Malgré le niveau élevé du lac, les îles de Toronto offrent de belles balades

Attraits et histoire insolite de Ward’s Island

Des sacs de sables pour protéger les maisons. Photos: Nathalie Prézeau
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Publié 17/07/2019 par Nathalie Prézeau

Considérant le haut niveau des eaux depuis le printemps, vous vous demandez probablement comment il affecte les visites aux îles de Toronto. C’est ce que j’ai eu l’occasion de vérifier sur place lors d’une marche que je guidais cette semaine du côté résidentiel de cette destination où les voitures sont interdites.

On se rappelle encore la fermeture des îles de Toronto pour une partie de l’été suite à l’inondation de mai 2017! Elle avait grandement affecté ce site touristique qui reçoit normalement par beau temps estival 20,000 visiteurs par jour.

C’était une perte de revenu pour les commerces (restaurants, location de vélo ou d’embarcations nautiques, parc d’amusement), pour de nombreux résidents gérant des marches guidées, et pour des B&B (oui, oui, il y en a! j’en parlerai plus loin), ainsi qu’une perte de jouissance pour les proprios de bateaux des marinas, ne pouvant faire le plein d’essence parce que les pompes étaient submergées.

Les marinas sont affectées par le niveau élevé du lac.

Pompes et sacs de sable

La Ville de Toronto, encore sous le choc de l’inondation de 2017, n’a pas perdu de temps cette année pour équiper les îles d’un plus grand nombre de pompes et de sacs de sable afin de gérer celle-ci.

Si bien qu’on n’a pas eu à fermer les îles, malgré un niveau d’eau ayant occasionnellement dépassé le niveau maximal atteint en 2017, soit 75.93 mètres au-dessus du niveau de la mer. Selon le témoignage d’un résidant d’Algonquin Island, le 23 mai 2019, il a vu le trottoir sec se recouvrir de près de 2 pieds d’eau en 5 minutes!

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Résultat? La ligne de traversiers vers Hanlan’s Point est annulée et la plage de Hanlan’s Point (celle où les vêtements sont optionnels) est fermée, mais les ligne vers Centre Island et Ward’s Island sont fonctionnelles.

Seules les îles Olympia et Snake sont inaccessibles ainsi qu’une petite partie du Centreville Amusement Parc. Ceci dit, toutes les plages sont plus étroites que d’habitude. Un seul des trois accès à la plage Ward’s

Pour le reste, tout est beau… surtout Ward’s Island et Algonquin Island. Quelle magnifique oasis à moins de 15 minutes de Toronto!

Côté sud: le boardwalk menant à la plage de l’île Ward.

Un beau circuit d’environ 5 km

Une excellente source d’information allant au-delà de ce qu’on trouve sur le site www.torontoisland.com est le site par et pour les résidents des îles et leurs vrais amis: www.torontoisland.org.

C’est là que j’ai trouvé la liste des Bed & Breakfast des îles (cachée dans la page Accomodation/B&B sous l’onglet I WANT…). Je me suis donc fait un circuit pour les voir en passant.

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À la sortie du traversier de Ward’s, jetez un petit coup d’oeil au Island Café et la belle mosaïque de galets au sol tout près (l’oeuvre d’une 50e de résidents sur la base d’une création de l’artiste anglaise Maggy Howarth), puis tournez à gauche sur Channel Avenue pour explorer les petites rues de Ward’s Island.

Un village de tentes

L’emplacement actuel des rues piétonnières que vous verrez date de 1913! En fait, la communauté sur Ward’s a d’abord pris la forme d’un village de tentes de style «armée» dès les années 1880. C’est William E. Ward qui louait loué des tentes aux visiteurs.

Dans les années 1920, les campeurs se mettent à ajouter des vérandas à leur «tente», puis des murs cachés par le canevas. En 1931, la Ville de Toronto permet la construction de petits chalets sur les sites de camping.

À la fin de la 2e Guerre mondiale, crise du logement aidant, la Ville permet qu’on réside à longueur d’année dans ces maisons. Les deux dernières tentes seront remplacées en 1950. Depuis, fini le camping sur les îles de Toronto.

