Piaf/Dietrich chez Mirvish: l’histoire d’une rencontre entre Louise Pitre et Édith Piaf

Louise Pitre dans le rôle d'Édith Piaf dans la production Mirvish «Piaf/Dietrich» à Toronto. Photos: Cylla Von Tiedemann.
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Au Théâtre CAA du groupe Mirvish à Toronto (l’ancien Panasonic au 651 Yonge) se joue jusqu’au 22 décembre une pièce de grandes dames, Piaf/Dietrich, une affaire légendaire.

Lorsque le rideau s’ouvre, on est d’emblée plongé dans une atmosphère du début du 20e siècle. Dietrich chante, Piaf lui emboite le pas et, avec peu de matériel, on observe la rencontre des deux femmes, à l’ombre de leur notoriété.

Si l’on connaissait leur amitié, le spectacle nous plonge dans l’intimité de ces personnalités publiques de l’époque, tout en retrouvant leurs plus grands succès, la vie en rose, Where Have All The Flowers Gone ou encore Milord.

L’histoire de leur amitié est dévoilée au travers des moments marquants de la vie des deux femmes, que la mort d’Édith Piaf laisse finalement liées à jamais.

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L’Express s’y est rendu et a interviewé la Franco-Ontarienne Louise Pitre, qui interprète d’Édith Piaf.

Connaissiez vous cette relation entre Édit Piaf et Marlene Dietrich? 

On sait qu’elles étaient amies. Mais nous avons pris de la liberté dans ce spectacle, car nous ne savons pas si elles ont été amantes. Beaucoup l’on pensé, car Marlene Dietrich n’avait aucun mal à évoquer sa bi-sexualité, et que les deux partageaient un appartement à New York. 

Au cours des répétitions, nous avons fait beaucoup de recherches pour faire grandir le spectacle et nous avons découvert qu’elles ont eu des chicanes très fortes, qu’elles étaient à la fois amies et ennemies. 

On a retenu que Dietrich avait gardé un bout de papier sur lequel Piaf lui avait écrit son amour, découvert sur sa table de chevet, à sa mort. C’est une amitié profonde, une histoire d’amour entre deux amies, deux femmes aux vies publiques.

Louise Pitre (Piaf) et Jayne Lewis (Dietrich) dans la production Mirvish. Photos: Cylla Von Tiedemann.

Comment le scénario est venu jusqu’à vous? 

J’ai déjà travaillé avec le metteur en scène du spectacle en Floride. Nous cherchions un spectacle à écrire pour Mirvish, qui souhaitait que je travaille avec eux. 

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J’ai déjà interprété Piaf auparavant, dans plusieurs spectacles, notamment De Piaf à Mamma Mia. C’était une évidence: le rôle m’était destiné.

Est ce difficile d’interpréter Piaf? 

Je ne cherche pas à l’imiter, je tente de m’approcher le plus de son style mais jamais de lui ressembler. C’est une chanteuse à la voix inimitable. 

Je me rends compte, depuis que je joue le spectacle, que je pourrais chanter toute ma vie comme ça, je suis faite pour cette voix. La comédie musicale demande de chanter parfois trop haut ou trop bas, de toujours pousser la voix dans ses retranchements, alors que Piaf, chantait à sa manière, mettant beaucoup d’émotions dans son interprétation, sans forcer sur sa voix. 

En jouant Piaf, je me dis que je pourrais toujours chanter comme ça. 

Louise Pitre

Vous êtes vous inspirée de Marion Cotillard dans le film La Môme? 

J’ai vu le film lorsqu’il est sorti, je l’ai adoré, mais je ne l’ai pas revu depuis. L’actrice est incroyable et le rendu est plus authentique qu’une production d’Hollywood, j’apprécie cela. 

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Mais je dois avouer que pour jouer Piaf, je prends un peu de liberté. Je l’interprète à ma manière, j’accentue surement ses traits tout en tenant compte de ses travers, lorsqu’elle boit, se drogue, ses moindres faits et gestes sont différents.

Que représente Piaf pour vous ?

L’abandon suprême. 

Sur scène, c’est elle qu’elle offre au public. Dans toute son être. Elle ne se retient jamais, chante à 100%, laisse aller sa voix. Elle donne son coeur à la chanson et à la musique.

Votre chanson préférée de Piaf? 

Je dirais d’abord Mon Dieu, car cette chanson me brise le coeur, chaque fois que je la chante ou que je l’entends. 

Mais il y a aussi Non je ne regrette rien, qui est très bien mise en scène dans le spectacle qui se joue en ce moment. Cette chanson me fait penser à ma mère, lorsqu’elle m’a vu en concert, elle a beaucoup aimé me voir jouer cette chanson, me disant que j’avais l’air défiante lorsque je l’interprétais. 

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Jayne Lewis

Comment trouvez vous le public torontois ? 

Ici, le public est interessant. Je trouve une différence entre mes publics, car la comédie musicale est très sensible à son public. Ici, les gens sont calmes comparés aux Québecois qui vivent le spectacle avec plus de passion. 

Certes, cela s’explique par le fait qu’au Québec je joue devant un public francophone. Mais, par exemple à New York, lorsque je me produisais sur une scène de Broadway, le public était là aussi plus ouvert, car c’est un public éduqué à la comédie musicale pourrait-on dire. 

Quel est votre plus beau souvenir de scène? 

C’est une question très difficile. Mais je dirais que ce fut lors de la première des Misérables à Toronto. Mes parents étaient dans la salle, je les voyais depuis la scène et ce fut comme un accomplissement. 

Ce soir là au théâtre Royal Alexandra, nous avons su que j’étais faite pour ça et je les remerciais sur scène, car c’est grâce à eux que je fais ce métier. 

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Avez vous des projets pour l’avenir? 

Fin février/début mars, je serai de retour à Montréal pour interpréter le spectacle que nous avons créé avec mon mari, The Time They Are A Changin’, sur la musique des années 60. 

Et le Théâtre du Nouveau Monde voudrait faire vivre le spectacle Piaf/Dietrich au Québec, le produire entièrement en français sur une scène de Montréal notamment. 

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