Lutter pour trouver un emploi ou rentrer chez soi : une réalité d’étudiants étrangers

La pandémie empêche plusieurs étudiants internationaux d’effectuer les stages qui valideront leurs diplômes d’études secondaires ou postsecondaires. Photo: Cole Keister, Unsplash
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 Désormais les étudiants canadiens pourront bénéficier de leurs prestations d’urgence (PCUE). Cette aide financière de 1250 à 2000 $  intéresse les étudiants du post-secondaire diplomés après décembre 2019, en cours de formation, avec peu, ou pas de revenues salariales. Ces derniers doivent s’inscrire sur le site de l’Agence du revenu du Canada, mais Mauranne, Cécile et Matthieu ne pourront pas y prétendre. Ces  trois étudiants internationaux, originaires de l’ile de la Martinique, à la poursuite du rêve canadien, repensent leurs projets depuis le confinement.

 

Réalité d'étudiants internationaux
Mauranne pourra peut-être célébrer ses 24 ans déconfinée, au mois de septembre. En attendant, elle poursuit sa formation à distance, hébergée en famille d’accueil.

En attendant le déconfinement

Mauranne étudie la relation client au Campus Illac à Toronto depuis Février dernier. Elle  doit effectuer un stage de cinq mois dès la fin de l’été,  pour valider sa formation d’un an. Les frais de formation incluent ses trois premiers mois d’hébergement dans la ville reine. L’étudiante est nourrit et logée en famille d’accueil jusqu’à fin mai. Passer ce délais, le loyer  sera à sa charge. Elle plannifie de rester en famille d’accueil, car elle ne  dépense pour le moment que 800$ par mois.

«Pas évident de vivre le confinement avec des inconnus» explique Mauranne hébergée par un couple et deux fillettes qu’elle connait depuis peu.

L’emploi salvateur

Mauranne poursuit ses recherches d’emploi, à l’affut de changements dans le secteur touristique, son domaine de prédilection. Si elle ne trouve pas d’emploi, elle pense être en mesure de vivre de ses deux ans d’économie, jusqu’en septembre 2020. Autrement, elle sera contrainte de quitter le programme pour retrouver son île.

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«J’ai plus peur de ne pas trouver du travail et de revenir en Martinique sans avoir validé mon diplôme, que d’être en contact avec la clientèle » assure-t-elle.

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Matthieu, 24 ans est en recherche d’emploi pour valider son année scolaire.

Reculer pour sauter

Matthieu est étudiant en Management et Affaires Internationales à Tamwood International College.  Il travaillait en parallèle, jusqu’à récemment en central d’appel pour l’agence Sécuritas. Il a travaillé 3 mois, mais se retrouve aujourd’hui sans emploi. Il occupe une chambre à 780 $ par mois, dans une maison qu’il partage avec de jeunes actifs et d’autres étudiants. La crise  n’a pas eu d’incidence sur le montant de son loyer mais les économies de l’étudiant ne couvriront ses dépenses que jusqu’en juin. Au-delà de ce délai, il quitterait temporairement le Canada pour rejoindre sa famille en Martinique.  

Solidarité dans l’adversité

Le centre de formation de Matthieu ne l’aura pas beaucoup soutenu ces derniers mois. Avec d’autres étudiants, ils ont créé un groupe virtuel pour s’échanger  des informations importantes. Ils se renseignent sur les indemnités auxquelles ils pourraient prétendre, comme la Prestation Canadienne d’Urgence ou l’Assurance Emploi. Il envisage de suivre les conseils d’un colocataire étudiant :

«comme j’ai un numéro d’assurance sociale, et un permis de travail, l’Assurance Emploi est plus avantageuse pour moi». explique t-il.

Matthieu reste à la recherche d’un stage de fin d’études, une condition sine qua non à l’obtention de son diplôme. Mais les conditions sanitaires compliquent ses recherches. Il espère faire une pierre deux coups : se trouver un stage rémunéré qui lui permette à la fois de subvenir à ses besoins et de valider sa formation. Il précise qu’il a jusqu’à douze semaines avant la fin de son visa de travail pour trouver la perle rare.  

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Cécile, étudiante du Collège Boréal est rentrée au Pays et y a terminé son semestre à distance.

Un retour anticipé

Cécile est étudiante en administration des affaires, au Collège Boréal, depuis septembre 2019. Elle a validé sa première année de cursus le 17 Avril de cette année. La jeune martiniquaise prévoyait un retour au Collège dans les jours qui ont suivi l’annonce de fermeture temporaire. Elle a finallement terminé son semestre  à distance, auprès de sa famille, en Martinique.  Au Canada, sa collocataire a réuni ses affaires.

Cécile compte occuper un emploi d’été sur son île pour préparer financièrement  sa rentrée scolaire. Puis une fois de retour à Toronto, elle pense travailler pour couvrir ses dépenses. Son visa étudiant le lui permet, mais la pénurie d’emplois pourrait contrarier ses projets à court terme.

Un soutien apprécié

Jusqu’ici, la jeune femme recevait le soutien financier de sa famille, pour son loyer  à 1300$ par mois. Elle reconnaît son privilège et pense que les étudiant devraient s’entraider.

«Il ne faut pas jouer les égoïstes, il y en a qui sont en détresse alors que mes parents sont là, donc on a les ressources nécessaires. Bon j’imagine qu’ils y en a plein qui sont dans cette situation-là. Mais ce n’est peut-être pas tout le monde qui pense comme moi.»

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Enfin, Cécile reconnait le soutien du collège. Elle estime qu’ils ont su réagir et s’adapter à la situation.  

Une issue satisfaisante

Mélanie Doyon, la gestionnaire du service des liaisons internationales du Collège Boréal explique comment l’institution s’est assuré du suivi scolaire de ses étudiants, depuis l’annonce de suspension des cours en présentiel. D’après Mme Doyon, le college avait déja l’habitude du mode alternatif pour la livraison de cours. Il n’y a pas eu de réels défis techniques,  malgré le confinement, selon elle : «l’année académique 2019-2020 s’est terminée telle que prévue».  

Un support individualisé

La gestionnaire ajoute que le collège n’a pas négligé le bien-être et la santé mentale de ses étudiants.

« il y a eu des suivis auprès des étudiants internationaux, pour lesquelles le défi peut être plus grand puisqu’ils sont loin de chez eux. Alors il y a eu des appels personnalisés auprès d’eux pour voir s’ils parvenaient à compléter leurs cours, comment ils allaient, s’ ils communiquaient fréquemment avec leurs familles.»

 Par ailleurs Mélanie Doyon a précisé que les étudiants internationaux étaient régulièrement informés des mises à jours du gouvernement.

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Le plan gouvernemental

La crise sanitaire liée à la pandémie liée à la Covid-19 est devenue une crise économique. Elle touche les moins nantis de la population canadienne. Parmi ceux-là, les étudiants internationaux. Selon un communiqué de presse d’août 2019  d’Affaires mondiales Canada, « en 2018, l’apport des étudiants internationaux à l’économie canadienne s’est chiffré à environ 21,6 milliards de dollars.» Leur présence est indispensable au Canada à plusieurs égards : économique, culturelle et démographique. Ahmed Hussen, ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada déclarait à propos de la stratégie à adopter en matière d’éducation internationale que le pays devait attirer les étudiants tout en ayant les outils nécessaires pour mieux les protéger.

 

 

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