Maestro Nagano à Toronto

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Il est au bout du fil, de l’autre côté de l’océan, dans la ville suédoise de Göteborg… Sa voix est douce, calme, agréable à écouter; le tempo est lent et les propos d’une grande profondeur. Il s’agit de Kent Nagano, un homme de grand talent, charismatique, inventif, créatif, discipliné, qui travaille avec passion plus de 70 heures par semaine. Son agenda est d’ailleurs impressionnant, et chaque minute de son temps est compté.

Maestro parmi les plus admirés de la planète, il parcourt les villes du monde pour diriger orchestres et opéras, laissant derrière lui, une empreinte, une signature. Vienne, Berlin, Paris, Salzbourg, New-York, Chicago, Dresde, Leipzig… et bientôt Toronto, où il vient diriger pour la première fois dans la Ville Reine, l’Orchestre baroque et le chœur de chambre Tafelmusik.

Toutefois, ce ne sera pas la première rencontre entre le directeur musical de l’Orchestre symphonique de Montréal et Tafelmusik.

En janvier 2009, l’orchestre baroque torontois et sont chœur de chambre avaient été invités à jouer la messe en si mineur de Bach à la Place des Arts, sous la direction du Maestro. Toujours en 2009, Nagano avait invité l’orchestre au festival international multidisciplinaire de Reate en Italie. Et en septembre 2011 lors de l’inauguration de la Maison symphonique de Montréal, Nagano avait invité cette fois le chœur de chambre Tafelmusik.

Lorsque je l’interroge sur la particularité de cet ensemble, il répond avec ferveur que «cet orchestre et son chœur est un peu spécial parce que les musiciens jouent avec des instruments d’époque».

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«La plupart des ensembles qui jouent avec des instruments anciens et avec qui je travaille régulièrement, sont en Europe, en Hongrie, en Allemagne, en Italie et en Angleterre, mais Tafelmusik est le pionnier de la musique baroque en Amérique du Nord.»

«C’est un ensemble non seulement brillant, mais totalement dévoué à son art. Tafelmusik a derrière lui une longue histoire et il y a un réel engagement de la part des musiciens. C’est aussi un orchestre réputé qui innove dans sa programmation; son jeu a du caractère, une sonorité distincte et une personnalité extraordinaire!

Jeanne Lamon

Si Tafelmusik est aujourd’hui acclamé comme l’égal des principaux orchestres baroques européens, appelé à jouer un peu partout au monde – en Amérique du Nord, en Europe et en Asie – c’est grâce à la violoniste virtuose, Jeanne Lamon, premier violon et directrice musicale de l’ensemble de 1981 à 2014.

L’une des grandes forces de Lamon (elle est conseillère artistique en chef et deviendra directrice musicale émérite lorsque son successeur sera nommé), aura été d’inviter des artistes de renommée internationale pour diriger et travailler avec les musiciens de Tafelmusik, élargissant le vocabulaire musical de l’ensemble et l’exposant à divers répertoire allant de Monteverdi à Chopin.

Au cours des dernières années, on a pu voir et entendre la magnifique Amandine Beyer, l’une des violonistes baroques les plus douées; le chef d’orchestre et violoniste italien Stefano Montanari; le britannique Richard Egarr, directeur musical de l’Academy of Ancient Music;  le chef d’orchestre allemand Bruno Weil pour les symphonies de Mozart, Haydn, Mendelssohn et Beethoven. Tafelmusik a aussi présenté des concertos de Chopin avec la grande pianiste Janina Fialkowska.

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Beethoven le titan

C’est Jeanne Lamon et Maestro Nagano qui ont choisi de célébrer l’immense Bethoven dans cette série de concerts, qui aura lieu au Koerner Hall du 22 au 25 janvier.

Ce ne sera pas la première fois que Tafelmusik s’attaque à Beethoven. L’orchestre avait admirablement joué l’intégrale des neuf symphonies sous la direction de Bruno Weil et les a toutes enregistrées sauf la Neuvième. Avec Maestro Nagano, un chef réputé pour ses interprétations empreintes de clarté, de vivacité, d’élégance et d’intelligence, nous allons vivre un des moments forts de la saison 2015-2016 de Tafelmusik!

