et économique arrivait en tête de liste de ses priorités, dans une tentative d’accroître le développement national.

Le gouvernement a annoncé en décembre que tout citoyen du Myanmar désirant publier un quotidien était libre de déposer une demande et pourrait commencer à publier le 1er avril.

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Au total, 16 projets de journaux ont été autorisés, y compris des quotidiens qui seront publiés par la Ligue nationale pour la démocratie de la chef de l’opposition Aung San Suu Kyi, et le Parti de la solidarité unie et du développement de Thein Sein.

Émeutes

Par ailleurs, le bilan des émeutes qui ont frappé une ville du centre du Myanmar la semaine dernière s’établit maintenant à 40 morts.

Un quotidien de la région a indiqué mardi que huit autres corps ont été retrouvés à Meikthila, alors que les soldats continuaient à fouiller un secteur incendié par des foules antimusulmanes la semaine dernière.

Le calme semble avoir été rétabli dans la ville, mais un couvre-feu a été imposé entre 19h et 4h.

La télévision birmane rapporte toutefois qu’un incident violent s’est produit dans la village d’Othegone, à environ 145 kilomètres au nord de Rangoon. Des émeutiers auraient lancé des pierres contre une mosquée et contre différents établissements dimanche, menant à l’arrestation de cinq personnes.

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Les commerçants de la plus grande ville du pays, Rangoon, avaient reçu ordre de fermer leurs portes au plus tard à 21h lundi soir, pour éviter toute nouvelle flambée de violence.

Ils demeuraient fermés mardi, une journée fériée nationale en Birmanie.

Ces affrontements sectaires portent ombrage au virage démocratique entrepris par le président Thein Sein après 50 ans de règne militaire.

Réformes

Le gouvernement de la Birmanie a prévenu lundi que les violences religieuses pourraient compromettre les réformes démocratiques qu’il tente d’implanter après que des émeutiers antimusulmans eurent saccagé trois autres villes dans le centre du pays, où la majorité de la population est bouddhiste.

Les émeutiers ont détruit des mosquées et mis le feu à des dizaines de maisons durant le week-end malgré les tentatives des autorités pour mettre un terme à la plus récente crise religieuse à secouer la Birmanie.

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Dans une déclaration sur les ondes de la télévision d’État lundi, le gouvernement a promis de faire le maximum d’efforts pour endiguer les violences ethniques et religieuses.

Le président Thein Sein avait décrété vendredi l’état d’urgence dans une région du centre du pays et envoyé des soldats à Meikhtila, où au moins 32 personnes ont été tuées.

Selon les Nations Unies, plus de 12 000 Birmans ont été chassés de leur foyer. Dans sa déclaration de lundi, le gouvernement a précisé que les gens déplacés retourneraient chez eux dès que le calme serait revenu.

Les musulmans de Meikhtila, qui représentent 30 pour cent des 100 000 habitants de la ville, semblent avoir été plus durement touchés par les violences. Au moins cinq mosquées ont été incendiées entre mercredi et vendredi, et la plupart des résidences et boutiques brûlées appartenaient à des musulmans.

Les autorités ont annoncé qu’elles avaient arrêté 35 suspects en lien avec les incendies et les actes violents. Mais les résidants et les activistes ont affirmé que la police n’avait pas fait grand-chose pour stopper les émeutiers ou avait réagi trop tard lorsqu’une dispute entre un bijoutier musulman et des clients bouddhistes a provoqué une émeute antimusulmane à Meikhtila mercredi.

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La montée des violences religieuses jette une ombre sur le gouvernement de Thein Sein alors qu’il se bat pour mettre en place des réformes démocratiques après la fin, il y a deux ans, du régime de la junte militaire qui a régné sur la Birmanie pendant un demi-siècle.

Des violences similaires survenues l’an dernier dans l’État de Rakhine entre bouddhistes et musulmans avaient fait des centaines de morts et obligé quelque 100 000 personnes à fuir leur domicile.

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