L’opposition dénonce le référendum sur la réforme électorale en Ontario

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Le référendum à venir en Ontario sur la pertinence d’une réforme électorale est une «ruse élégante», affirment ses détracteurs, puisqu’il a été conçu pour échouer.

Le gouvernement ne dépensera pas suffisamment d’argent en messages télévisés et radiophoniques pour éduquer la population avant le référendum, qui accompagnera les élections générales d’octobre, et il place la barre trop haut en demandant une majorité de 60% pour modifier le système actuel, ont déclaré de nombreux intervenants devant un comité parlementaire.

«Cette proposition, si elle est acceptée, va provoquer la colère des citoyens, a déclaré l’ancien député conservateur Patrick Boyer. Il y a un risque bien réel que ce soit perçu comme une `ruse élégante’.»

Le gouvernement libéral a mis sur pied un comité de citoyens pour examiner les solutions de rechange au système électoral de l’Ontario. Les réformes pourraient comprendre l’introduction de la représentation proportionnelle, de manière à ce que la composition du gouvernement reflète davantage le vote populaire.

Les recommandations du comité serviront à la formulation de la question référendaire qui sera présentée à l’automne. Le gouvernement a toutefois déjà prévenu que des changements ne seront apportés que si 60% de la population s’y dit favorable.

La prohibition de l’alcool et la conscription des soldats pendant la Deuxième Guerre mondiale avaient pourtant été adoptées à majorité simple, a rappelé M. Boyer, et la réforme électorale ne devrait pas être différente.

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«Le gouvernement veut donner l’illusion d’un renouveau démocratique, mais il lui refuse tout contenu réel», a-t-il dit.

D’autres ont estimé que si le gouvernement abordait vraiment cette démarche avec sérieux, il consacrerait au moins 13 millions $ à une campagne d’éducation publique avant le référendum.

Joe Murray, de l’organisation Fair Vote Ontario, déplore toutefois que le gouvernement n’ait annoncé des dépenses que de 6 millions $, ce qui ne couvre pas les frais d’annonces à la télévision ou à la radio. «Nous pensons qu’il y a un risque de voir les Ontariens voter dans un référendum dont ils ignorent l’existence ou sans comprendre la question», a-t-il dit.

La ministre responsable du renouveau démocratique, Marie Bountrogianni, a refusé de préciser combien le gouvernement entend dépenser. Elle estime aussi qu’un seuil de 60 pour cent est nécessaire avant de modifier en profondeur le système électoral avec lequel la population est familière.

Le politologue Dennis Pilon, de l’Université de Victoria, croit toutefois qu’une telle manière de procéder donne trop de pouvoir à ceux qui s’opposent aux changements et souligne que des réformes électorales ont été mises en place ailleurs dans le monde avec une majorité simple.

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