Beethoven (Bonn 1710 -1827 Vienne), un génie hors du commun malgré les ravages de sa surdité, vécut à l’époque de la Révolution française et des guerres napoléoniennes, une période de grands bouleversements politiques et sociaux dans toute l’Europe occidentale. Sa musique reflète tous ces changements avec une puissance dramatique inégalée, et ouvre la voie aux grandeurs du romantisme.

«C’est un titan!», s’exclame Nagano, ajoutant: «comme musicien, mon répertoire est orienté et construit sur le répertoire des compositeurs européens. Beethoven est une figure fondamentale. Sous l’influence de la philosophie des Lumières, il portait en lui cette idée d’une nouvelle humanité, elle fut la source de son élan créatif.»

«Il a révolutionné la musique en donnant à ses œuvres orchestrales une dimension proportionnelle à l’ampleur de ses idées panthéistiques et humanitaires, d’où l’expansionnisme de ces symphonies. Sa musique prend figure de message… un message d’une grande profondeur qui véhicule de grands idéaux pour l’Humanité. Ce message est encore très pertinent aujourd’hui; il demeure universel!»

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Il faut rappeler qu’en décembre dernier, l’OSM lançait l’intégrale des neuf symphonies de Beethoven réunies dans un seul coffret de six CD: Entre les Lumières et la Révolution (Analekta). Cette intégrale a été enregistrée sur plusieurs années sous la direction de Nagano, le Maestro basant son interprétation sur les éditions et les découvertes musicologiques les plus récentes. Ces symphonies demeurent un pilier du répertoire symphonique de l’OSM.

Ravissement garanti

Avec Tafelmusik nous entendrons deux œuvres magistrales: la Symphonie no 5 (1805-1808), la plus populaire des symphonies de Beethoven, et la Messe en do majeur (1807), avec une distribution de solistes stars: la soprano Nathalie Paulin, la mezzo-soprano Laura Pudwell, le ténor Lawrence Wiliford, et le baryton Sumner Thompson.

L’impétueuse violoniste italo-néerlandaise Cecilia Bernardini revient avec Tafelmusik à titre de premier violon.

Tous ces talents, réunis sur une même scène sous la baguette du Maestro Nagano, promettent de nous émouvoir et de nous éblouir.

On peut aussi s’attendre à… de l’inattendu, Nagano ne vient-il pas de publier un livre dont le titre Erwarten Sie Wunder, veut dire Attendez l’inattendu?

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Cet ouvrage, édité pour l’heure en langue allemande, parle du bien-fondé de la musique en éducation et se veut un «plaidoyer pour la présence obligatoire de l’Art dans la vie de chaque être humain».

Nagano y révèle son enfance à Morro Bay, un petit village de pêcheurs au sud de San Francisco. C’est là, au bord du Pacifique que la musique est entrée dans sa vie. Il y dévoile aussi quelques grands projets pour 2016, car l’homme bouillonne d’idées, et est constamment en mouvement, sauf lorsqu’il s’arrête pour écouter le silence, lieu du ressourcement; le lieu de tous les possibles.

Il conclut: «nous sommes constamment dans le bruit…nos vies sont remplies d’activités de toute sorte, alors dès qu’il y a du silence, on en a peur. Le silence nous paraît étrange et nous rend inconfortable; nous avons l’impression qu’il symbolise la mort, le vide ou à une sorte de vacuum. Mais le silence est une nécessité dans nos vies, il est la part la plus énergétique de notre existence ; c’est dans le silence, et lorsqu’on fait silence que l’on se trouve…que l’on a des réflexions profondes sur notre vie; le silence n’est pas étranger à l’expression, c’est du silence que jaillit notre créativité.»

Beethoven par l’Orchestre baroque et le chœur de chambre Tafelmusik, sous la direction de Kent Nagano, au Koerner Hall du 22 au 25 janvier.

www.tafelmusik.org

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