Ressources énergétiques fossiles: où en sommes-nous?

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Le pétrole, la grande ressource énergétique du présent, va-t-il bientôt nous manquer? Le charbon est-il définitivement la ressource d’hier? Le gaz naturel va-t-il devenir la ressource de demain?

En 2006, on a beaucoup parlé du pétrole, surtout à cause de la flambée des prix, en raison notamment des tensions au Moyen-Orient. Les troubles géopolitiques peuvent compromettre les exportations et créer un choc pétrolier.

Car depuis plus d’un siècle le monde vit au rythme du pétrole, la forme d’énergie la plus importante jamais découverte. Ses avantages sont multiples et il représente un tiers de la consommation énergétique mondiale. Le mode de vie industriel moderne ne saurait s’en passer sans un choc.

Les événements de 2006 ont relancé un autre débat, celui du fameux «pic pétrolier». Le pic pétrolier désigne le maximum prévisible (ou historique) de production pétrolière d’un gisement, d’une zone, d’un pays ou du monde. Après ce maximum, les conditions d’exploitation font que, même si les réserves sont abondantes, la production ne peut que décroître. C’est le géologue Hubert qui a défini dans les années 1950 les règles qui s’appliquent à l’exploitation de toute ressource primaire.

La courbe de Hubbert prédit la production en fonction du temps. La production annuelle part de zéro, atteint un sommet qui ne sera jamais dépassé et ensuite elle décline jusqu’à ce que la ressource soit épuisée.

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La grande question est de savoir quand ce pic sera atteint. Il y a à ce sujet des divergences considérables, allant de 2010 (voire 2008) à 2030 et plus, selon les estimations optimistes des sociétés pétrolières, États-Unis, pays de l’OPEP ou pessimistes (2010) de l’Association pour l’étude du pic pétrolier et gazier (ASPO).

Les calculs sont complexes, mais le problème est désormais posé. Et la raréfaction du pétrole entraînera une crise économique pour les pays qui n’en disposent pas en quantité suffisante ou ne peuvent le remplacer par une autre source d’énergie.

Or, une autre source d’énergie fossile connaît une forte demande, c’est le charbon. Entre 1970 et 2004, la demande a augmenté de 110 %, contre 48 % pour le pétrole. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), elle pourrait tripler d’ici 2050. Les réserves de charbon sont considérables.

La compagnie BP les estime à 910 milliards de tonnes, soit 155 années de production contre 45 pour le pétrole et 60 pour le gaz. Et le charbon se trouve pratiquement partout, contrairement au pétrole et au gaz situés souvent dans des régions sensibles.

Dans le monde, 40% de l’électricité est produite avec du charbon (20% avec du gaz et 16% du nucléaire). En Amérique du Nord, 44% de la production d’électricité provient de la combustion de charbon, surtout aux États-Unis, d’après la Commission de coopération environnementale (CCE). Le problème, c’est que le charbon doit devenir propre, car c’est un combustible nocif pour la santé et polluant. D’après la CEE, c’est la centrale de Nanticoke, en Ontario, qui arrive en tête des dix centrales nord-américaines produisant la plus grande quantité d’émissions de CO2, les neuf autres sont des centrales des États-Unis.

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Le volume des réserves de charbon explique l’importance de la recherche sur les technologies de charbon «propre»., qui demande «des systèmes de captage et de stockage du CO2, c’est-à-dire des «centrales à charbon vraiment propre», selon le rapport «Charbon propre : mythes ou réalités?», d’août 2006.

La technologie permet ce captage mais augmente les coûts de production. D’ici 2030, bien des centrales au charbon seront installées dans des pays en développement, qui émettront davantage de CO2, s’ils ne peuvent se payer des technologies sophistiquées. Si on ne les aide pas, «ils devront répondre à leurs besoins énergétiques en recourant aux vieilles technologies sales», de dire le PDG de BP France.

Une autre ressource qui connaît aussi un grand développement, c’est le gaz. L’AIE prévoit que sa consommation devrait augmenter de 138% d’ici 2050, principalement pour alimenter des centrales électriques. La consommation de cette énergie moins polluante est aussi facilitée par un mode de transport polyvalent: gazoducs ou gaz naturel liquéfié (GNL), qui peut franchir les océans.

La Russie, l’Iran et le Qatar détiennent près des 2/3 des réserves mondiales de gaz naturel. L’Iran et le Qatar, qui dispose d’un des plus grands gisements de gaz du monde, encore peu exploité (au rythme actuel, il tiendrait plus de 500 ans), peuvent desservir le reste du monde avec du GNL.

Et selon l’Association canadienne du gaz, «le GNL devrait jouer un rôle croissant dans l´industrie de l´énergie nord-américaine. Car les progrès de la technologie rendent l’achat de gaz étranger de plus en plus économique, à un coût moindre que le cours local».

Les réserves de pétrole prouvées canadiennes ne sont surpassées que par celles de l’Arabie saoudite. Les sables bitumineux de l’Alberta renferment plus de 174 milliards de barils. Le Canada possède des réserves de charbon de plus de 8 milliards de tonnes et en produit environ 70 millions de tonnes par année. C’est le troisième plus important producteur mondial de gaz naturel, après la Russie et les États-Unis.

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