On veut voir des francos à la télé!

Selon le commissaire aux langues officielles Graham Fraser, le fédéral devrait encourager la production télévisuelle en milieu minoritaire

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Publié 20/01/2009 par l-express.ca

Le 8 janvier dernier, le Commissariat aux langues officielles a rendu public son étude sur la production télévisuelle au Canada. De ce rapport découlent 11 recommandations pour appuyer davantage la production télévisuelle provenant des communautés minoritaires francophones et anglophones au Canada.

«Les diverses institutions fédérales concernées par la production télévisuelle doivent redoubler d’efforts pour que la production et la diffusion d’émissions télévisuelles originales canadiennes puissent contribuer pleinement au développement des communautés francophones et anglophones en situation minoritaire», a déclaré Graham Fraser, suite à la publication de cette étude.

«Cette étude, Ombres sur le paysage télévisuel canadien: Place du français sur les ondes et production en contexte minoritaire, nous permet de constater les avancées de la production télévisuelle et cinématographique provenant des communautés minoritaires francophones et anglophones du Canada, tant au niveau du volume, de la variété, de la qualité des productions que de l’impact économique qu’elles génèrent, a souligné le commissaire. Les défis restent cependant importants.»

Parmi ces défis à relever, l’étude mentionne l’éloignement des centres de décision, le sous-développement de leurs infrastructures et le manque de fonds. Les 11 recommandations du rapport avancent certains gestes que pourraient poser Patrimoine canadien, le CRTC et Radio-Canada pour appuyer davantage la production télévisuelle des communautés de langue officielle.

Le commissaire demande notamment au CRTC de préciser la notion de «reflet régional» qu’il utilise pour imposer des obligations aux diffuseurs. Il aimerait voir établir une distinction entre la production d’émissions régionales de langue officielle majoritaire et de langue officielle minoritaire. Cette distinction devrait être prise en compte lors de l’examen des demandes de licences.

L’étude porte sur l’industrie de la production télévisuelle canadienne et répond à trois objectifs principaux:
• Faire état de la production de matériel télévisuel (de la conception à la diffusion) en provenance des communautés de langue officielle en milieu minoritaire et déterminer les principaux obstacles auxquels font face les producteurs;
• Vérifier la place réservée à la langue française dans l’industrie de la production télévisuelle canadienne et sur les ondes, notamment en ce qui concerne les émissions jeunesse et le doublage;
• Faire des recommandations au gouvernement fédéral, afin d’assurer le développement continu d’une industrie de la production télévisuelle en milieu minoritaire et l’épanouissement de la langue française sur les ondes de la télévision canadienne.

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Le commissaire aux langues officielles estime que l’étude propose des façons d’enrichir et de diversifier le paysage télévisuel canadien. De plus, l’application des mesures proposées permettrait aux institutions fédérales de respecter leurs obligations de prendre des «mesures positives» à l’égard des communautés francophones et anglophones en milieu minoritaire et de faire la promotion des deux langues officielles.

Les recommandations de cette étude ont réjoui l’Alliance des producteurs francophones du Canada (APFC).

«Parmi les recommandations du commissaire, nous retenons celle qui invite le CRTC à définir les engagements minimums que doivent prendre les grands télédiffuseurs afin de mieux refléter les réalités de nos communautés à leur antenne, et ce, en inscrivant ces engagements à même les conditions de licences de ces télédiffuseurs», note Mark Chatel, président de l’Alliance.

Le commissaire souligne aussi l’importance d’encourager la création et la diffusion d’émissions originales en français d’adressant aux jeunes et aux enfants. «La construction identitaire des jeunes francophones en milieu minoritaire est primordiale et s’ils ne se voient pas, s’ils ne s’entendent pas au petit écran, c’est pour ainsi dire leur envoyer le message qu’ils n’existent pas. Nous devons rapidement redresser la situation et offrir au jeune public des émissions qui leur ressemblent. D’où l’importance de prendre des mesures vigoureuses pour stimuler ce secteur, tant chez les producteurs que chez les diffuseurs», affirme M. Chatel.

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