L’Italie fête ses 150 ans

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Publié 15/03/2011 par Gabriel Racle

L’Italie est en liesse pour fêter ses 150 ans, en tant que nation unifiée. Turin et le Piémont, en particulier, sont le théâtre de grandes manifestations célébrant les gloires du passé et les réalisations du présent et de l’avenir.

C’est en effet le 17 mars 1861, il y a tout juste 150 ans, que Victor-Emmanuel II était proclamé roi d’une Italie unifiée, avec Turin comme capitale. «L’Italie étant faite, reste à faire les Italiens», aurait alors murmuré le monarque.

Cette remarque un peu désabusée se comprend si l’on survole l’histoire de cette région géographique qui s’appelle maintenant l’Italie. Avant l’existence de l’Empire romain, la péninsule était occupée par divers groupes ethniques et différentes civilisations. On trouvait aussi bien, sans trop de détails, des peuplements grecs, les italiotes, des bergers, des paysans, installés dans la plaine du Pô et sur les côtes.

Au sud de la péninsule, la Grande Grèce, est formée de florissantes colonies grecques. Au centre se trouvent des peuples italiques, venant d’Europe centrale, dont les Sabines, les Latins, les Ombriens. La civilisation étrusque, une brillante civilisation, occupe à peu près l’actuelle Toscane. Et les Vénètes, les Ligures sont des peuples du Nord. Tous ces noms se retrouvent aujourd’hui dans des dénominations géographiques italiennes.
Rome

La légende attribue à Romulus et Rémus la fondation de Rome, au VIIe siècle avant notre ère. Aux sept (chiffre symbolique) rois légendaires de Rome succède la République qui voir Rome s’imposer contre Carthage, après les guerres puniques, ce qui lui assure la domination sur le pourtour du bassin occidental de la Méditerranée. Le nom de Jules César est associé à cette période. Il meurt en 44 et une guerre civile éclate qui voit la défaite de la reine Cléopâtre en Égypte. Le vainqueur, Octave, proclame l’empire et devient l’empereur Auguste.

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L’empire va se diviser en empire d’Orient (byzantin) et d’Occident pour faire face aux invasions barbares, Wisigoths, Huns, Ostrogoths, Vandales, Francs. Les barbares forment des royaumes de plus en plus indépendants du pouvoir impérial.

En 474, c’en est fini de l’Empire romain d’Occident. L’Empire romain d’Orient, résistera encore un millénaire, pour disparaitre en 1453, avec la prise de Constantinople (ancienne Byzance) par les Turcs ottomans de Mehmed II.

Des divisions

C’est à partir de cette situation que le territoire se partage en de nombreux petits états en lutte entre eux ou victimes des vues expansionnistes des puissances étrangères. Nous sommes alors au XIe siècle.

Au centre, les États pontificaux, qui existent depuis 752, sur la base d’un faux document, la Donation de Constantin, probablement fabriqué par la chancellerie pontificale au VIIIe siècle. Selon ce document, l’empereur Constantin Ier aurait cédé au pape toutes les provinces de l’Occident. Au Sud, les Normands fondent un royaume, le Royaume de Sicile en 1130, puis le Royaume de Naples en 1282. Le Nord se subdivise en gouvernements liés à des familles nobles, comme les Visconti et les Sforza à Milan, les Gonzague à Mantoue, les Este à Ferrare, les Savoie dans le duché de Savoie et le Piémont, ou en républiques comme Venise, Gênes et Florence.

Un royaume

Les siècles suivants sont marqués par le jeu des grandes puissances, notamment l’Espagne et l’Autriche, qui dominent le sud et le nord du territoire. Napoléon Bonaparte, empereur des Français, transforme en royaume la république cisalpine, conquise sur les Autrichiens et devient roi d’Italie. Ce royaume existera de 1805 à 1814. Après sa chute, l’Italie se retrouve découpée (voir la carte), l’Autriche s’adjugeant Lombardie et Vénétie.

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C’est du royaume de Piémont-Sardaigne, le plus industrialisé, doté d’un roi libéral, Victor-Emmanuel II, que va partir le mouvement d’unification de l’Italie. Le roi a nommé Cavour premier ministre en 1852.

Il a pour objectifs la modernisation du Piémont et l’unification de l’Italie. Avec l’appui des troupes françaises de Napoléon III, il chasse les Autrichiens de la Lombardie (victoires de Magenta et de Solferino, 1859) qui est annexée. Dans le centre et dans les États du pape, des soulèvements ont lieu contre les pouvoirs en place. Les partisans de l’unité votent leur rattachement au Piémont.

La France laisse faire en échange de la Savoie et de Nice (1860). Garibaldi débarque en Sicile puis dans le sud de l’Italie, le roi des Deux-Siciles doit partir, le sud se rattache au Piémont. Et en 1861, Victor-Emmanuel II est proclamé roi d’Italie par le Parlement.

Achèvement de l’unification

En 1866, l’Italie prend Venise à l’Autriche battue par la Prusse. Après l’évacuation, en août 1870, des troupes françaises qui gardaient Rome, l’armée italienne entre dans la ville qui devient la capitale du royaume d’Italie le 20 septembre 1870.

Les papes se considèrent alors comme prisonniers dans Rome. Le problème se réglera le 11 février 1929, avec les accords du Latran, entre Pie XI et Mussolini, qui reconnaissent comme État souverain la Cité du Vatican.

Auteur

  • Gabriel Racle

    Trente années de collaboration avec L'Express. Spécialisé en communication, psychocommunication, suggestologie, suggestopédie, rythmes biologiques, littérature française et domaine artistique. Auteur de très nombreux articles et d'une vingtaine de livres dont le dernier, «Des héros et leurs épopées», date de décembre 2015.

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