Nos Forces armées doivent pouvoir évoluer en milieu multiethnique

Le brigadier-général Jocelyn Lacroix au Club canadien de Toronto

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En cette journée mondiale de la francophonie, le Club canadien de Toronto recevait le brigadier-général Jocelyn Lacroix, commandant du Collège militaire royal du Canada. L’occasion, en cette période géostratégique complexe, de faire un point sur les méthodes et valeurs inculquées aux leaders des Forces armées canadiennes de demain.

En Afghanistan, le Canada a lancé une vaste opération militaire. Jamais depuis un demi-siècle le pays n’avait déployé ses troupes sur un projet d’une telle envergure.

Une implication qui fait se poser de nombreuses questions, notamment quant aux difficultés que rencontrent les troupes sur place. Des troupes menées par des officiers formés au Collège militaire royal, dont le rôle dépasse celui de commander un bataillon afin de combattre un ennemi.

Comme le souligne Jocelyn Lacroix, ces officiers doivent être des hommes qui «savent agir en milieu multiethnique et adopter une attitude appropriée à chaque situation». Le multiculturalisme et la multiethnicité sont depuis quelques années le crédo du Collège militaire royal.

Selon le brigadier-général, le mandat de l’établissement est avant tout de former des hommes capables d’une grande adaptabilité: «Si nos officiers ne sont pas capables de concevoir le fait qu’il existe différentes règles et méthodes de fonctionnement selon les pays au sein desquels ils évoluent, ils seront sans cesse confrontés à des problèmes qu’ils ne pourront résoudre.»

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Pour former ses apprenants, le Collège militaire a récemment modifié certains pans de son fonctionnement. Ainsi, depuis quelques années, les étudiants ont la possibilité d’habiter à l’extérieur de l’établissement alors qu’auparavant, l’internat était obligatoire.

Pour Jocelyn Lacroix, c’est une opportunité d’offrir aux élèves un regard autre sur le monde et de les responsabiliser: «Un jeune logé, nourri, blanchi pendant ses études ne développera pas les mêmes réflexes autonomes qu’un autre qui se retrouve chez lui seul le soir. C’est un plus si l’un de nos élèves est confronté à la réalité du quotidien, se lève en retard pour venir aux séances physiques du matin et se retrouve un jour à la porte parce qu’il a perdu ses clés. Ce sont des situations qui arrivent au quotidien, et qui l’obligent à prendre ses responsabilités.»

Près d’un tiers des futurs officiers ont opté pour cette solution. Pour ceux qui choisissent tout de même l’internat, une autre solution a également été étudiée. Les apprenants sont répartis en fonction de différences sociales, culturelles, voire linguistiques. Une solution qui, selon le brigadier-général, «facilite également la préparation à la réalité du terrain».

Mais la présence d’un haut représentant de l’armée canadienne a également donné l’occasion aux membres du Club canadien de Toronto de s’informer sur quelques questions d’actualité. Au sujet du bilinguisme au sein des Forces armées canadiennes, au coeur des débats ces dernières semaines, Jocelyn Lacroix a tenu à rassurer l’assistance.

Il a souligné le fait que, selon lui, les mesures entreprises au sujet du bilinguisme étaient plutôt positives: «Auparavant, tout le monde devait officiellement être bilingue. Du coup, le bilinguisme était bradé pour favoriser l’intégration de nouvelles recrues et au final, c’était un peu l’anarchie. Cette structuration est forcément positive.»

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Pour rappel, les colonels et supérieurs auront l’obligation absolue d’être complètement bilingues d’ici 2010.

Le brigadier-général Lacroix quitte ce mois-ci le Collège militaire pour aller diriger le Commandement canadien, c’est-à-dire les interventions intérieures des Forces armées, par exemple lors de désastres naturels ou d’attaques terroristes.

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