Louise Penny entremêle venin et vérité

Louise Penny, Un homme meilleur, roman traduit de l’anglais par Lori Saint-Martin et Paul Gagné, Montréal, Éditions Flammarion Québec, 2020, 496 pages, 31,95 $.
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Après une suspension de neuf mois à la suite de décisions désastreuses, le directeur de la Sûreté du Québec, Armand Gamache, a été rétrogradé à la tête de la section des homicides. On va découvrir si cet inspecteur-chef sera un homme amer ou Un homme meilleur, titre du plus récent roman de Louise Penny traduit en français par Lori Saint-Martin et Paul Gagné.

La devise de la Sûreté du Québec est Service, Intégrité, Justice. Ce quinzième volet de la série Armand Gamache enquête semble transformer la devise en «Service, intégrité, justice et, à l’occasion, stupidité».

Three Pines

Nous sommes toujours dans le village fictif de Three Pines, avec ses personnages attachants. L’action se déroule durant la crue printanière. Le corps d’une jeune femme enceinte est retrouvé dans le tumulte de la rivière Bella Bella.

Le père croit que le mari, qui battait Vivienne, est coupable de meurtre. Toute une équipe mène l’enquête autour de Gamache et de Jean-Guy Beauvoir, son gendre et ancien lieutenant. Penny décrit comment «les motivations sont rarement unidimensionnelles».

Elle montre aussi comment Gamache en vient à avoir peur de… lui-même.

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«Armand Gamache sondait les sentiments. Il s’aventurait dans ce territoire chaotique. Chassait. Cherchait. Traquait. S’immergeait dans les émotions jusqu’à en trouver une dont l’odeur rance le conduirait à un tueur.»

Sous-intrigue

Comme toujours, Louise Penny étire le suspens en incluant une sous-intrigue, cette fois au sujet de Clara Morrow, artiste de Three Pines. Elle en profite pour illustrer comment les médias sociaux constituent désormais «la nouvelle colline stratégique. Celle d’où des attaques pouvaient être lancées. Des territoires conquis. Des cœurs infléchis et des opinions fabriquées.»

Lorsque la Sûreté parvient à accuser le mari de Vivienne de meurtre au terme d’une enquête qui n’a pas strictement respecté les règles de procédure, le procès avorte dès le premier jour.

Selon la juge, «on a affaire, j’en ai bien peur, à un fruit du fameux arbre empoisonné». Une interprétation stricte des lois force Gamache et compagnie à tout reprendre depuis le début.

De complexe à compliqué

Le roman s’étire dès lors de 100 pages, car «tout ce qu’on avait cru jusque-là n’était que fiction. Une fois supprimés tous les a priori, un autre récit émergea des profondeurs froides et ténébreuses de ce meurtre.»

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J’ai lu au moins sept ou huit épisodes de la série Armand Gamache enquête. Je ne peux pas dire que celui-ci obtient une bonne cote. On passe de complexe à compliqué pour rien, de gracile à trop facile.

D’accord, venin et vérité s’entremêlent efficacement, au point où ne peut plus les différencier. C’est ce qui sauve la mise de justesse.

Louise Penny est la seule romancière à avoir remporté sept fois le très prestigieux prix Agatha. Traduite dans vingt-neuf langues et vendue à neuf millions d’exemplaires, sa sérié Armand Gamache enquête a fait connaître le Québec partout dans le monde.

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