Nostalgique des vieux partys, un DJ rêve de 5000 vinyles

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Passionné de musique depuis toujours, Pierre Bois, l’homme derrière le projet de TheVinylDen, complète petit à petit sa collection de vinyles et en fait profiter ses amis, ainsi que le public des soirées qu’il anime.

Aujourd’hui heureux propriétaire d’une collection de plus de 1200 galettes sillonnées le partage a toujours été le moteur de sa passion.

Président du Labo d’art, il est depuis peu en résidence au Gastro Pub Habits pour animer les soirées les troisièmes samedi du moi et également le prochain party d’Halloween. Coup de projecteur sur DJ pas comme les autres.

L’histoire commence dans la maison familiale de la famille Bois, à Timmins, dans le nord de l’Ontario avec le père de Pierre. «Il avait une belle collection de vinyles. Où j’ai grandi, il y avait toujours de la musique, mais pas la musique de la radio. On mettait des vinyles rock, ou des huit pistes. On écoutait aussi toutes les émissions de musique à la TV ou à la radio et les shows américains.

Chez Pierre Bois, les partys de famille donnaient lieu à des échanges de vinyles mais surtout à des séances d’écoute partagées, où chacun faisait découvrir à l’autre ses nouveaux albums.

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Mais le vinyle a un gros désavantage: il est encombrant! «Quand les cassettes sont sorties, tous les vinyles ont disparu. Il a dû les donner. C’est souvent des dons les collections de vinyles. Il s’est refait toute sa collection cassettes puis disques compact. Il devait en avoir 2000.»

À force de baigner dans toute cette musique, Pierre attrape le virus et commence sa propre collection, vers l’âge de 12 ans. «Ma première cassette c’était U2 », se rappelle-t-il. «Et en 1992 j’ai acheté ma première cassette disco», ajoute-t-il. Du disco il a découvert la dance puis le funk, son véritable dada à l’heure actuelle.

Pierre aime la musique, toute la musique, des goûts de son père, au classique en passant par les chansons préférées de ses tantes.

«Ce qui est important c’est comment je me sens quand j’entends de la musique, mais aussi comment les gens se sentent quand ils l’entendent, j’adore partager la musique.»

C’est l’interaction qui compte

Pierre ne conçoit pas la musique pour ce qu’elle est, ou peut-être à la marge, lui ce qui l’intéresse, c’est l’interaction qu’elle peut créer entre les gens.

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«À 14 ans, on se faisait déjà des cassettes. J’ai beaucoup été influencé par mon grand frère aussi. Je me rappelle en 8e année, j’avais joué pour l’Halloween. J’avais mis du disco, Boney M, Abba et c’était les enseignants qui dansaient. Je n’ai jamais écouté la musique des gens de mon âge. Encore aujourd’hui ma collection n’est pas contemporaine. J’ai en partie rebâti la collection de mon père.»

Au-delà de la musique, c’est aussi la nostalgie qui pousse Pierre à toujours fouiner à la recherche de la perle rare.

«On avait beaucoup de vinyles qu’on pouvait écouter en famille. Il y en a un que j’ai retrouvé. C’est un vinyle de Guy Lafleur, j’ai la version anglaise, dans la pochette, il t’explique comment jouer au hockey. C’est le fun ça pour un père et son fils!» Ayant grandi dans le nord de l’Ontario, à Timmins, puis Sudbury, Pierre sait de quoi il parle quand il parle de hockey, en bon partisan du Canadien! Mais revenons à la musique.

«Aujourd’hui avec iTunes, il n’y a plus vraiment d’échange. C’est chacun de son côté. Avant pour que les gens écoutent ton nouveau vinyle, fallait aller chez la personne avec une caisse de 24, du Jack Daniels et on mettait le nouveau Black Sabbath!» Et oui, c’était une autre époque!

Frappé de plein fouet par l’arrivée de la musique numérique, Pierre surfe sur Napster et se rappelle avoir mis 6h pour télécharger sa première chanson. «Mais j’ai quand même cherché une chanson de ma jeunesse!»

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Il recommence sa collection

Alors qu’il est rentré dans la vingtaine Pierre apprend que son frère s’est racheté une platine vinyle. Et là c’est la révélation pour lui.

