Oslo: dans les coulisses des négociations israélo-palestiniennes

Au théâtre CAA de Mirvish jusqu'au 3 mars

Studio 180

Omar Alex Khan, Sanjay Talwar, Alex Poch-Goldin, Jonas Chernick, Marla McLean dans OSLO. (Photo: Cylla von Tiedemann)


16 février 2019 à 12h00

Me voici à la St-Valentin, assis avec ma bien-aimée dans une salle remplie à craquer du théâtre CAA de Mirvish (l’ancien Panasonic sur Yonge au sud de Bloor), à attendre que le rideau se lève sur Oslo, cette pièce de J.T. Rogers mise en scène par Joel Greenberg, à l’affiche jusqu’au 3 mars.

Oslo – le nom donné à une série de pourparlers de paix israélo-palestiniens qui ont suivi un premier accord en 1993 – est une oeuvre socio-politique ou politico-historique, selon votre point de vue.

La pièce couvre la période de 1967 à 2004 pendant laquelle Israéliens, Palestiniens et alliés ont discuté d’une éventuelle reconnaissance mutuelle censée mener à une paix durable.

Les coulisses de la diplomatie

Pièce en deux actes, Oslo est montée sur une scène des plus simples aux décors très sobres, à travers desquels les acteurs se lancent dans des échanges vivants et captivants.

Basé sur des faits historiques, le récit vous transporte à travers les années de négociations en coulisses qui ont commencé par la création de l’Autorité palestinienne, mais qui n’ont pas encore, à ce jour, abouti à la reconnaissance par tous d’un État palestinien.

Studio 180
Jonas Chernick et Mark McGrinder dans OSLO. (Photo: Cylla von Tiedemann)

Mise en scène efficace

Je n’ai rien d’un critique de théâtre, mais voici tout de même mon opinion de spectateur.

Tout d’abord, la scène, dans toute sa simplicité, se prête fort bien à l’action. Les acteurs entrent et sortent en toute douceur et les changements de décor s’exécutent par simple réduction de l’éclairage et l’aide des acteurs eux-mêmes. Tout se passe sans heurt.

Les acteurs échangent avec grande fluidité et savent maintenir l’intérêt du spectateur tout au long des deux heures.

Studio 180
Geoffrey Pounsett, Jonas Chernick et Amitai Kedar dans OSLO. (Photo: Cylla von Tiedemann)

Humanité et humour

Bien que le sujet soit un peu lourd, les producteurs ont su inclure plusieurs scènes «humaines» dans les  échanges politiques. C’est ainsi qu’on alterne constamment entre les difficultés des négociations et les plaisirs de la détente entre humains et non adversaires.

L’auteur insère de nombreuses pointes d’humour qui allègent grandement le dialogue, et il sait jouer avec les émotions qui deviennent autant intenses que divertissantes. L’auditoire a pouffé de rire à plusieurs reprises.

Studio 180

Créée à Londres en 2017 et raflant cette année-là le prix de la meilleure pièce dans plusieurs galas, Oslo est à voir si vous vous intéressez à ces événements historiques et à leur dimension socio-politique.

Langage grossier

Ce que j’ai moins aimé et trouvé plutôt superflu, c’est le langage grossier qui ne reflète pas vraiment le caractère d’un ministre des Affaires étrangères. Mais ça, on vous en avertit dans le programme.

Treize excellents comédiens jouent dix-neuf personnages. Leur interaction fait preuve d’un grand professionnalisme, ce qui aide vraiment à retenir notre attention et à maintenir le suspense tout au long de l’histoire.

Oslo est à voir, vous n’en sortirez pas déçu.

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