Mesdames, osez dialoguer avec votre vagin!

Line Boily (au centre) avec les actrices des Monologues du vagin: Aleksandra Lalovic, Catalina Lopez, Elaine Li, Adrienne Medjo, Alison Wilson Forbes, Alina Christensen et Sandra Uhlrich.


13 mars 2017 à 22h14

Écrite il y a plus de 20 ans, la pièce Les monologues du vagin est aujourd’hui toujours jouée à travers le monde. Plus que jamais d’actualité, elle a été reprise en français à Toronto mercredi et jeudi soir par Scuderia Production pour célébrer la Journée internationale des femmes. Cela fait quatre ans que les spectateurs sont au rendez-vous pour découvrir ou redécouvrir cette pièce connue pour être comique.

Pourtant, cette année, les spectateurs torontois ont eu la surprise de découvrir une pièce sombre, dont la mise en scène mettait en avant les moments les plus violents des monologues: viols, excisions, honte, misogynie, ablations abusives… Aucun sujet sensible n’était laissé de côté.

Confrontés à la réalité, l’empathie gagne certains spectateurs et ils craquent. Il faut dire que l’interprétation des sept actrices sur scène est particulièrement réussie.

Traumatismes

Retenons le passage qui raconte le viol par six militaires d’une jeune femme chinoise. Ce monologue percutant était joué par Elaine Li. L’actrice raconte, à l’issue de la représentation, qu’elle a du se faire violence pour l’interpréter: «Après une répétition, en rentrant chez moi le soir, je suis allée me renseigner sur le massacre de Nankin, en Chine, par les Japonais, de décembre 1937 à février 1938. J’ai appris des choses terribles. J’étais bouleversée. Ça m’a permis d’appréhender la violence de cette scène.»

D’autres passages démontrent très justement l’absurdité de la gêne que provoque le simple mot «vagin». On réalise que même s’il s’agit d’un terme médical, il n’est que trop peu utilisé, souvent raillé, parfois interdit. Enfin, certaines scènes désacralisent le plaisir féminin, qui reste encore dans nos sociétés modernes, un sujet tabou.

Toutes les scènettes des Monologues du vagin reflètent diverses expériences sexuelles, de la découverte de soi à l’épanouissement du plaisir. Parfois absurde, la pièce sert surtout à éveiller les consciences. À la fin de la soirée de mercredi, Line Boily, de l’émission radio-canadienne L’heure de pointe, a animé un débat.

Armes de destruction massive

«Les vagins sont attaqués dans le monde entier, spécialement dans les régions francophones visées par des conflits armés», rappelle Dada Gasirabo, directrice d’Oasis Centre des femmes. «Les violences sexuelles que ces femmes connaissent sont des armes de destructions massives, car elles laissent les femmes profondément choquées et anéanties psychologiquement. Nous sommes justement en train de mener une étude sur l’aide à apporter à ces femmes immigrantes chez nous, victimes d’abus pendant des conflits armés.»

Pour les actrices, il s’agissait avant tout de «donner de la voix aux personnes qui ne peuvent pas parler, qui n’ont pas de voix, qui pensent qu’elles sont seules» et de faire passer un message à toutes les femmes, mais aussi aux hommes. «Regardez comme l’homme le plus puissant du monde parle des femmes. On doit continuer à se battre. Cette pièce, c’est la voix de dizaines de femmes qui évoquent leur féminité, des épisodes tantôt légers aux drames les plus intenses.»

En outre, les deux représentations de la pièce se voulaient être une opportunité de lever de fonds au profit d’Oasis, qui célèbre 20 ans d’actions et de lutte contre toutes les formes de violence faites aux femmes. 50% des recettes finales seront donc reversées à l’organisme.

Entre absurde et réalisme, Les Monologues du vagin est une oeuvre majeure du féminisme. C’est une pièce qui fait réfléchir, car elle est le reflet de nos sociétés. En 20 ans, Les Monologues du vagin n’ont rien perdu de leurs forces.

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