Mandela : le Canada se souvient

Jusqu'en janvier à la Meridian Art Gallery

L'exposition Mandela se tient depuis le 10 octobre au Meridian Arts Centre..
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L’exposition Nelson Mandela : Struggle for Freedom, à voir à la Meridian Art Gallery (à North York) jusqu’au 6 janvier, immerge les visiteurs dans le contexte socio-économique de l’apartheid en Afrique du Sud.

Initiative du Musée canadien pour les droits de la personne (situé à Winnipeg), l’exposition itinérante fait redécouvrir l’histoire de Mandela, de sa lutte contre le ségrégationnisme et de ses engagements politiques qui l’ont mené à la présidence de son pays.

Reproduction de la cellule de Mandela, depuis laquelle il a mené la lutte pour la liberté. Il a été incarcéré pendant 27 ans et il a dénoncé les conditions de vie des prisonniers.

Une histoire en 3D

Mandela est une personnalité historique reconnue comme artisan de la réconciliation en Afrique du Sud, ce qui lui a valu un Prix Nobel de la Paix.

L’apartheid favorisait la minorité d’ascendance européenne, préservant ses privilèges politiques et économiques aux dépens reste de la population majoritairement noire.

Le Musée canadien pour les droits de la personne, en partenariat avec un musée en Afrique du Sud, ont collecté des artéfacts de l’époque ségrégationniste.

Le Canada anti-apartheid

C’est dans les années 80, après un soulèvement local des jeunes noirs subissant le régime politique sud-africain, que le mouvement anti-apartheid se propage dans le monde, associé à l’image de Nelson Mandela.

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Les Canadiens rejoignent la lutte en appelant aux sanctions économiques contre l’Afrique du Sud.

Devant l’urne du premier vote démocratique en Afrique du Sud.

«Nous avons traversé cette période et avons connu des choses que les jeunes d’aujourd’hui n’ont pas connues», raconte une visiteuse âgée, croisée à l’exposition.

«Mais bien sûr à distance. La seule chose positive que je me souvienne avoir faite, c’est de ne rien acheter provenant de l’Afrique du Sud, en geste de protestation.»

La ségrégation à l’échelle canadienne

En fin de parcours, un panneau attire l’attention des visiteurs sur un fait historique: la visite d’un ambassadeur sud-africain dans une réserve autochtone manitobaine en 1987.

L’événement crée un désaccord chez les chefs de la communauté. Ils refusent d’être associés à un ségrégationniste, alors que les Premières Nations subissent elles-mêmes l’oppression raciale et l’inégalité au Canada.

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Les chefs s’allient alors aux groupes anti-apartheid.

Ne dit-on pas qu’il est plus facile de regarder la paille dans l’œil du voisin que la poutre dans le sien? Un panneau appelle les visiteurs à la réflexion sur la situation des Premières Nations au Canada, que d’aucuns comparent à l’apartheid.

«Le pays ne reconnaît peut-être pas, ou ne fait pas tout le travail qu’il pourrait faire auprès des Autochtones», pense Claudia Pensa Bowen, consultante culturelle pour l’exposition.

Claudia Pensa Bowen.

Une invitation à l’effort de mémoire  

Une autre visiteuse, Marisa, poursuit: «J’ai le sentiment que, même si ce n’est pas aussi grave et violent qu’à l’époque de l’apartheid, nous passons au travers des mêmes patterns en termes de discriminations, que ce soit par rapport aux origines ethniques ou à l’orientation sexuelle.»

«La brutalité du système, les gens la connaissent, mais ils ont besoin de rappels pour voir à quel point on vient de loin en termes de droit», selon un ami de Marisa.

Marisa et son ami en visite à Toronto ont donné leur avis à chaud sur l’exposition.

À quoi s’attendre?

Des artéfacts, des reconstitutions de moments clés de l’histoire mettent en scène Nelson Mandela et rythment la visite. Cette exposition interactive et riche en supports visuels et sonores est offerte en français et en anglais.

Elle est accessible depuis le 10 octobre à un large public, jusqu’en janvier 2020.

D’autres artéfacts de l’époque ségrégationniste: un banc réservé aux blancs.

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