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Le village de tentes de l’île Ward au tournant du 20e siècle.

Le Riviera et sa terrasse

On poursuit la balade? De Channel, tournez à gauche sur Fifth Street, puis à droite sur Bayview Ave., remontez Fourth St. (Fourth Street B&B, 22 Fourth St.). Tournez à gauche sur Channel Ave. (B&B on Channel, 11 Channel Ave.) puis à droite sur Third St. (Toronto Island Retreat, 5 Third St.) jusqu’à Lakeshore Ave. Puis sillonnez Second et First (où vous faites face à Cherry Street). Sur Lakeshore Ave., allez vers l’ouest pour croiser les toilettes publiques, la plage Ward’s et trouver le beau boardwalk, pour une marche de rêve. Le restaurant Riviera se trouvera sur votre chemin.

Si quelques personnes dans votre groupe sont fatiguées, elles pourront vous attendre tranquillement à la terrasse du Riviera tandis que vous poursuivez la balade jusqu’à Algonquin Island (une expédition de .5 km additionnels aller-retour). À partir du boardwalk, empruntez l’ouverture juste à l’ouest du restaurant et continuez jusqu’au Algonquin Bridge.

Le Riviera et sa terrasse.

31 chalets déplacés par barge

Il est fascinant de savoir qu’en 1938, les rues d’Algonquin Island ont été aménagées pour accueillir 31 chalets déplacés par barge depuis Hanlan’s Point!

En 1937, la construction d’un nouvel aéroport du côté de Hanlan a bouleversé la vie de l’île. À l’époque, il y avait des chalets un peu partout sur les îles. Il fût même un temps où il y avait un casino! (Lire ce bel article sur la vie d’antan.)

On a démoli le stade où Babe Ruth a frappé son premier circuit (rien de moins) et le parc d’attractions alors présent et de plus, la communauté de chalets de Hanlan’s Point devait être déplacée. Ses résidents ont eu le choix de déplacer leur chalet plus au sud à Hanlan’s Point ou de s’installer sur l’île Algonquin (à l’origine, une simple barre de sable connue sous le nom d’île Sunfish qui a été agrandie par des opérations de remise en état des terres).

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Cinéma, bowling, magasins, hôtels…

À son apogée dans les années 1950, le quartier résidentiel des îles de Toronto s’étendait de Ward’s Island à Hanlan’s Point et comprenait quelque 630 chalets et maisons, en plus des commodités comme un cinéma, un bowling, des magasins, des hôtels et des salles de danse.

Difficile à imaginer, quand on sillonne les jolies rues de l’île, n’est-ce pas?

Pour localiser les B&B, tournez à gauche sur Omaha Ave. (Toronto Island Refuge B&B, 18 Omaha Avenue), puis à droite sur Oneida Ave. (Sweet Oneida Studio, 5 Oneida Ave.). Vous verrez la Tour CN juste au bout de la rue. Tournez à gauche sur Seneca Ave., puis remonter Dacotah (Roosters Rest, 6 Dacotah Ave. Et Smileys B&B, 4 Dacotah Ave.).

De retour au pont, à tournez à droite sur Cibola Ave. jusqu’à Pontiac Ave. pour profiter à nouveau du boardwalk et retourner vers l’est. Quand les eaux se seront retirées, je vous encourage à continuer sur Cibola jusqu’à Snake Island (accessible par un petit pont). Je l’ai visitée quelques fois et j’ai toujours apprécié son côté sauvage, si près de la plus grande ville du Canada.

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Deux restos

Je vous recommande de compléter la sortie, avant ou après la marche, par une visite à l’un des deux restaurants de Ward’s.

Le Island Café est visible du quai du traversier, tout à fait charmant, appartenant à des résidents ayant passé leur vie sur les îles qui lui ont donné un cachet de vacances, avec leurs différents paliers de terrasse avec comptoir de crème glacée et leurs spectacles de musique live.

Le Riviera Wards Island Kitchen est accessible du boardwalk du côté sud de Ward’s. C’est l’ancien Rectory Café, maintenant sous une nouvelle administration, mais offrant la même expérience avec un menu similaire et sa magnifique terrasse.

