Longue vie au roi des menteurs

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«Ce soir on accueille Éric Michaud qui vient de faire le parc des Princes avec Johnny Hallyday, et qui a accompagné le récent pape François pour une visite chez le premier ministre», nous annonce Dominique Denis directeur artistique de l’Alliance française. Lorsque l’on va voir Éric Michaud, qui se prétend être le «Roy des menteurs» le ton de la soirée est vite donné!

Éric Michaud est professionnel en «menterie», il raconte des mensonges, car selon lui la vérité est bien trop fade. Il proposait mercredi son spectacle, «La véritable histoire du Roy des menteurs» à l’Alliance française, dans le cadre de la semaine de la francophonie.

Concours de menteries

Cette soirée de contes était pour Éric Michaud l’occasion de nous révéler comment il a obtenu le sacre de «roi des menteurs». C’était il y a maintenant quatre ans au concours international des menteurs à Moncrabeau dans le sud-ouest de la France. (Pas de mensonge, le concours existe bel et bien!) Le principe est de raconter une menterie face à un jury, puis est sacré roi celui qui raconte la meilleure.

Une menterie est un savant mélange de vérité, de mensonges et d’humour. Ce concours est une vieille tradition du XVIe siècle dans ce village de France qui compte même une académie des menteurs. «Comme l’Académie française sauf qu’ils s’y croient moins!», nous lance Éric Michaud.

Dans son spectacle, Éric Michaud nous a donc conté sa participation et retransmis la menterie qui l’a fait gagner. Une vague histoire qui débute chez les Inuites. Une expérience malchanceuse avec de la viande de phoque crue, un remède avec une pierre de toundra qui lui supprime ses papilles gustatives et qui l’amène tout droit à Moncrabeau où il a besoin d’une dose d’Armagnac (l’alcool local) pour guérir. Je n’en dirais pas plus au risque de trop en raconter. C’est cette histoire qui a fait rire toute la salle jeudi soir qui a donc séduit la fameuse académie des menteurs et l’a sacré roi.

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Faire douter

Éric Michaud enchaine avec d’autres histoires à dormir debout, tout droit sorties de la culture québécoise. Des histoires qui partent sur des faits réels et sont ensuite enjolivées, exagérées, inventées par l’imagination d’Éric Michaud.

Car c’est bien là, la différence entre le conte et la menterie. Si le conte part du fantastique, la menterie débute sur des faits réels qui sont ensuite exagérés.

«Le conte n’est pas réalisable dans le monde réel, avec la menterie, il faut qu’il y ait un doute», nous explique le roi des menteurs. Sa capacité à détailler ses histoires implante en effet rapidement le doute.

Sens de l’humour

Ainsi, d’autres menteries sont contées par Éric Michaud. Comme celle où il cherche à savoir l’origine de la comptine pour enfant, «Michaud», qu’on lui a incessamment répétée lorsqu’il était enfant, une autre où l’on apprend l’origine des écureuils roux (une sombre histoire d’incendie dans une église apparemment!) etc.

Ces quelques contes sont racontés avec un sens de l’humour qui a visiblement conquis l’audience de l’Alliance française.

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On sort de cette soirée sans pouvoir déceler le vrai du faux, et c’est bien là le talent de Éric Michaud. Lui même est parfois pris à son propre piège.

Il nous raconte une anecdote. Lors de son voyage en France, alors qu’on lui demande de citer un plat typiquement québécois, il prend pour exemple la poutine et explique sa composition. Son interlocuteur lui répond: «Ah! vous êtes encore en train de m’en raconter une bonne! Qui mangerait un truc pareil?!»

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