«Je voulais aussi retourner à l’analogue. Mais à l’époque c’était pas évident de collectionner les vinyles.» Il s’achète donc une platine et commence sa collection.

«Ce que j’aimais, c’était la qualité de la musique, mais aussi la réaction des gens quand ils réalisaient que le son venait d’une platine. C’était un sentiment de nostalgie face à la musique de leurs parents. Il y a une connexion à la musique qui va au-delà de la musique. »

En 2005, la grande aventure commence. Il débute avec un puis deux puis trois puis 10 vinyles. Il récupère une partie de la collection de son frère dans la foulée.

En 2007 il a 100 vinyles, 500 en 2009. «Et puis là je suis passé de 500 à 1500 en trois ans», s’exclame-t-il. Il s’est par ailleurs acheté une deuxième platine et surtout, a commencé à faire partager ses talents de DJ et sa collection en dehors de son cercle d’amis.

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C’est au Labo, le centre d’art dans le quartier de la Distillerie, qu’il a joué devant du monde pour la première fois, au festival de photo Contact en 2011 avant que cela ne devienne une habitude dans différentes galeries d’art de la ville.

«Je pouvais pas faire des partys de danse chez moi toutes les semaines! Et ça me manque quand je ne peux pas jouer devant du monde! »

Cette multiplication de soirées lui a donné une meilleure compréhension du rôle du DJ et surtout de comment faire plaisir à la foule. «Chaque vinyle que j’achète, je me demande comment les gens vont réagir.»

10 à 15 vinyles par semaine

Depuis qu’il a lancé TheVinylDen, juste après sa performance au Labo, Pierre vit sa passion comme jamais.

Il a lancé un compte Twitter, une page YouTube et une page Facebook, sur lesquels il fait part de ses derniers achats et demande leur avis aux abonnés. En bon vinylovore, il achète entre 10 et 15 vinyles par semaine. Cela peut paraître beaucoup, mais les prix varient énormément sur un vinyle.

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«Les gens prennent un café latte et un muffin, ça leur fait 10 $. Moi je m’achète trois quatre vinyles avec 10 $!»

Sa collection représente plus qu’un loisir pour Pierre, c’est véritablement une partie de sa vie. En découvrant sa collection de vinyles, on le découvre aussi. Et puis, il y a cette motivation particulière de vouloir jouer le plus possible.

«Moi ce que je veux c’est que les gigs payantes ça me paie le matériel, les vinyles, pour que je puisse jouer gratuit pour les organismes à but non lucratif», explique Pierre, par ailleurs chargé de projet à l’Association des musées de l’Ontario.

Pour le moment, Pierre ne voit pas de fin à sa collection et dit qu’il trouvera avoir une belle collection rendue à 5000 galettes. Aujourd’hui, sa collection compte 1200 33 tours et 300 45 tours, classés par genre et par décennie.

«Je me rappelle dans High Fidelity, un film qui m’a marqué, avec John Cusack, il classait ses vinyles selon les émotions!»

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Au feu!

Avant de finir l’entrevue, au milieu des vinyles que Pierre nous a sortis de leurs pochettes pour appuyer ses réponses, L’Express lui tend un piège. «Si ta maison part au feu, tu peux en sauver 10, tu prends lesquels?» Regard perplexe, Pierre commence à farfouiller, sort un vinyle disco et explique qu’il a mis des années à retrouver ce titre que sa tante lui passait. I Like To Dance de Shirley and Company. Puis il tend le bras avec Graceland de Paul Simon, un album que son père avait aussi en vinyle et en cassette.

Puis les pochettes se mettent à revoler de l’étagère (on exagère à peine): New Christmas Disco, Discovery de Daft Punk, Jacky Mittoo Let’s Put It All Together, Moon Safari de Air, David Bowie, Red Rider, Midnight Oil, The Clash, Robert Charlebois…

Trop tard, Pierre est lancé et veut sauver tous ses vinyles! Espérons que sa maison parte pas au feu, on le retrouverait certainement les bras pleins de vinyles fondus…

Pierre sera au GastroPub Habits, 928 rue College, le 31 octobre prochain pour Halloween et puis tous les troisièmes samedi du mois.

Si vous voulez que Pierre anime votre soirée à coup de vinyles:

info: mailto:[email protected]

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