Le Island Cafe.

Calme ou énergie

Il y a deux façons bien différentes de terminer la soirée sur les îles.

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Version tranquille: Après un verre à la terrasse d’un des deux restaurants de Wards, on se rend à la tombée du jour près du quai du traversier de Ward’s Island pour admirer le coucher du soleil. Il est peu achalandé en fin de journée, c’est calme, c’est beau, le lac et la ville prennent des teintes pêche et corail…

Version énergisante: On se rend à l’Upper Deck, le bar du Toronto Island Marina (à 5 minutes à pied à l’ouest du traversier de Centre Island). Contrairement aux autres marinas de l’île, ce bar est ouvert au public. On y sert de la nourriture bistro comme des frites et des hamburgers, et ils ont une licence complète.

Mais surtout, leur terrasse fait face à Toronto. La nuit, quand les lumières de la ville se reflètent sur l’eau, c’est splendide! Ils ont très souvent des groupes de musique live et les gens dansent sans retenue sur leur piste extérieure.

Le pont reliant les îles Ward et Algonquin.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les résidents

Question que tout le monde se pose en voyant les résidences sur les îles: qui peut acheter ces résidences et combien ça coûte?

Vous trouverez toutes les réponses dans ce document officiel datant de 1993 sous l’onglet TRUST sur le site www.torontoisland.org. En résumé, les résidents ayant survécu aux nombreuses menaces d’éviction depuis 1937 ont obtenu en 1993, le droit de contracter un bail foncier de 100 ans jusqu’en 2092.

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À ce jour, il y a 262 propriétaires (locataire de leur terrain). Ils doivent déclarer leur adresse sur les îles comme résidence principale sur leur rapport d’impôt.

Pour éviter la spéculation, ils peuvent léguer leur maison à leurs descendants ou la mettre en vente par l’intermédiaire d’un trust. Les maisons sont alors vendues, non pas au coût du marché, mais bien selon la valeur des coûts de remplacement qu’il faudrait débourser pour en reconstruire une semblable.

Le trust vend en moyenne une à deux maisons par an. Il y a une liste d’attente de 500 acheteurs potentiels. Le prix d’une maison varie d’environ 50 000 $ à 600 000 $, la maison moyenne se situant entre 150 000 $ et 400 000 $ (sans compter le coût de location unique).

Il existe un très beau livre de 74 pages, Sandbar Across the Bay, A Century of Life on Ward’s Island, écrit en 2013 par Allyson Woodrooffe, soutenue par l’association des résidents du quartier pour célébrer son 100e anniversaire. Il coûte 55$ sur la plateforme BLURB, mais vous pouvez feuilleter toutes ses pages. Vous aimerez aussi voir ce joli clip de 30 minutes sur la vie des enfants des îles.

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INFOS

Jack Layton Ferry Terminal: 9 Queens Quay West (au pied de Bay Street)

De la station de métro Union, prenez n’importe quel tramway vers le sud jusqu’à la station Queens Quay, remontez au niveau de la rue et traversez jusqu’au quai du traversier.

Combien: Le prix du billet aller-retour avant taxe: 8,19 $ pour les adultes, 5,37 $ pour les étudiants et les aînés, 3,95 $ pour les moins de 14 ans, gratuit pour les moins de 2 ans.

Mieux vaut acheter votre billet en ligne pour bénéficier d’une file d’attente express pour les détenteurs de billets. Les vélos sont autorisés (sans supplément de prix), mais pas sur les ponts supérieurs. Au retour le soir, c’est étonnamment plus frais. Pensez-y.

Pour louer vélo, tandem, quad: Toronto Island Bicycle Rental

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Pour louer canot, kayak, pédalo: Cherchez la Boat House près du pont au-delà de Centreville Amusement Park sur Centre Island.

Pour une marche guidée par un résident de l’île: www.torontoislandwalkingtours.com, 20$.

Pour les conditions de l’eau: Toronto Beach Water Quality, Beach Hotline, 416-392-7161.

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