Pénélope Bagieu fascinée par la muse des années 60

Entrevue avec la bédéiste française au TCAF

La bédéiste française Pénélope Bagieu.
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Pénélope Bagieu aime les histoires fascinantes, comme celle de la célèbre chanteuse Cass Elliott, du groupe légendaire des années 60 The Mamas & The Papas. Avec son roman biographique au crayon noir California Dreamin’ (Gallimard), la jeune Française installée à New York était de passage le week-end dernier à la Bibliothèque de référence de Toronto pour le Toronto Comics Art Festival, qui mettait en avant plus de 400 auteurs de partout.

Pénélope Bagieu est connue et reconnue en France, grâce à son blogue BD Ma vie est tout à fait fascinante. Elle a été faite chevalier des Arts et des Lettres en 2013, à l’occasion du 40e festival international de la bande dessinée d’Angoulême.

California Dreamin’, Cass Elliot before The Mamas & The Papas raconte l’histoire d’une jeune femme, Ellen Cohen, déterminée à devenir chanteuse et qui réalisera son rêve sous le nom de Cass Elliot, mais qui mourra à l’âge de 32 ans.

Deux planches de 'California Dreamin' de Pénélope Bagieu.
Deux planches de California Dreamin de Pénélope Bagieu.

Femme de caractère

Ellen Cohen elle est née en 1941 à Baltimore. Sa corpulence et son culot ont fait d’elle une femme de caractère, prête à tout pour devenir célèbre.

«The Mamas & The Papas, c’était le groupe de mon enfance, on l’écoutait dans la voiture de mes parents, la cassette audio faisait carrément partie de la voiture», raconte Pénélope Bagieu à L’Express. «Mama Cass, chanteuse à la voix extraordinaire, semblait si joyeuse, si cool, elle avait beaucoup d’amis, c’était une femme forte et bonne,  ça me fascinait.»

La BD retrace le parcours de la jeune femme avant de devenir membre du groupe. «Faire la biographie de personnes connues ne m’intéresse pas», explique Pénélope; «son parcours de vie et le chemin emprunté pour y parvenir m’intéressaient; c’était Ellen qui m’intéressait.»

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Dans les années 50/60, devenir célèbre en affichant un surpoids était chose difficile. «Tout le monde pense que c’est plus dur aujourd’hui, mais je ne pense pas. Cela l’était plus avant!», insinue la bédéiste. «Cass était un modèle de réussite pour les femmes, elle a su faire front».  En effet, à 19 ans la chanteuse partait pour New York et forçait les portes.

«J’aime les plans B, et Mama Cass était un plan B, elle est devenue célèbre, non pas malgré son apparence, mais grâce à son apparence.»

Modèles féminins

L’histoire de la chanteuse ne surprend pas la jeune dessinatrice: «Ado elle s’inventait une vie, elle était pétrie de chagrin et de doutes, d’insécurité. Il devrait y avoir un film sur elle». Pénélope Bagieu ajoute: «La vie n’allait pas l’aider, alors elle s’est bougé les fesses pour avancer». Si ça peut servir d’exemple pour toutes les jeunes filles, l’artiste en serait ravie.

Pour la bédéiste: «C’est difficile de se projeter si on n’a pas de modèles féminins: la représentation des femmes est essentielle. Je ne vois pas un monde où l’on grandit pendant 30 ans sans modèle féminin dans la BD.» Heureusement, la diversité sous toutes ces formes est en essor dans la bande dessinée d’aujourd’hui.

Le Toronto Comic Arts Festival 2017, qui témoignait de cette diversité, a accueilli plus de 20 000 visiteurs.

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