Quand la ville des papes fait son théâtre

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À l’intérieur des remparts, l’austère Palais des Papes, contemple impassible, l’agitation qui s’est emparée de la ville. Pendant le mois de juillet, Avignon s’est abandonnée à la fièvre de son célèbre festival de théâtre.

Que reste t-il aujourd’hui de ce tranquille rocher des Dômes qui se contemplait il y a quelques milliers d’années dans les eaux opaques du Rhône? Un peu d’ombre dispensée par les grands arbres qui bordent le bassin artificiel près d’une terrasse de café?

Se souvient-on seulement qu’au XIIIe siècle, du haut de cette promenade un évêque imagina qu’un pont par-dessus le Rhône reliant Avignon à la rive, serait un moyen – sinon de renflouer les caisses de la ville en en faisant payer le passage – de développer des liens commerciaux et culturels avec l’extérieur.

Au XIVe siècle, les papes qui se succédèrent dans le célèbre palais, et notamment Clément VI, accueillirent et favorisèrent la présence de nombreuses troupes de théâtre et des troubadours, installant ainsi plusieurs siècles après les Grecs un engouement pour les représentations publiques.

Mais c’est véritablement au XVIIe siècle, qu’Avignon devint un tremplin culturel avec son propre théâtre que Molière vint honorer de sa présence et qui jamais ne désemplit.

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La scène artistique nécessita la construction d’un autre théâtre, plus grand, mieux équipé en acoustique et davantage convivial. Dès lors, la ville fut le haut lieu artistique et la Provence avait enfin sa ville phare en matière de scène théâtrale.

En 1947, le célèbre comédien et metteur en scène sétois Jean Vilar se voit proposer par René Char Yvonne et Christian Zervos, d’animer une semaine d’art dramatique dans la ville d’Avignon. Ce projet fut le coup d’envoi d’un projet d’envergure que Jean Vilar allait créer et instaurer dans le temps. Ainsi naquit le festival de théâtre d’Avignon.

Un rassemblement des gens de la scène, présentant au mois de juillet un répertoire des grands classiques du théâtre ainsi que de nouvelles créations devint rapidement l’un des rendez-vous culturels les plus importants de la seconde moitié du XXe siècle.

L’interprétation du Cid en 1951 par Gérard Philippe, dans la Cour d’honneur du Palais des Papes, donne un élan historique à la manifestation.

Aujourd’hui

Aujourd’hui, à l’intérieur des remparts, au pied de l’imposant Palais des Papes, la ville est chauffée à blanc. Les touristes venus se repaître d’Histoire, se laissent entraîner dans le joyeux tourbillon créatif qui fait vibrer Avignon chaque mois de juillet.

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Cracheurs de feu, jongleurs, acrobates accrochent l’œil à chaque angle de rue, tandis que la curiosité virevolte d’un poster à l’autre, recouvrant murs et monuments de la ville.

La place de l’horloge sature de monde et on se laisse happer par les jeunes talents avides de nous faire découvrir leurs nouveaux spectacles en en faisant la publicité de façon fort enjouée et originale, déclamant en costume leur partie du programme.

Les pièces majeures ou les créations des grands talents du théâtre jouent à guichets fermés dans les murs du Palais des Papes, les cours intérieures et les salles de théâtre.

Plus de 400 spectacles sont présentés et joués à Avignon chaque année. Une occasion unique de voir et revoir ses classiques, mais aussi de découvrir ce qui se crée aujourd’hui sur la scène française, du monologue au mime en passant par des pièces originales aux thèmes tour à tour drôles et tragiques.

L’opportunité aussi de rencontrer dramaturges, comédiens et metteurs en scène qui se retrouvent aux terrasses des cafés, dans la galerie du cinéma indépendant Utopia ou après chaque représentation.

Avignon en été, bien davantage qu’une incursion dans l’Histoire, un plaisir culturel, intellectuel et ludique qu’on aurait vraiment tort de bouder.

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