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Que nous réserve la rentrée scolaire 2020?

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C’était le 13 mars. Le dernier jour de classes traditionnelles en Ontario pour l’année scolaire 2019-20. Les élèves sont partis pour la semaine de relâche et, après l’annonce d’un retour possible prévu pour le 6 avril, le 4 mai, puis le 1er juin, les enfants sont finalement restés à la maison.

Les cours en ligne ont commencé le 6 avril et ont continué jusqu’à la fin du mois de juin.

Ces mesures ont été mises en place dans le cadre du confinement de la province et du pays, dans un effort collectif de freiner la propagation de la CoViD-19.

Le 17 mars, le premier ministre Doug Ford a déclaré l’état d’urgence. Peu après, les commerces et autres lieux publics ont fermé les uns après les autres et le nombre de personnes pouvant se rassembler a diminué rapidement.

Le 19 juin, Stephen Lecce, le ministre de l’Éducation, a demandé aux conseils scolaires de la province de préparer trois modèles pour la rentrée 2020: des cours en ligne uniquement, des classes traditionnelles à temps plein ou un modèle hybride qui combinerait les deux.

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Le ministre a ajouté qu’il n’y aurait pas forcément un plan uniforme pour tous les conseils scolaires étant donné l’imprévisibilité du coronavirus et les taux d’infection qui diffèrent d’une région à l’autre de la province.

Le ministre Stephen Lecce.

Au Québec

Contrairement à l’Ontario, les écoles primaires du Québec, à l’extérieur de Montréal, ont rouvert leurs portes à la mi-mai.

Des mesures de distanciation physique et de nettoyage supplémentaire, sans parler de la limite de 15 élèves par classe, ont été mises en place pour limiter la propagation du virus. Au lieu de séparer chaque enfant, les écoles ont séparé plutôt de petits groupes d’élèves, des bulles, qui devaient respecter une distance de 2 mètres entre eux.

Un tel modèle a l’avantage de pouvoir accommoder un plus grand nombre d’élèves par classe qu’une distanciation individuelle.

Deux semaines plus tard, c’était au tour des enfants des centres de jeunesse et de certains élèves du secondaire qui se préparaient directement pour le marché du travail.

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Les enfants souffrant d’un handicap ou d’un trouble grave du comportement sont retournés, eux aussi, sur les bancs de l’école. Les autres écoles secondaires, les cégeps et les universités sont tous restés fermés.

Pour le mois de septembre, le gouvernement du Québec prévoit un modèle traditionnel avec le retour en classe de tous les élèves. L’Ontario n’a pas encore arrêté sa décision là-dessus.

La problématique au secondaire

Il va sans dire que les écoles primaires et secondaires ne fonctionnent pas de la même façon.

À l’élémentaire, les élèves passent la journée, en général, avec le même enseignant et le même groupe d’élèves et sont, à quelques exceptions près, dans la même salle de classe toute la journée.

Au secondaire, les élèves ont trois ou quatre cours par jour, chacun dans une salle différente avec des professeurs et des élèves différents. Souvent, les professeurs eux-mêmes doivent changer de classe de sorte que trois ou quatre enseignants peuvent partager une seule salle.

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Le nombre d’élèves par classe au secondaire est actuellement de 22,5. Comme il s’agit d’une moyenne, cela veut dire qu’on pourrait avoir des classes de 15 élèves, mais d’autres de 30 ou même davantage, puisque, dans la plupart des conseils scolaires, il n’y a pas de limite au nombre d’élèves qu’on peut avoir dans une classe.

L’âge moyen des enseignants au secondaire est de 58 ans selon Statistiques Canada. C’est un groupe qui est à risque de contracter la maladie.

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Répartition des cas connus de CoViD-19 au Canada par groupes d’âge.

Certains profs du secondaire enseignent des matières spécialisées pour lesquelles il est difficile de trouver des suppléants qualifiés. Si un enseignant, surtout un professeur hautement spécialisé, contractait la CoViD-19 dans une école, on pourrait se demander s’il y aurait des suppléants qualifiés pour le remplacer, et combien de ces suppléants seraient prêts à travailler dans un endroit potentiellement contaminé, en supposant que l’école resterait ouverte.

