Mes Aïeux au Randolph Theatre samedi: un univers plus poétique

Soirée néotrad au Randolph Theatre de Toronto samedi soir avec le groupe québécois Mes Aïeux, précédé du groupe franco-ontarien Swing. (Photo: Jocelyn Michel) La veille au même endroit, le festival Francophonie en fête présente aussi un concert de Damien Robitaille avec, en première partie, Lily Frost.

17 septembre 2013 à 10h07

Le groupe néotrad québécois Mes Aïeux revient pour une troisième fois dans la Ville Reine ce samedi au Randolph Theatre dans le cadre du festival Francophonie en fête, cinq ans après leur dernier passage, et se réjouit d’avance de sortir de son réseau habituel.

En tournée depuis près d’un an pour leur album À l’aube du printemps, sorti début 2012, le groupe proposera un spectacle un peu spécial aux Torontois, mélange entre leur performance de festival et un concert plus intimiste.

Mes Aïeux, qui fêteront leurs 20 ans en 2016 ont entamé le «virage de la quarantaine» et opèrent un changement de ton avec des textes plus en profondeur qui les éloignent un peu de leur étiquette de «groupe festif».

Et le succès ne se dément toujours pas, le groupe a remporté pour une quatrième fois le Félix du groupe de l’année.

On les avait laissés sur la scène WestJet du Centre Harbourfront. C’était en 2008 et Mes Aïeux avaient enflammé les festivaliers de la Franco-Fête avec leur tube Dégénération. «C’est toujours agréable d’aller dans la francophonie hors Québec. Chez les francophones hors Québec il y a quelque chose de particulier avec la chanson, avec les mots», analyse Marie-Hélène Fortin, violoniste et chanteuse du groupe.

Le concert de samedi marquera le dernier spectacle de la saison pour le groupe qui a participé aux grands festivals estivaux québécois.

Les caractéristiques du Randolph Theatre ne permettent pas de reproduire à l’identique la version festival du show, mais le groupe a déjà l’expérience d’avoir joué dans une église cet été et offrira donc aux heureux détenteurs de billets, une performance basée sur ce spectacle.

Toronto pourra découvrir les nouvelles chansons du groupe, tirées de l’album À l’aube du printemps, un album charnière pour les Aïeux, qui ont perdu leur guitariste Éric Desranleau, parti développer de nouveaux projets à la fin de la tournée du précédent album La ligne orange.

Fraîchement quarantenaires, les membres du groupe ont souhaité produire un album plus profond, aux mélodies plus recherchées et plus abouties, mais toujours avec un sens de la formule bien aiguisé, comme sur La Stackose, chanson mettant en avant la propension des Québécois à trouver des excuses à tout.

Stackose de l’économie, de Harper, du multiculturalisme, etc.

Malgré leur crainte initiale, les musiciens ont finalement eu de bonnes idées pour écrire les chansons de l’album!

«On s’est dit que si on continuait, il fallait s’assurer d’avoir quelque chose à dire, de se renouveler. On s’est juste dit: ‘Essayons de créer des chansons’. On a fait des jeux en studio et ce qu’on faisait nous plaisait. L’équilibre s’est refait harmonieusement et ça a donné le ton pour la tournée. On a eu assez de surprises pour ne pas s’ennuyer et ne pas offrir du réchauffé au public», explique Marie-Hélène Fortin.

Contrairement à un artiste solo, il est difficile pour un groupe entier de se renouveler et d’offrir de nouvelles choses au public à chaque album. Mes Aïeux en sont à cinq albums originaux et un live. Ne pas refaire les mêmes choses commence à être plus dur, mais leur expérience les aide, comme le souligne Mme Fortin.

Une histoire d’amitié

«Nous c’est une histoire d’amitié depuis le début. On a toujours eu le désir de dialoguer, de communiquer. Même avant qu’on ne fasse des sous vraiment on avait trouvé un fonctionnement qui plaisait à tout le monde pour les droits d’auteur par exemple. »

À force de communiquer, les musiciens en sont venus à la conclusion qu’ils voulaient un album plus en douceur, plus profond, même si tout n’était pas calculé.

«C’était le ton dans nos pratiques. Ça s’est fait naturellement. Il y avait un désir de parler de nos préoccupations de quarantenaires, de faire une sorte de bilan. On est rendu à la moitié de nos vie, c’est ce que disent les statistiques», s’amuse-t-elle à dire.

«À un moment donné, se mettre des nez de clowns ça se peut toujours, mais il y a avait une volonté d’être en phase avec ce qu’on est. Ça donne un spectacle plus en douceur, la courbe est amorcée! C’est un virage dans lequel s’est bercé et qui nous a plu.»

Les Torontois auront donc droit à une mise en scène et un univers plus poétique pour le spectacle du 21 septembre au Randolph Theatre.

Des thèmes d’actualité

Ceux qui écoutent Mes Aïeux pour leurs textes accrocheurs sur les problèmes d’actualité, comme l’environnement ou encore les troubles sociaux se reconnaitront encore dans les chansons de À l’aube du printemps.

Fait intéressant, un parallèle peut être fait entre la chanson Histoire de peur et le projet de «Charte des valeurs québécoises» présenté la semaine dernière. Histoire de peur raconte l’arrivée d’immigrants dans une région du Québec et c’est eux qu’on pointe du doigts pour expliquer tous les malheurs qui surviennent désormais dans la communauté.

Marie-Hélène Fortin n’a pas esquivé la question et nous livre son avis personnel sur ce point.

«On a reçu ça, on doit le lire et voir ce qui ressort de ça. Nous, notre chanson a été écrite il y a trois ans. On a peur d’avoir peur. Mon impression personnelle (sur la Charte, ndlr), c’est que je suis mitigée. Je suis d’accord sur certaines choses et pas sur d’autres. Mais on est probablement dans une fausse route. Le débat n’est pas terminé, il faut réussir à trouver des ententes mais je ne suis pas sure que ce soit parti comme ça. »

Qui sait? Le public retrouvera peut être une chanson influencée par la Charte dans le prochain album de Mes Aïeux.

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