Odette Cyr: une nouvelle vie après le tsunami

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«Le jour où j’ai quitté le Québec, j’ai dit que je partais pour un an et que je m’en allais accueillir ce que la vie voulait bien me donner. Je ne suis jamais revenue. Cela fait maintenant dix ans.»

Le 26 décembre 2004, au lendemain de Noël, un tsunami dévastateur s’est abattu sur les côtes sri lankaises, emportant avec lui 31 000 âmes et bouleversant à jamais celles des miraculés dont fait partie Odette Cyr.

Originaire de l’Outaouais, la Canadienne se trouvait sur les lieux au moment de la catastrophe. Un peu plus de dix ans ont passé, mais c’est toujours avec autant d’émotion qu’elle s’est remémorée cet événement tragique devant les membres de l’Assemblée des femmes francophones et francophiles du Canada (AFFFC) la semaine dernière à Toronto.

Tout a commencé à ses 50 ans. Odette Cyr, alors adjointe administrative du secrétaire général de la Croix-Rouge canadienne à Ottawa, rêvait d’aller visiter l’Inde. Pour son anniversaire, sa famille lui a ainsi offert tout ce dont elle avait besoin pour réaliser ce beau voyage.

Malheureusement, pour des raisons médicales, Odette Cyr doit le repousser, et ce n’est que deux ans plus tard qu’elle peut enfin prendre une année sabbatique pour parcourir l’Asie. Elle quitte le Canada le 19 septembre 2004.

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Le rêve devient cauchemar

Visites, bénévolats… Odette profite pleinement de son aventure à l’autre bout du monde. Vers la fin de l’année 2004, l’une de ses rencontres la convainc de partir au Sri Lanka, un pays qu’elle ne connaissait pas et qu’elle était curieuse de découvrir.

Fatiguée par tous ses voyages, Odette Cyr décide alors, le 19 décembre, de prendre un mois de repos dans un petit hôtel sri lankais situé au bord de la mer. Un décor paradisiaque qui, très vite, se transforme en enfer.

«J’étais dans ma chambre lorsque le tsunami est arrivé. J’entendais le roulement des vagues, c’était comme un train venant de loin. Puis des gens ont crié et j’ai ouvert la porte: j’ai vu la vague, les hôtels qui s’écrasaient, les enfants qui flottaient dans l’eau… C’était l’horreur», raconte-t-elle en revivant la scène.

Confuse, elle voit les touristes dehors, l’eau arrivant au deuxième étage de son hôtel, et réagit à peine lorsque quelqu’un la prend par le bras pour l’aider à s’échapper.

À l’incompréhension succède la panique. «Il n’y avait plus d’école, plus rien, la mer était méchante, noire… Il y avait des voitures dans les arbres… C’était l’apocalypse.»

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Elle trouve refuge en haut d’une montagne où elle passe trois jours avant de prendre la route pour la capitale du pays, Colombo, puis se sauve en Australie au début du mois de janvier.

Là-bas, un sentiment de culpabilité l’envahit. «Quand je me suis réveillée, c’était le choc: j’ai revu tout ce qui s’était passé, l’angoisse s’est emparée de moi. Je me suis dit: toi, tu es là, tu n’as aucune égratignure et tu ne fais rien pour les autres!»

«Ma vie a fait un 360»

Quelques jours plus tard, elle décide de retourner au Sri Lanka. «Il fallait que je fasse quelque chose pour aider la population», explique-t-elle. Elle entre en contact avec le gérant de l’hôtel dans lequel elle logeait au moment du tsunami: celui-ci l’invite à venir habiter chez sa famille pendant seize semaines.

Généreuse, Odette Cyr se sert de son argent pour remettre sur pied l’hôtel pendant tout ce temps. Dès lors, sa vie prend un nouveau tournant. La Croix Rouge canadienne, ayant eu connaissance de ses actions au Sri Lanka, lui demande d’aider les travailleurs humanitaires à Colombo.

Odette Cyr reçoit des cours à Genève pour devenir déléguée de la Croix-Rouge: elle fait désormais partie de l’équipe d’urgence lorsqu’un désastre survient et a pour mission d’organiser la coordination de l’administration.

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Elle est envoyée au Sri Lanka mais aussi en Indonésie, à Haïti, aux Philippines, en Jordanie… Et, entre-temps, épouse le gérant de l’hôtel sri lankais!

Aujourd’hui, à 62 ans, Odette Cyr est parvenue à se construire une toute nouvelle vie à travers l’aide qu’elle apporte aux victimes des catastrophes naturelles.

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