Mort de Sammy Yatim: la confiance des jeunes ébranlée

Abattu de 9 balles par un policier dans un streetcar vide

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Les neuf coups de feu qui ont mis fin aux jours de Sammy Yatim, âgé de 18 ans, dans un tramway le 27 juillet au petit matin, est troublante d’autant plus que tragique.

Après avoir vu la vidéo filmée par un passant, les jeunes qui fréquentent la Maison des jeunes Canora à Toronto se disent choqués et inquiets face aux tactiques de désamorçage de crise employées par les policiers.

«J’étais vraiment choqué parce que normalement on est censé se sentir en sécurité avec la police. Selon moi, la police devait garder son calme. Ils lui ont dit de jeter le couteau. Ils devaient attendre que le jeune jette son couteau et après lui mettre des menottes, comme on fait normalement», dit Karen Sehi, âgée de 20 ans et originaire de la Côte d’Ivoire.

Un autre jeune maintient que son lien de confiance avec la police est brisé. «Si, face à n’importe quelle situation, la police utilise la force, parce qu’ils ont le droit de porter des armes, cela devient inacceptable. Ça me fait peur. Je n’ai plus confiance envers la police», dit Ernest, âgé de 26 ans et originaire du Congo.

Selon Pascal Busheri, de la République Démocratique du Congo, Sammy Yatim ne représentait pas une menace. Il soutient que «la police devait s’y prendre autrement pour essayer de le contrôler même s’il agissait bizarrement».

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Des antécédents similaires

Ce n’est pas la première fois qu’un individu au comportement instable perd la vie aux mains de la police de Toronto. Les circonstances entourant la mort de Sammy Yatim sont similaires à celles d’Edmond Yu, décédé dans un autobus en 1997 après qu’un policier eu tiré six fois.

Contrairement à Sammy Yatim, Edmond Yu souffrait de schizophrénie. Sammy Yatim lui n’avait pas de troubles psychiatriques connus, bien qu’il était vraisemblablement en état de crise ce soir-là.

Suite au décès d’Edmond Yu, le coroner établit que les policiers devaient suivre une formation en résolution de conflit. Le Rapport sur l’usage de la force publié en 1998 stipule que «la résolution de conflit a pour but de désamorcer et de résoudre des situations de crise sans l’usage de la force physique».

Des questions sans réponses

Si des procédures visant à contrer l’usage de la force sont déjà mises en place, pourquoi neuf coups de feu?

Stuart Hendin, spécialiste de la sécurité publique à l’Université d’Ottawa, affirme que «la question n’est pas de savoir si les policiers étaient hors de contrôle, mais plutôt de comprendre ce qui a poussé cet officier en particulier (James Forcillo) à tirer autant de coups de feu».

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Il poursuit en disant: «Si le tramway était totalement vide et qu’il y avait un bon nombre de policiers à l’extérieur du véhicule, il devient difficile de comprendre pourquoi un tel niveau de force a été utilisé. D’autant plus que le défunt avait seulement un couteau et ne pouvait pas représenter une menace immédiate pour les policiers.»

De nombreuses questions demeurent sans réponses. Pour les Torontois, cet incident restera tristement gravé dans la mémoire collective comme la fois ou un jeune homme a été tué par un policier parce qu’il tenait un couteau.

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