Louise Beaudoin réintègre le caucus du PQ

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Publié 04/04/2012 par Jocelyne Richer (La Presse Canadienne)

à 16h25 HAE, le 3 avril 2012.

QUÉBEC – La députée de Rosemont, Louise Beaudoin, met un terme à sa réflexion et réintègre le caucus du Parti québécois. Elle rejoindra ses anciens collègues après la pause du congé pascal, à la mi-avril.

«Ce parti que j’aime, c’est le mien», a confirmé Mme Beaudoin, lors d’une entrevue téléphonique mardi.

Elle dit ne pas regretter avoir claqué la porte en juin dernier, avec trois autres députés, mais elle a jugé que le temps était venu de rentrer à la maison, ragaillardie par le souffle «réformateur» qui agite le PQ depuis quelques mois.

«Le Parti québécois s’est magnifiquement redressé, dit-elle, et il n’est jamais meilleur que lorsqu’il est lui-même, c’est-à-dire progressiste et souverainiste.»

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Passionaria de la souveraineté et militante du Parti québécois depuis plus d’une quarantaine d’années, Mme Beaudoin souhaitait terminer sa carrière en beauté, au sein du parti qui a toujours été sa famille politique.

Elle avait quitté avec fracas le caucus péquiste, en juin dernier, mécontente de la façon de procéder de son équipe relativement au projet de loi 204 devant protéger de toute contestation judiciaire l’entente conclue entre la ville de Québec et Quebecor quant à la gestion du futur amphithéâtre de Québec.

Ce projet de loi controversé avait canalisé le mécontentement plus large ressenti au sein de l’équipe péquiste. Au total, depuis juin, sept députés ont quitté les rangs du PQ en autant de mois, provoquant une grave crise de leadership. Mme Beaudoin est la seule à avoir rebroussé chemin.

Avant son départ, elle était porte-parole sur les questions de laïcité et avait piloté un projet de charte de la laïcité. Mais à l’avenir, à sa demande, elle n’aura plus aucun dossier précis à défendre. Elle dit avoir proposé à sa chef, Pauline Marois, d’exécuter plutôt des mandats ponctuels d’ici le déclenchement des prochaines élections.

Mme Beaudoin siégeait comme indépendante depuis juin et avait indiqué par la suite qu’elle allait terminer son mandat, mais qu’elle n’avait pas l’intention de se porter à nouveau candidate aux prochaines élections.

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Mardi, malgré son retour au bercail, la députée âgée de 66 ans a réitéré sa position, qui est «irrévocable».

Au cours des derniers mois, à la suite du mea culpa de sa chef dans le dossier de l’amphithéâtre et de divers changements apportés au fonctionnement du parti et du caucus, elle avait entrepris une réflexion quant à un éventuel retour et avait choisi de consulter ses électeurs pour savoir s’ils souhaitaient la voir revenir au PQ. Les deux tiers des militants de Rosemont consultés ont dit qu’ils étaient favorables à son retour au PQ, indique-t-elle.

Interrogée à savoir quels avaient été les éléments déterminants dans sa décision, elle cite plusieurs facteurs: les résultats du conseil national de janvier dernier, l’ouverture à la «dissidence» par le vote libre des députés en certaines circonstances, le projet de tenir des élections à date fixe si le PQ prend le pouvoir et, surtout, le cap vers l’indépendance du Québec.

Elle dit aussi avoir apprécié les démarches faites par sa chef, depuis le mois de décembre, pour la ramener dans l’équipe.

Au Parti québécois, depuis la crise de juin, «la situation a changé, elle a évolué, elle s’est transformée», selon la députée de Rosemont, qui, amère, reprochait alors au PQ de se transformer en «vieux parti».

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Louise Beaudoin est la seule des trois députés péquistes dissidents de l’été dernier à rentrer au bercail. (Un quatrième, François Rebello, a rejoint la nouvelle Coalition Avenir-Québec de François Legault.)

Jean-Martin Aussant dirige maintenant Option nationale, un nouveau parti souverainiste qui a dévoilé lundi ses quatre premiers candidats.

Lisette Lapointe, l’épouse de l’ancien premier ministre Jacques Parizeau, appuie le parti de M. Aussant mais ne se représentera pas aux prochaines élections.

Pierre Curzi a tenté de négocier son retour au PQ mais continuera finalement se siéger à l’Assemblée nationale comme indépendant jusqu’au prochain scrutin. Il a proposé récemment de renforcer les dispositions de la Charte de la langue française (la Loi 101) pour contrer ce qu’il perçoit comme une menace d’anglicisation du Québec.

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