Quatre garçons victimes de violence sexuelles

livre, littérature, roman, essai
Sandrine Beau, Le jour où je suis mort, et les suivants, roman, Bruxelles, Alice Éditions, 2020, 168 pages, 22,95 $.
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«Je m’appelle Esteban. De mes onze ans à mes quinze ans, j’ai été violé.»

«Saphir s’était brutalement réveillé. Une main était plongée dans son boxer.»

Biscotte se demande s’il n’est pas un peu responsable de ce qui lui arrive. «Ou complètement responsable? C’est ma faute si c’est arrivé?»

Lenny avait honte de ce que Gilbert lui faisait. «Il était tellement adorable. Tellement au-dessus de tout soupçon. Et pourtant, chaque semaine, il me violait… Deux fois par semaine.»

Vie infernale

Dans Le jour où je suis mort, et les suivants, roman dont l’action se déroule en France, Sandrine Beau décrit la vie infernale de ces quatre jeunes garçons, chacun en prise avec un mal-être qu’ils tentent tant bien que mal de dire ou au contraire de cacher.

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Victimes de violences sexuelles, les quatre jeunes extériorisent ce mal commun différemment, mais on en mesure toute l’ampleur et toutes les conséquences en s’immergeant dans le quotidien et l’intimité de Saphir, Biscotte, Esteban et Lenny.

Secrets

Saphir n’arrive pas à dire à voix haute «il me touche, il fait des choses qu’il ne devrait pas faire.» Mais pourquoi ne dit-il rien? La réponse est poignante: «le dégoût, la honte, pas envie que ça se sache».

L’autrice explique avec brio cette «peur qu’ils devinent», sous-jacente chez chaque jeune victime.

Lenny aime bien Gilbert car il est drôle et gentil. Gilbert s’intéresse à lui, comme s’il était une personne aussi importante qu’un adulte. Mais voilà que Gilbert s’arrange pour glisser quelque chose dans la poche arrière du jean de Lenny… et de caresser le petit cul.

Honte

Gilbert offre des cadeaux prisés (jeux vidéo, console, téléphone intelligent), l’invite sur son bateau pour une fin de semaine et partage son lit pour avoir «droit à un petit cadeau quand même».

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Lenny a honte de ce que le porc lui fait. Il en veut à ses parents qui ne voient rien. Gilbert le rassure: «C’est notre petit secret. Si tu parles, ta mère va mourir de tristesse. Avoir un fils homo, c’est dur pour une maman… Tu sais, on est pareils, toi et moi.»

Lenny ne croit que le porc et lui sont pareils. Mais les mots de Gilbert le font douter, le font vaciller, scellent ses lèvres pour toujours. «J’ai très vite compris que ça continuerait, sans jamais s’arrêter, et que je mourrais avec mon secret.»

Esteban voit une toile se tisser autour de lui par le monstre qui, lui, «prenait l’apéro en racontant des blagues à ses parents, juste après l’avoir violé». Il s’imagine qu’on va penser qu’il a aimé ça puisqu’il n’a rien dit pendant toutes ses années.

Peur d’être étiqueté

Sandrine Beau lève le voile sur cette peur d’être catalogué comme homosexuel. Être choisi par un prédateur veut-il dire qu’on est soi-même attiré par les hommes…? Esteban reste silencieux à cause de la honte qu’il ressent et du sentiment de culpabilité qui l’habite.

«Un criminel pouvait continuer à vivre sa vie, comme si de rien n’était, pendant que sa victime avait la sienne détruite pour toujours.»

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Biscotte est violé par de jeunes fiers à bras. Il a peur de vivre avec son secret. «Tout le temps ce même film dégueulasse dans la tête.» Biscotte se dit qu’il n’est plus un vrai mec puisque «ça m’est arrivé à moi». Il ne croyait pas que cela pouvait se passer entre garçons, mais la réalité lui prouve le contraire.

Une série pour les jeunes

Publié à Bruxelles, cet ouvrage inclut une série de contacts en France, en Belgique et au Canada, susceptibles de venir en aide aux jeunes victimes de violences sexuelles.

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