Notre police à quatre pattes

Visite à la brigade K9 de Toronto: patrouilleurs, secouristes, détecteurs, attaquants...

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L’unité des chiens de la police de Toronto, K9, fêtera ses 20 ans en septembre prochain. Le sergent Steve McEdwards se rappelle avoir ouvert l’unité avec seulement deux chiens. Aujourd’hui la police de Toronto en compte 30.

À l’occasion de cet anniversaire, l’unité ouvrira ses portes lors d’une journée exceptionnelle où les curieux assisteront à des exercices de dressage. Steve McEdwards, qui part à la retraite en août, se dit fier et «confiant de quitter l’unité composée d’une équipe bien formée qui fait son travail avec qualité et le tout dans une bonne ambiance».

Il est certain que tout semble se passer dans la camaraderie et le respect de la race canine au sein de la brigade K9 de Toronto.

En dessous de l’autoroute Don Valley, au bout d’une rue qui n’aboutit nulle part et en plein espace vert s’étend l’unité de police et ses terrains d’entraînements. 22 policiers, dont certains sont entraîneurs, encadrent les chiens avec affection et autorité, même si tous les apprentissages passent par le jeu.

Le meilleur ami des policiers

Chaque chien a un policier référant, et vit au sein de sa famille. Une fois à la retraite les chiens sont rachetés ou donnés aux policiers et finissent leur vie en animal de compagnie. «On veut que nos chiens aient une vie de famille, une vie sociale et une maison, c’est ainsi que les chiens deviennent sociables et non agressifs», souligne le sergent McEdwards.

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Instaurer un lien entre dresseur et animal, permet d’établir un lien de complicité et une meilleure efficacité. Seul les policiers du K9 peuvent travailler sur le terrain avec les chiens, et une seule personne à l’entière responsabilité d’un ou deux chiens.
Quant aux accidents avec les chiens, Steve McEdwards assure qu’ils sont rarissimes et minimes, même si un chien, aussi dressé soit-il, reste un animal sujet à son instinct. Les chiens sont dressés pour attaquer seulement si la personne interpellée s’enfuit ou n’agit pas comme le policier le lui demande. «Et de toute manière si il y a le moindre problème, comme un chien qui mord, on en réfère automatiquement au gouvernement de l’Ontario, on ne cache rien.»

S’imposer comme chef de meute

Le travail le plus important, et le plus ardu, est de trouver sa place en tant que chef face aux animaux. Le chien doit assimiler que le dresseur est son supérieur et qu’il doit obéir à ses ordres. Les chiens arrivent au K9 entre 22 et 24 mois, rares sont ceux qui arrivent plus vieux, exceptés s’ils ont suivi un premier dressage. Tout nouveau chien a un programme de dressage adapté à sa personnalité, et à son futur travail.

Mais tout dressage doit se baser sur un emploi du temps programmé et se référer à une base d’acquis communs. Le dressage d’un chien de police dure 15 semaines, cependant, ils continuent à recevoir des exercices de dressage deux jours par semaine.

«J’encourage mes hommes à entraîner régulièrement leur chien, c’est le seul moyen de fournir un travail de qualité. Nous sommes responsables, en tant que policier, de la sécurité et celle-ci est renforcée par un entraînement hebdomadaire», explique le sergent Steve McEdwards.

Selon leur aptitude les chiens sont dressés pour être chien de patrouille, chien d’attaque, chien renifleur d’explosif ou de drogue, ou spécialisé dans la recherche de personnes disparues. Steve McEdwards explique qu’un chien est capable de faire la différence entre un voyou caché et une personne disparue. «Les chiens sont extrêmement gentils avec les personnes portées disparues, ils les distinguent d’un coupable en cache, ils sentent la peur et font la différence.»

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La ville comme ennemie

La plus grosse difficulté réside dans les distractions auxquelles sont exposées les chiens en ville. Il y a une multitude d’odeurs, de bruits et de personnes, on parle alors de contamination de l’espace, et Steve McEdwards affirme que cette contamination est la plus grande ennemie de l’efficacité des chiens.

Un perpétuel apprentissage mutuel

Les entraînements se passent dans la camaraderie et ne semble pas ennuyer les chiens qui jouent en apprenant. Les policiers leur apprennent à renifler une odeur humaine, à obéir au doigt et à l’œil, à sauter et escalader des obstacles, à attraper un bandit en fuite en l’agrippant par le bras, à aboyer au seul signal du maître… «Je suis ici depuis 20 ans, et je continue d’apprendre tous les jours, les chiens me surprennent toujours. Et surtout, nous ne sommes pas assez orgueilleux pour prétendre que seules nos idées sont les bonnes, on est toujours près à expérimenter de nouvelles méthodes d’apprentissage», explique Steve McEdwards. Pour tous, l’unité K9 semble, plus qu’un travail, être une vocation.

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