Pense que tu es forte et tu seras forte

Partagez
Tweetez
Envoyez

Publié 14/02/2012 par Paul-François Sylvestre

Marguerite Andersen a six petites-filles et elle a décidé de construire trois récits biofictionnels à partir de leurs quotidiens, sans oublier celui de son petit-fils qui «survient de temps à autre dans la vie des trois protagonistes». Ce récit s’intitule La vie devant elles et se loge à l’enseigne de la devise «Pense que tu es forte et tu seras forte».

Isabelle, Ariane et Claire sont parfois habitées par le doute, mais surtout propulsées par leurs désirs et la force de leur caractère.

On les voit s’engager sur le chemin de la vie, de l’amour et du voyage. Isabelle est possédée par le désir de tout comprendre; Ariane semble débordée par le mariage, la maternité et les études; Claire se montre toujours responsable.

En fabriquant le récit de ces trois femmes, Marguerite Andersen s’est demandé si la vie peut avoir «plusieurs voies tracées sur une même route».

De toute évidence, la romancière s’est rendu compte que la vie familiale renferme plein de non-dits, des Nœuds de vipère, pour reprendre l’expression de François Mauriac.

Publicité

En lisant La vie devant elles j’ai appris quelque chose que j’ignorais complètement au sujet des Franco-Ontariens ambitieux.

Paraît qu’ils sont nombreux à «choisir d’étudier à McGill». J’ai aussi appris qu’à Toronto, «quand on ne vit pas à cent pour cent en français, les mots nous manquent parfois». Et à Kingston, Daniel Poliquin côtoie Montesquieu, Maupassant, Molière et Gabrielle Roy dans un cours de français. Bravo! Ariane a un mari togolais et Claire est lesbienne.

Occasion en or pour l’auteure de dénoncer le racisme et l’homophobie.

C’est la première fois que j’ai vue l’homosexualité décrite comme «le fameux crime inter christianos» que les chrétiens ne sauraient nommer. Je veux bien que Claire fasse «son coming out», mais pourquoi pas sa sortie du placard?

Dans la famille de Marguerite Andersen «on a la Wanderlust, la perpétuelle envie de voir le monde». Pas étonnant, donc, que La vie devant elles nous invite dans quelques coins gastronomiques de Berlin et nous propose une visite de l’Inde, à la manière du guide Ulysse.

Publicité

Il y a fort à parier que Marguerite Andersen ne savait pas ce qu’elle allait dire quand elle a entamé ce manuscrit. Pourquoi?

Parce que «si on savait quelque chose de ce qu’on va écrire, avant de le faire, avant d’écrire, on n’écrirait jamais. Ce ne serait pas la peine.» Dixit Marguerite Duras dans Écrire. Ce sont presque les derniers mots de La vie devant elles.

Marguerite Andersen, La vie devant elles, récit, Sudbury, Éditions Prise de parole, 2011, 270 pages, 21,95 $.

Auteur

  • Paul-François Sylvestre

    Chroniqueur livres, histoire, arts, culture, voyages, actualité. Auteur d'une trentaine de romans et d’essais souvent en lien avec l’histoire de l’Ontario français. Son site jaipourmonlire.ca offre régulièrement des comptes rendus de livres de langue française.

Partagez
Tweetez
Envoyez
Publicité

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur