«Ô Canada, mon pays, mes amours»

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On ne saurait passer sous silence en cette année 2014 le 200e anniversaire de naissance de l’auteur de la chanson Ô Canada, mon pays, mes amours (1834) aux accents si patriotiques, George-Étienne Cartier.

Il est certes connu à bien d’autres titres que celui de compositeur de chansons, et c’est surtout son activité politique que les historiens ont retenu, avec les résultats que l’on connaît aujourd’hui, qui suscitent des notes divergentes.

Mais cette chanson révèle des traits de caractère psychologique qui ont modelé son action. Un lien qui n’est pas toujours établi et qui est pourtant significatif.

Le droit chemin

George-Étienne Cartier est né le 6 septembre 1814 dans le village de Saint-Antoine-sur-Richelieu, dans la province du Bas-Canada, cette colonie britannique qui depuis 1791 comprenait le sud et l’est du Québec actuel et l’ensemble du Labrador.

Sa mère était Marguerite Paradis et son père Jacques Cartier, d’une famille établie au Canada depuis 1735, sans lien de parenté avec l’explorateur Jacques Cartier (1491-1557).

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Rien de particulier ne signale l’enfance de George, dont l’orthographe anglaise de son prénom s’explique parce qu’on l’a ainsi nommé en l’honneur du roi George III du Royaume-Uni (1738-1820). On dira de lui qu’il était «le plus anglais des Canadiens-Français».

L’avocat

George-Étienne Cartier étudie avec Me Rodier, un avocat ayant un réputation de grande éloquence. Il était aussi nationaliste et il présente son élève aux Patriotes.

C’est alors qu’il compose et chante son Ô Canada, s’inscrit en 1837 à la société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, participe à la bataille de Saint-Denis, s’exile aux États-Unis en 1840, et après de nombreuses tribulations rejoint l’étude La Fontaine à Montréal.

«M. Cartier se livra alors tout entier à l’exercice de sa profession d’avocat et conquit en peu de temps une des premières places dans le barreau de Montréal.» (Encyclopédie de l’histoire du Québec, EQ)

Dès 1844, les avocats Lafontaine et Baldwin le pressent de se présenter aux élections tenues en vertu de l’Acte d’Union qui regroupait les deux colonies du Haut-Canada et du Bas-Canada en une seule assemblée, en formant la province du Canada, officiellement le Canada-Uni composé du Canada-Ouest (Ontario) et du Canada-Est (Québec).

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Mais Cartier, «montrant en cela le jugement et la fermeté qui devaient le caractériser dans toutes les phases de sa vie, ne voulut pas se jeter dans les hasards et les vicissitudes de la politique, avant de s’être fait par la profession une position indépendante.» (EQ)

L’homme politique

Toutefois, les activités politiques menées par ces deux avocats réputés, qui travaillent à la mise en œuvre du nouveau régime organisationnel pour qu’il soit favorable aux citoyens de la nouvelle province, intéressent beaucoup l’avocat Cartier.

En 1848, il se présente à une élection partielle dans le comté de Verchères et il est élu avec une large majorité.

Ministre en 1855, Cartier promeut quelques réformes dans les domaines de l’éducation et de la justice: Loi des écoles publiques, création d’écoles normales pour former les enseignants, Conseil de l’instruction publique, décentralisation judiciaire, nouveaux palais de justice, codification des lois civiles…

Le 26 novembre 1857, il devient Premier ministre du Canada-Est conjointement avec John Macdonald pour le Canada-Ouest. C’est à cette époque que se discute la question du choix d’une capitale pour le Canada-Uni. Entre Québec, Montréal et Bytown (Ottawa), la reine Victoria choisit cette dernière ville.

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On retrouve Cartier à la Conférence de Charlottetown, de Québec et de Londres. Il poursuit ses activités politiques au niveau fédéral.

Pour souligner sa très grande contribution à la réforme des institutions et au parachèvement du pays, la reine Victoria l’avait nommé baronnet en 1868, d’où l’appellation de Sir. Il meurt à Londres le 20 mai 1873 et il est inhumé au cimetière Côte-des-Neiges à Montréal.

Une biographie

Nous avons mentionné quelques faits marquants de la vie de Cartier. Pour connaître vraiment ce «Père de la Confédération» canadienne il faut prendre connaissance du livre que les éditons du Boréal lui ont consacré, George-Étienne Cartier bourgeois montréalais.

En quatre chapitres l’auteur brosse un portrait à la fouis complet et original. Original, car il situe Cartier dans la société de son époque, ce qui est très utile pour comprendre l’action de l’homme. Complet, parce qu’il esquisse, au fil des pages, les traits de caractère de Cartier.

Le chapitre «Le politicien à l’œuvre» est fort instructif de ce point de vue. «Cartier ne modifia pas ses méthodes électorales…», «Cartier se fit le défenseur du double mandat» octroyé par la Confédération, il s’oppose «vigoureusement au manifeste des annexionnistes..» avec les États-Unis. Un Cartier bien campé.

On peut admirer Cartier, on peut le critiquer, le détester, il n’en reste pas moins que la lecture de ce remarquable ouvrage, bien illustré, permet de saisir la personnalité de cet homme, convaincu de ses opinions, maintenant sa ligne de pensée et s’élevant à la hauteur des grands hommes politiques qui nous font défaut actuellement. Un livre à lire, sans aucun doute.

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