Quelques dizaines d’élèves autochtones «auto-identifiés» dans nos conseils scolaires

Expériences et valeurs distinctes

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Ces derniers mois, de nombreux débats autour de l’éducation des Premières nations ont traversé l’actualité. Après de nombreux rebondissements, dont la démission du chef national Shawn Atleo, le gouvernement fédéral a décidé de retirer son projet de réforme du système scolaire des enfants autochtones dans les réserves.

Si le degré de contrôle du gouvernement sur les programmes de ces écoles reste indécis, qu’en est-il de l’éducation des élèves issus des Premières nations dans nos conseils scolaires franco-ontariens? L’Express a contacté le Conseil scolaire de district catholique Centre-Sud et le Conseil scolaire Viamonde afin d’en savoir plus.

Auto-identification

Dans chaque conseil scolaire, les parents d’élèves «indiens, inuits ou métis» sont invités à identifier leurs enfants lors de leur inscription en début d’année.

«Les chiffres et les données que l’on va retirer de l’auto-identification vont nous permettre par la suite de pouvoir cibler les régions où l’on a le plus d’élèves autochtones», explique Jo-Anne Doyon, surintendante responsable de ce dossier à Viamonde.

«Pour pouvoir donner un bon service à ces élèves, il faut savoir où ils sont», renchérit Debbie Callan, conseillère pédagogique pour le CSDCCS.

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Mais pourquoi recenser ces élèves en particulier? «Les résultats des études réalisées par l’OQRE (Office de la Qualité et de la Responsabilité en Éducation) montrent que les élèves autochtones sont en moyenne un sous-groupe moins performant que les autres», explique Serge Demers, directeur adjoint aux services de la programmation du CSDCCS. «Nous voulons donc réduire les écarts et favoriser la poursuite d’études postsecondaires pour ces élèves.»

Valeurs autochtones

À Viamonde, 32 élèves seulement ont été identifiés, alors que le Conseil estime sa population issue des premières nations à un peu près une centaine. Difficile d’expliquer ce chiffre avec assurance. Le CSDCCS, quant à lui, a vu son nombre d’auto-identifications tripler en un an, pour atteindre une centaine en début d’année.

Pour Debbie Callan et Serge Demers, c’est d’abord grâce à la mise en place cette année d’une série d’activités et de cours autour de la culture et des valeurs autochtones. «L’idée est de créer un milieu inclusif, où les élèves sont fiers de partager leur culture», explique Debbie Callan.

Dans le nord du territoire du Conseil scolaire catholique (la Baie Georgienne), des élèves ont fabriqué un canoë selon les coutumes Anishinabee, avant de célébrer sa mise à l’eau avec toute l’école.

En douzième et onzième années, les élèves ont la possibilité de suivre les cours «Croyances et valeurs autochtones» et «Valeurs indigènes dans le contexte mondial.»

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Et le gouvernement ontarien fournit, pour sa part, du matériel scolaire et des dotations pour permettre aux écoles d’intégrer la culture des premières nations aux apprentissages dès le plus jeune âge, notamment avec le programme de lecture l’Écho de l’Île de la tortue.
Autant d’initiatives qui permettent aux élèves indiens, inuits ou métis de se sentir à l’aise et entourés.

Partenariats

«Après, on essaye de faciliter la transition postsecondaire en informant les élèves au maximum sur les bourses d’études auxquels ils ont accès, les programmes qui pourraient les intéresser, etc.», explique Debbie Callan.

À cet effet, le Conseil scolaire catholique a conclu de multiples partenariats, notamment avec l’Université laurentienne, le Collège Boréal, les Nations Métis et le département des Affaires autochtones du gouvernement.

Une présence tout au long de la scolarité donc, qui, si elle commence à montrer son efficacité aujourd’hui, est «le fruit de plusieurs années de réflexion et de tentatives de projets», précise Serge Demers. Le conseil scolaire «mise sur l’inclusion». Une formule qui semble fonctionner, au profit de la réussite des élèves autochtones.

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