Louer à Toronto : le parcours du combattant

Laurence Jollivet
Cette maison jumelée comprenant 3+1 chambres, 4 salles de bain, un sous-sol entièrement aménagé, et un garage pour 2 voitures, est située dans le quartier très prisé de Wychwood.
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Je me souviens comme si c’était hier de notre quête d’un logement à Toronto. En moins de deux jours, aidés d’un agent immobilier, mon mari et moi-même avions visité tous les logements qui rentraient – plutôt moins que plus – dans nos critères.

Dix-sept ans plus tard, la quête d’un logement locatif est encore et toujours un parcours du combattant, particulièrement pour les nouveaux arrivants.

2 300 $ pour un appartement avec une chambre

À moins d’avoir vécu à New York, Londres ou Paris, tout le monde est surpris par les loyers pratiqués à Toronto. Selon Padmapper, Toronto serait aujourd’hui la ville la plus chère au Canada pour louer un appartement avec une chambre, devançant dorénavant Vancouver.

Il n’est pas rare de devoir payer 1 800 $ pour un studio de 35 m2 ou encore 2 300 $ pour un petit appartement avec une chambre dans les édifices situés entre le lac et la rue Bloor.

Une famille avec deux enfants désirant trouver une maison en relativement bon état devra débourser au minimum 3 500 $ par mois, charges en sus.

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Ajoutez 1 ou 2 chambres de plus, des finitions haut de gamme et un quartier résidentiel attractif, le loyer s’envole alors à plus de 7 000 $ par mois !

L’offre ne répond pas à la demande

La demande en logements locatifs est soutenue par une immigration forte. Le Grand Toronto enregistre un accroissement net de presque 100 000 personnes par an, soit la création de 30 000 à 35 000 nouveaux foyers par an.

Or, la construction d’immeubles destinés à un usage exclusivement locatif s’est effondrée au début des années 80. L’accroissement du parc locatif dépend dorénavant du secteur privé et des particuliers, qui par exemple, investissent dans l’achat d’un ou plusieurs appartements neufs ou anciens en vue de les louer.

On construit beaucoup, certes, mais pas assez. Chaque année, les promoteurs immobiliers livrent en moyenne 20 000 nouveaux logements dont on estime qu’un tiers se retrouve sur le marché locatif. Il manquerait entre 8 000 et 10 000 logements chaque année pour répondre à la demande.

D’autre part, beaucoup de personnes louent par obligation, non par choix. Les milleniaux, les jeunes familles, incapables de rassembler la mise de fonds suffisante pour acheter leur logement ou d’obtenir un prêt immobilier auprès des banques, demeurent locataires bien malgré eux.

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Seulement 0,7 % des logements sont inoccupés

La conjugaison de tous ces phénomènes crée une tension sur le marché locatif, illustrée par le taux de vacance enregistré dans la ville de Toronto pour les condominiums: 0,7% (source: Toronto Real Estate Board).

L’autre conséquence porte sur l’augmentation annuelle des loyers, estimée à 7,7% entre le 1er trimestre 2019 et le 1er trimestre 2018 dans la grande agglomération de Toronto.

Les loyers des petites surfaces augmentent à un rythme plus important, 9,6% pour les studios et 7,4% pour les appartements avec une chambre.

La recherche d’un logement, devient dans ces conditions, un parcours du combattant: il faut être à l’affût de la moindre annonce qui sort, visiter le logement si possible dans la journée, soumettre son dossier de candidature sans tarder, et de plus en plus souvent, surenchérir sur le loyer demandé pour améliorer ses chances de succès lorsqu’on est en compétition avec d’autres candidats.

Bien préparer son dossier de candidature

Si vous envisagez de changer de logement, deux conseils.

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Maintenez de bons rapports avec votre actuel bailleur et évitez de changer d’emploi au même moment. Votre futur bailleur voudra en effet poser des questions à votre actuel propriétaire sur votre ponctualité dans les paiements du loyer, sur le soin apporté au logement, et vérifier avec votre employeur que vous avez un emploi stable et suffisamment rémunérateur pour assumer le montant du loyer.

Votre dossier doit également inclure les coordonnées de deux personnes référentes qui peuvent témoigner de votre comportement et habitudes de vie, et la fameuse «cote de crédit» qui atteste de votre solvabilité.

Qu’est-ce qu’une cote de crédit?

Une cote de crédit est une note qui reflète vos habitudes de paiements pour toute facture ou dette enregistrée à votre nom.

Payez-vous toujours en retard votre facture de téléphone? Attention! le nombre de retards de paiements s’affichera sur le rapport de crédit et votre note sera dégradée.

Votre futur bailleur est en droit de demander votre note de crédit. Autant s’assurer que vous pourrez lui montrer une note correcte!

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Que se passe-t-il si vous n’avez pas d’antécédents de crédit?

Si vous venez d’arriver au Canada – et à moins de venir des États-Unis ou du Royaume-Uni – il y a de grandes chances que vous ne pourrez fournir cette note de crédit. Il sera alors difficile à votre futur bailleur d’estimer le risque financier que vous représentez.

Certains propriétaires refusent tout net de louer aux nouveaux arrivants, d’autres suggèrent d’offrir de prépayer plusieurs mois de loyer en avance. Notez la subtilité: «suggèrent d’offrir»… car légalement un bailleur ne peut demander à un locataire de prépayer plus qu’un mois de loyer.

N’hésitez pas à consulter le site de la Commission de la Location Immobilière pour connaître les droits et les responsabilités des bailleurs et des locataires en Ontario, et de faire appel à un professionnel de l’immobilier pour vous accompagner dans la recherche de votre logement locatif.

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