Mais les enseignants et les autres employés dans les écoles ne sont pas les seules personnes à risque. Au début de la pandémie, on a cru, à tort, que les jeunes étaient moins susceptibles de contracter le virus.

Cela dit, bien des collèges et des universités au Canada vont offrir plus de cours en ligne en septembre et/ou exiger le port obligatoire du masque à l’intérieur de leurs pavillons afin de protéger leurs étudiants et leur personnel.

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Depuis le 7 juillet, le port du masque est obligatoire à Toronto et ailleurs dans la province. Sera-t-il obligatoire à l’école secondaire en septembre étant donné que les écoles figurent parmi les dix endroits comportant le plus de microbes et que, de toutes les professions, ce sont les enseignants qui sont les plus exposés aux germes?

La solution envisagée par le TDSB

Le conseil scolaire public anglophone de Toronto (TDSB) vient de proposer une solution qui n’en est pas une: l’élimination de tous leurs programmes de français langue seconde.

Ils font allusion aux millions de dollars qui leur seront nécessaires et aux milliers d’enseignants qu’ils devront embaucher pour respecter une limite de 15 élèves par salle. Ils mentionnent aussi la pénurie d’enseignants qualifiés en français pour justifier leur décision.

Par contre, ils passent sous silence le manque d’espace dans leurs écoles pour toutes ces nouvelles classes. Des salles de classe portatives ne remédieraient pas au problème puisque la portative moyenne ne mesure que 768 pieds carrés, ce qui est nettement insuffisant pour 15 élèves qui doivent respecter la distanciation physique.

Par ailleurs, le TDSB semble ignorer que de nombreuses écoles n’existent que grâce au programme d’immersion, qui est extrêmement populaire. Et, auraient-ils oublié par hasard que le français-cadre fait partie intégrante du curriculum de l’Ontario au même titre que d’autres matières comme l’anglais, les maths et les sciences?

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Le pour et le contre de l’apprentissage en ligne

Un petit sondage fait auprès d’un échantillon d’élèves du secondaire a révélé qu’ils ont apprécié la flexibilité que leur offraient les cours à distance.

En général, les enseignants mettaient le travail en ligne le lundi et les élèves le remettaient le vendredi. De cette façon, les enfants pouvaient organiser eux-mêmes leur semaine de travail, ce qui a facilité de beaucoup la vie des familles disposant d’un seul ordinateur à la maison.

De plus, bien des élèves ont trouvé intéressantes les tâches qu’ils avaient à faire et les projets d’évaluation. Beaucoup de profs se sont servis des cours en ligne qui avaient été préparés par le ministère de l’Éducation. Même si ces sites proposent surtout des activités, sans ressources supplémentaires ni tâches d’évaluation, outils que les enseignants doivent chercher ou créer eux-mêmes, les exercices ont de quoi piquer l’intérêt des jeunes.

Ce qui a manqué le plus aux élèves, c’était le travail en groupe en classe, les explications en personne du professeur et la possibilité d’avoir des réponses immédiates à leurs questions.

On pourrait dire que l’apprentissage en ligne a forcé quelques jeunes à être plus organisés, plus responsables et plus indépendants.

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Plusieurs élèves du secondaire ont aimé leur expérience d’apprentissage en ligne.

Le masque pour tous

Le port du masque pour tous et un modèle hybride sembleraient être les meilleurs moyens d’assurer une rentrée 2020 en toute sécurité pour les élèves du secondaire.

Il est illogique d’avoir une politique de masque obligatoire dans tous les lieux publics sans l’imposer à l’école où le risque de contagion est très élevé. De plus, un tel modèle éviterait des mesures extrêmes comme celle proposée par le TDSB.

À l’école élémentaire, où les déplacements et les contacts sont plus faciles à contrôler, un retour en classe de tous les élèves, avec une distanciation physique entre petits groupes d’enfants et toutes les mesures de désinfection, pourraient être des solutions envisageables.

Mais encore là, je crois que le port du masque, surtout à l’intérieur, devrait être obligatoire. Tant les élèves que les professeurs et autres employés des écoles sont vulnérables à la CoViD-19, sans parler des membres de leurs familles respectives.

Ce coronavirus ne respecte ni âge, ni profession, ni lieu de travail et, malgré les cas de moins en moins nombreux dans la province, la CoViD-19 reste un mystère et n’a certainement pas dit son dernier mot.

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