Portrait des francophonies boréales

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L’Institut canadien de recherche sur les minorités linguistiques vient de rendre publique une étude sur les francophonies boréales, c’est-à-dire les membres des trois communautés qui, dans le monde, sont le plus au nord: les Franco-Yukonnais, les Franco-Ténois et les Franco-Nunavois. L’étude démontre que ces communautés s’institutionnalisent progressivement et que cela donne lieu à une professionnalisation au sein des organismes qui œuvrent en économie, en culture et en santé.

Intitulée La francophonie boréale: la vitalité des communautés francophones dans les territoires, cette étude a été menée en partenariat avec le ministère du Patrimoine canadien et le Commissariat aux langues officielles. On y apprend que la francophonie, au départ fragmentée, s’est progressivement organisée autour des activités commerciales typiques (industrie minière) et autour de paroisses consolidées par la présence des missionnaires oblats et des religieuses. Ce développement, plus contemporain à celui des provinces au sud, «a mené à d’autres vagues migratoires vers ces territoires riches de ressources naturelles et minières».

L’exploitation des ressources naturelles des territoires a attiré une main-d’œuvre qualifiée venant de tous les coins du Canada, dont le Québec. «L’emploi, bien rémunéré dans le nord, est constitutif de l’attraction de ces francophones de passage à différents stades de leur carrière.» Ils se sont regroupés, ont formé de petites communautés et ont exigé des services en français, d’abord en éducation, puis en santé et en culture.

Les auteurs de La francophonie boréale notent que les dynamiques territoriales, dont la communauté francophone est partie prenante, sont liées au développement de l’appareil administratif des territoires. C’est le gouvernement fédéral qui a dévolu un pouvoir aux territoires et sa Loi sur les langues officielles s’applique, tout comme le Charte des droits et libertés, notamment l’article 23. Cela a donné lieu à certains litiges et procès au Yukon et dans les Territoire du Nord-Ouest. Il n’y a pas eu de procès au Nunavut «car ce récent territoire est occupé à la mise en œuvre de sa Loi sur les langues officielles et a une démarche assez inclusive envers les francophones».

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L’étude précise que le roulement du personnel au sein du milieu associatif francophone, comme au sein de l’appareil gouvernemental, ainsi que la petite taille de la population francophone, représentent de sérieux défis pour maintenir des services en français.

«Malgré tout, les trois communautés ont réussi à développer leur capacité organisationnelle au fil des décennies. La création des associations francophones, la fondation des écoles et des garderies de langue française, la mise en place de plusieurs organismes à vocation économique, culturelle et en santé, ainsi que le développement des médias communautaires témoignent de l’institutionnalisation progressive des communautés francophones dans le nord.»

Enfin, l’étude souligne que les acteurs francophones des territoires ont pu compter sur l’appui et l’expertise de réseaux ou de programmes pancanadiens destinés aux francophones en situation minoritaire, ainsi que d’organismes nationaux qui veillent aux intérêts des minorités de langue officielle. «C’est l’ensemble de cette dynamique sociale, politique et culturelle qui participe ainsi au renforcement de la vitalité de la francophonie boréale», concluent les auteurs.

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