Paulette Collet: 40 ans de théâtre français à Toronto

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Publié 20/06/2006 par Hédi Bouraoui

Ceux et celles qui connaissent Paulette Collet – et même ceux et celles qui ne la connaissent pas – se régaleront en lisant l’autobiographie qu’elle vient de publier. Ce merveilleux ouvrage relate un parcours haut en couleurs: celui de 40 ans de mises en scène et de productions théâtrales à Toronto.

Paulette Collet a le talent de romancière, en plus de celui d’artiste. Son style classique et dépouillé dévoile un esprit subtil et ludique qui rend les anecdotes et les pans de vie colorés et vivaces. Le livre est divisé en six chapitres, allant de l’enfance dans les années 30 en Belgique, jusqu’à une «retraite en douce».

À la fin du livre, l’auteure nous fournit le titre des pièces et les dates de toutes les représentations théâtrales qu’elle a montées avec ses étudiants de l’Université de Toronto (Collège Saint-Michel), de 1969 jusqu’à 2005.

Puis ce sont les membres de sa Troupe des anciens qui défilent, avec des annotations sur le rôle qu’ils ont joué. Viennent ensuite les témoignages, unanimes dans leurs éloges puisque les intervenants s’accordent tous pour souligner l’enthousiasme et la passion de Paulette Collet dans tout ce qu’elle entreprend.

En effet, elle a toujours été une inspiratrice pour les jeunes et les moins jeunes qui ont la chance et le bonheur de travailler avec elle. La fin du livre est joliment illustrée par des photos en couleur de certains personnages ou de certaines scènes.

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La Belgique

Attachantes la naissance et la vie de Paulette en Belgique. Elle décrit avec force détails son désir d’être actrice et le refus de son père, patriote de la Première Guerre Mondiale, qui déclare: «Je ne veux pas que ma fille meure sur un grabat» (p. 15).

Paulette Collet illustre son livre de photos de famille: ses parents le jour de leur mariage (1925), elle, «petite poseuse de quatre ans», en robe de communion, ses études à Verviers, une lettre à ses grands-parents, et le grand théâtre de sa ville.

Le décès tragique de sa mère a laissé dans sa vie un vide qui sera marquant. À l’approche de la Seconde Guerre mondiale, sa famille l’emmène en Angleterre pour fuir l’occupation allemande.

L’Angleterre

Dans le deuxième chapitre, elle narre son adolescence en Angleterre dans les années 40, où elle s’est «égarée en littérature» alors qu’elle aurait dû se spécialiser en psychologie. Quand elle fera le choix d’être enseignante, elle se dira, «N’étais-je pas dans un théâtre?»

Sa vocation théâtrale va en s’affirmant, surtout en consacrant son temps à la phonétique et à l’enseignement du français, comme à Kansas State Teachers College, ou à Port-Louis, capitale de l’île Maurice.

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Dans le troisième chapitre elle passe en revue son enseignement à l’île Maurice. De là, elle s’embarquera pour le Nouveau Monde, et viendra au Canada où elle fera, à l’Université Laval, une thèse de doctorat ayant pour sujet: «La Nature dans le roman canadien français».

Toronto

Elle enseignera ensuite au Collège Saint-Michel de l’Université de Toronto. Elle est trop modeste pour le dire, mais tout le monde sait que ses étudiants adoraient son enseignement de la littérature aussi bien que du théâtre.

Au quatrième chapitre Paulette Collet traite des années 60, et de son engagement profond pour la mise en scène et la production théâtrale. Même si elle a passé sa vie à nomader à travers les cultures et les pays, elle s’établit définitivement à Toronto. Et c’est là qu’elle s’épanouit personnellement et professionnellement, montrant au monde ce dont elle est capable.

Elle a toujours eu le talent d’extraire de ses élèves amateurs le meilleur d’eux-mêmes. Surtout lorsqu’on sait que la plupart de ses acteurs ne possèdent le français qu’en langue seconde. Même à la retraite, à partir de 1992, elle a toujours refusé d’être mise au «rancart».

Elle continue à nous régaler, en nous montrant dans ce livre pittoresque, la vie sur les planches et tout ce qui se trame dans les coulisses, avec un regard non sans humour de l’avant-scène à l’arrière scène. Meilleurs souhaits et longue vie à ce professeur généreux de son temps, de sa science, de son grand art de comédienne et de metteur en scène..

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Les lecteurs trouveront sûrement beaucoup de plaisir à lire ce livre, écrit d’une plume agile bien agréable. Comme moi, ils attendront, avec impatience, la prochaine production de Paulette Collet.

Paulette Collet. Quarante ans de théâtre français à Toronto. Toronto: AnthropoMare, 2006. 130 pages.

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