Oasis dénonce le «système»

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Une deuxième édition d’un «café urbain» d’Oasis Centre des femmes et de Reflet Salvéo, mercredi dernier au Collège Boréal, s’inscrivait dans une démarche visant à «briser ce silence entourant la violence systémique contre les femmes».

La violence systémique est définie ici comme le fait d’appliquer des lois sans tenir compte de toute la complexité d’une situation, au détriment des femmes.

«Il s’agit, pour nous, de voir quelles sont les meilleures façons d’intervenir auprès d’une communauté et nommer les couches de la violence qu’on ne voit pas», explique Dada Gasirabo, directrice générale d’Oasis.

Bonjour la police

Ce forum fut un grand succès, selon elle, grâce à la participation de nombreux organismes francophones, experts ainsi que celui du système de la santé et éducatif et communautaire… malgré l’absence remarquée de la police et du service de l’aide à l’enfance.

«C’est bien dommage, car nous étions à la recherche d’une discussion constructive», déplore Odette Doumbé, gestionnaire des programmes à Oasis Centre des femmes.

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«Leur présence aurait pu nous aider à voir où est-ce que cela coince dans le système. Ils auraient pu faire une analyse, une propre introspection sur leur système et apporter des éléments de réflexions pour qu’on puisse travailler là-dessus».

«Les solutions ne vont sûrement pas arriver tout de suite, c’est un travail de longue haleine. La violence systémique existe depuis que la société existe, depuis que les systèmes sont en place. Même si ce n’est pas demain qu’on va arriver à une solution, on aimerait arriver à des recommandations selon les secteurs.

Concertation

Prônant l’engagement et la conscientisation, cette initiative visait à créer un espace d’échange, de concertation et d’apprentissage sur la violence systémique.

Le forum s’est déroulé autour du témoignage poignant d’une femme dont la justice s’est retournée contre elle en raison de son sexe, de son statut d’immigration et sa classe sociale, alors que c’était son conjoint, un professeur blanc qui abusait de leur fille de trois ans. Ce témoignage cristallisant la violence systémique a servi à illustrer les failles du système.

«On est encore dans cette histoire patriarcale», explique Carole Boulebsol, sociologue et coordonnatrice de la Clinique pédiatrique transculturelle de l’Hôpital Maisonneuve-Rosemont, à Montréal.

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«On a des lois qui sont sensées nous protéger, mais elles sont rarement appliquées et ne sont pas suffisantes. L’inégalité homme et femme est encore très présente au Canada», croit-elle. Les participants au Forum ont souligné l’importance d’une plus grande sensibilisation lors de la formation des représentants du gouvernement.

«Seul, on va plus vite, mais ensemble, on va plus loin»… En continuité avec ce proverbe africain cité par Dada Gasirabo, différentes tables traitaient d’immigration, de justice, de LGBTQ et des services en français.

Oasis Centre des femmes se servira des nombreuses suggestions, propositions et recommandations pour que la discussion se poursuive lors de ses prochains forums torontois.

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